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TRIBUNE

Les choses honnêtes peuvent se raconter...

Après une audience secrète auprès de Tebboune, le président de Jil Jadid annonce que ce dernier lui aurait confirmé la libération prochaine de Samir Belarbi et Karim Tabbou.

Selon les déclarations du responsable de ce parti à un quotidien daté du 2 juin la réunion a bien eu lieu. Le président de Jil Jadid a confirmé que c’était lui-même qui avait demandé l’audience et voulait son secret pour éviter les mauvaises interprétations.

Monsieur Djilali, dans ce que je vais dire, je n’interprète pas, je constate objectivement une évidence.

Commençons tout d’abord par l’analyse en droit des faits avant de revenir sur l’entrevue. Si le droit  avait imposé l’incarcération, qu’elle est la décision et les motivations du juge en charge du dossier pour une décision contraire ?

S’il y avait eu une raison judiciaire d’incarcérer, il devrait y avoir une autre pour libérer.

Quant à un éventuel droit d’amnistie, c’est un pouvoir habituel du chef de l’exécutif dans les démocraties (la précision est utile) mais une amnistie annule une décision judiciaire. Libérer des détenus sans décision judiciaire est la reconnaissance à posteriori d’un emprisonnement arbitraire et illégal.

Mais surtout, pourquoi le président de ce parti, dont les membres ont scandé au Hirak pendant plus d’un an qu’il fallait « dégager » le pouvoir car illégitime, a demandé audience ?

Le faire c’est absolument le légitimer donc le contraire absolu de la position politique soutenue pendant des mois par ce parti.

Puis, lorsqu’on demande la libération de deux innocents, on ne demande pas une réunion secrète. 

On la déclare au monde comme un acte politique et on condamne celui qui a incarcéré illégalement et injustement. 

Lorsqu’on est sûr de la droiture d’un acte on ne le cacherait même pas aux enfants.

Cela fait deux fois que le président de ce parti a un comportement ambigu. C’est deux fois de trop.

Auteur
Boumediene Sid Lakhdar, enseignant