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REGARD

Les islamistes maghrébins et les islamistes européens

“L'homme a ce choix : laisser entrer la lumière ou garder les volets fermés.” Henry Miller


Nous connaissons tous cette terrible tragédie grecque qui a été jouée de main de maître sur la scène algérienne, mise en scène par des directeurs de conscience d’une secte violente et funeste. Nous sommes également au courant des attentats qui ont dévasté le café Argana, place Jemaa Lefna à Marrakech, ou le restaurant Casa de España à Casablanca. Nous ne pouvons pas ne pas savoir ce qu’a enduré la petite Tunisie le 26 juin 2015 dans la station balnéaire de Port El-Kantaoui près de Sousse où 39 innocents ont été soufflés par une bombe. 

En Europe, la France et la Belgique ont été souillées par les souvenirs de Charlie-Hebdo, du musée juif de Bruxelles, du Bataclan, de l’aéroport de Zaventem, de l’Hyper-Casher, du métro Malbec, de Montauban et Toulouse… La liste serait trop longue.

Vivant en Europe tout en faisant de fréquentes virées de l’autre côté de la Méditerranée, je ne me pose plus la question de la virulence de l’islamisme européen. Non seulement, ce dernier est de plus en plus visible dans l’espace public mais, en outre, il semble protégé par des lâchetés et des veuleries au plus haut sommet des États. L’islamisme prospère dans des environnements démocratiques qui lui donnent une visibilité et une existence concrète. Il hait la démocratie mais l’utilise aisément en sa faveur. 

Entouré de gobe-mouches et de jobards de toutes sortes, cette secte est en train de prospérer grâce au laisser-faire des décideurs européens qui ont besoin de toutes les voix pour se maintenir au pouvoir ou y accéder. Ceux qui, à Saint-Denis ou à Roubaix, caressent ces haineux dans le sens du poil, n’arrivent pas un seul instant à concevoir que la seule nationalité que les islamistes revendiquent est la nationalité islamique. Hors du Coran, nulle Constitution à mettre en avant et à respecter. 

Sous couvert de lutte antiraciste, les pigeons de toutes natures, ramiers, colombes ou palombes, sont en train de protéger les inconditionnels d’un racisme délirant – seuls les musulmans trouvent grâce à leurs yeux. Ne parlons pas de la laïcité qui est assimilée à une hérésie. Les islamistes encouragent les actes qui séquestrent les valeurs européennes. Ils montrent leurs biceps pour, non pas se faire respecter, mais pour imposer leur vision rétrograde de la société. Ils veulent que les femmes soient couvertes de la tête aux pieds, même sous une température caniculaire, alors qu’eux, se promènent en T.shirt et en short. Ils passent leur temps dans des cafés à siroter un thé à la menthe et à fumer alors qu’ils interdisent ces mêmes cafés à leurs compagnes, à leurs sœurs et à leurs filles. 

À Paris comme à Bruxelles, des quartiers entiers ont été pris d’assaut et il n’est plus possible, pour beaucoup de maghrébins non musulmans, de fumer ou de manger en plein mois de ramadan. Les magasins halals pullulent tant à Couronne qu’à Molenbeek tant au niveau des boucheries que des boulangeries où j’ai découvert, à mon esprit défendant, qu’il existait des sucreries halalisées. 

A Molenbeek comme à Saint-Denis, les municipalités n’ont plus à gérer une communauté de citoyens mais une communauté, et une seule, la plus flagrante, de croyants. Des affiches sont collées sur les panneaux municipaux pour souhaiter un joyeux mois de ramadan, une bonne fête de l’Aïd ou belle journée de l’Achoura. Voilà où nous en sommes pendant que des démocrates se débattent sous d’autres latitudes, que des femmes iraniennes sont fouettées parce qu’elles refusent le port du voile et pendant qu’en Arabie saoudite le simple fait de penser à faire les courses en couple dans un supermarché est répréhensible.

Comment analyser le fait que les Algériens, les Marocains et les Tunisiens se démènent, en ce moment même, pour ne laisser aucun espace à l’hydre islamiste, alors qu’ici, en plein cœur de l’Europe des Lumières, des élus fassent la courte échelle aux extrémistes religieux qui ont mis en coupe réglée certaines régions du globe ?

Dans certaines villes, et pas seulement de la banlieue parisienne, les islamistes ont mis main basse sur des quartiers où ne circulent que des jeunes femmes voilées et des jeunes hommes barbus en qamis. J’ai vu de mes propres yeux à Villeneuve d’Ascq, du côté de Lille, des jeunes de ce type, tous habillés en gandouras, assis en rond près d’une école sous le regard de tous. Ce genre de scène, je ne l’ai pas vu, en Algérie, dans ma bonne ville de Sétif. La France s’islamisme à petits coups de pinceau et tout un chacun accepte la chose comme si de rien n’était.

La soumission des femmes par le voile, les tentatives réussies le plus souvent de convertir des jeunes, en priorité des jeunes filles, la vassalisation de cités entières, voilà ce qui existe déjà et qui est une réalité dans les grandes villes européennes. La citoyenneté est de moins en moins vécue comme une évidence. Le communautarisme est devenue la norme. Et les « élites » européennes sont les nouveaux bastions pris en otages par le terme d’islamophobie qui sert l’extrême-droite islamiste.

À Paris, capitale absolue des Lumières, il y a eu le 10 novembre 2019, la marche de l’abjection aux cris d’Allah Ouakbar, réunissant tout ce que la France a généré comme homo-islamicus et surtout, comme collaborateurs éhontés. La gauche française a atteint les bas-fonds de la pensée. À Bruxelles, lors de l’hommage rendu à Rachid Haddach, plusieurs milliers de personnes se sont retrouvés, hommes d’un côté et femmes de l’autre.

En 2020, il est grand temps pour les notables de la gauche française et de la gauche belge, de se rendre enfin compte qu’il n’y a pas que le coronavirus qui menace nos démocraties et nos valeurs.
 

Auteur
Kamel Bencheikh, écrivain