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REGARD

Les hommes malades du coronavirus

A peine ont-ils franchi sains et saufs l’année 2012 annoncée comme celle de la fin du monde par ceux qui croient aux prophéties de Nostradamus ou aux prédictions de l’astrologie maya, que voilà les hommes de nouveau en proie à une peur virale que Jean de la Fontaine aurait décrit dans les mêmes termes que sa fable datant de 1678, «Les animaux malades de la peste » :  «Un mal qui répand la terreur, mal que le Ciel en sa fureur inventa pour punir les crimes de la terre, la peste, puisqu'il faut l'appeler par son nom, capable d'enrichir en un jour l'Achéron, faisait aux animaux la guerre. Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés…»

Il y était déjà question, comme aujourd’hui, de « guerre », terme qui nous rappelle que le plus imminent des dangers qui nous guette n’est pas celui dénoncé à longueur de journée dans le monde par dirigeants politiques et médias en la forme d’un virus qu’un lavage des mains au savon et une certaine discipline sociale peuvent éliminer dans de grandes proportions mais les arsenaux nucléaires détenus par certains pays et capables de détruire en quelques heures toute vie sur la terre. 

L’improbable Trump, l’insatiable Poutine, l’impassible XI Jimping, l’irritable Kim Jong-un, ou d’autres sur la dizaine de pays nucléarisés, sont des causes possibles d’un hiver nucléaire qui ramènerait le monde à l’ère glaciaire.  Et si ce n’est pas l’un d’eux, ce pourrait être l’un de leurs successeurs intentionnellement ou à la suite d’un accident.

L’armement nucléaire fabriqué par les hommes est la plus dangereuse menace qui plane sur le genre humain, et non le cosmos ou la nature, et pourtant nous vivons comme si elle n’existait pas alors que c’est la seule contre laquelle nous ne pourrions absolument rien une fois déclenchée. 

Les virus font partie du système du vivant et lui sont nécessaires, sauf quand un dysfonctionnement les rend dangereux pour la santé de l’Homme. Mais ils ne nourrissent pas l’intention de combattre l’homme ou de l’effacer de la surface de la planète, alors que les armes nucléaires sont conçues spécialement à cette fin : combattre les hommes et détruire la planète.

Le baudet contre lequel crie « Haro ! » d’une voix unanime l’humanité n’est autre que le coronavirus, confirmant la morale de la fable qui, retouchée, devient : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de l’opinion publique vous rendront blanc ou noir ».

La menace nucléaire est encore une fois blanchie, tandis que l’humanité est dressée comme la Justice immanente au moment de prononcer un jugement sans appel contre un micro-organisme.

La menace nucléaire tient à un fil, comme on l’a vu dans les années 1960 et après. Il suffit actuellement que l’incroyable Trump, en colère contre le coronavirus plus parce qu’il est chinois que parce qu’il a tué des Américains, se remémore la mise en garde de Napoléon : « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera ».

En observant que la Chine a vaincu le virus, il peut être amené à penser, de fil en aiguille, que c’est parce qu’elle détenait l’antidote et qu’elle l’aurait conçu dans l’unique but d’affaiblir l’Amérique. Alors l’humanité aurait quelques raisons de trembler...
 

Auteur
Nour-Eddine Boukrouh