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REGARD

Les équations complexes de Tebboune !

Les premiers cent jours d'Abdelmadjid Tebboune à El-Mouradia seront décisifs. Le président doit redoubler d'énergie, ratisser large et ramener tous les opposants autour de la même table. Mais une pierre d'achoppement de taille l'empêche d'aller vite en besogne : l'exploitation du gaz de schiste!

Outre que le sujet fâche bon nombre d'Algériens, il soulève même des inquiétudes chez certains membres de l'exécutif qui, il y a seulement quelques années auparavant, sont descendus sur l'arène médiatique pour critiquer son exploitation.

Tebboune se verra dans l'impossibilité de prendre langue avec le Hirak, si jamais il ne cède pas la main dans ce dossier épineux, d'autant que, d'un côté, les risques de "fragilisation" de son équipe s'avèrent sérieux : une divergence de fond éloignera, sans doute, le consensus gouvernemental, nécessaire à la cohésion du groupe.

De l'autre, la position de ceux d'en-bas peut se radicaliser davantage, mettant à mal un gouvernement ayant déjà du plomb dans les ailes.

Comment faire alors pour remonter la pente et convaincre le grand public de sa bonne foi? Tebboune qui table sur le rééquilibrage des prérogatives entre la présidence et le gouvernement, pour soit-disant, effacer les errements du présidentialisme exacerbé de l'ère Bouteflika, aura certainement un point positif auprès du petit-peuple, mais sa démarche reste inconsistante, dans la mesure où, tout autre "triturage" de la Constitution, sera très mal vu, dans les circonstances actuelles, au demeurant très délicates.

Autrement dit, la Constitution dans cette nouvelle Algérie ne saurait être un simple brouillon pour remplissage des doléances du chef, tel semble être l'appel des hirakistes du vendredi, et leur  cri devrait être entendu, ou du moins discuté. S'ajoute un gros problème et non pas des moindres : les détenus d'opinion qui croupissent dans les geôles algéroises, alors que le bon sens implique de les libérer sans délai, pour apaiser les esprits et pouvoir entamer une autre phase dans la résolution d'une crise très complexe.

L'Algérie qui tente de se redéployer "diplomatiquement", en profitant de l'imbroglio libyen, après des années d'absence "inexplicable" de la scène diplomatique, a encore tort de croire que la solution commence par l'extérieur, en faisant fi de ce qui se passe à l'intérieur.

Tout nouveau départ réussi nécessite un retour sur soi, et ce retour en ce qui nous concerne, c'est de s'atteler à diagnostiquer et à analyser avec la plus grande objectivité ce qui nous arrive, puis à proposer des soins et les appliquer, le plus rapidement possible, au corps de cette Algérie frappée durement par la maladie.     

Auteur
Kamal Guerroua
 

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