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REGARD

Les amalgames équivoques de Lakhdar Brahimi

Quand Lakhdar Brahimi partageait sa science avec Bouteflika.

Le journal Le Monde est revenu sur la question de savoir si le retrait des forces armées américaines en mission de "maintien de l'ordre" depuis 2001 en Afghanistan, est-il dû à une erreur de stratégie, un impératif pour cause de redéploiement ou au contraire il s'agit bel et bien d'un échec cuisant de la plus puissante machine de guerre de tous les temps. 

À ce propos, et dans son édition du 31 août 2021, le journal Le Monde venait d'accorder une interview à un personnage qui n'est pas à présenter en l'occurrence M. Lakhdar Brahimi (87 ans) un diplomate et néanmoins ex ministre des Affaires étrangères algérien.

Pour rappel, l'homme a été nommé représentant spéciale des Nations unies le 03 octobre 2001, dans une mission de "bons offices" en Irak et en Afghanistan, une fonction qu'il a exercée auparavant de 1997-1999.

Lors de cette entrevue, une question somme toute simple lui a été posée, je cite : «Comment qualifieriez-vous le départ américain d’Afghanistan après vingt ans de présence » ?  Et à Lakhdar Brahimi de répondre sans ambiguïté, je cite :« Ce n’est pas une défaite militaire. C’est comme pour les Français et l’Algérie. Ce sont les Etats-Unis qui ont décidé de partir...».

Sans prendre la peine de mesurer la gravité d'un tel propos qui ne manque certainement pas de froisser le morale à tout un peuple qui a assisté au sacrifice d'un peu plus d'un million et demi de ses meilleurs enfants tombés en martyrs pour libérer le pays, voilà qu'un homme qui a servi tous les régimes autocratiques se permet de sous-entendre que c'est la France coloniale qui a décidé de se retirer d'un combat déloyal mais oh combien libérateur, parce qu'elle en a voulu ainsi. 

Je suis complètement sidéré d'entendre un tel propos, de la part d'un officiel d'un État devenu indépendant après tant d'années d'aliénation et de sacrifice à combattre la répression coloniale la plus abjecte que l'humanité ait connue.

Je voudrai bien croire qu'il s'agit-là d'un lapsus et que M. Lakhdar Brahimi se ressaisisse pour rectifier son tir, ou que les autorités du pays sortent de leur mutisme pour dénoncer cette véritable atteinte à l'honneur et à la dignité du peuple algérien.

Mais n'a-t-on pas l'habitude de voir promptement réagir les pouvoirs publics lorsqu'il s'agit de ce qu'ils considèrent comme étant une atteinte à l'intégrité nationale simplement pour avoir arboré l'emblème amazigh ou contre un tel personnage pour avoir tenté de corriger un fait de notre histoire quelque peu travesti ?.

Il n'en serait qu'illusoire d'y croire à cette intégrité tant galvaudée si de tels propos publiquement tenus tombent dans l'oreille d'un sourd, et auquel cas, chaud les marrons chaud comme disait l'autre.

R.Dj.

Source : Le Monde du 31 août 2021.

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/31/lakhdar-brahimi-la-paix-etait-possible-avec-les-talibans-mais-encore-eut-il-fallu-qu-on-leur-parle_6092908_3210.html

 

Auteur
Rezki Djerroudi