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POINT DE VUE

Les tentatives de Ferhat Mehenni de diviser les Algériens sont vouées à l’échec

Voici les sept raisons pour lesquels la démarche fractionniste et profondément antinationale de Ferhat Mehenni (ci-après FM) ne peut aboutir qu’à un échec retentissant et au discrédit total d’un homme qui a vendu son âme au diable. 

  1. Lorsqu’on défend la légitimité d’un Etat comme Israël, appelé à devenir l’Etat hébreu, avec pour capitale Jérusalem, alors que 20% de sa population est composée d’Arabes, on s’exclut de fait de la communauté algérienne. Depuis 1948, Israël n’a eu de cesse que de piétiner toutes les résolutions des Nations Unies. Dès juillet 1967, après la guerre des six jours, il décidait de l’implantation de colonies dans les territoires occupés, particulièrement dans le Golan et la Vallée du Jourdain. Le 30 juin 1978, il proclamait : «Jérusalem entière et unifiée », future capitale d’Israël et le 14 décembre 1981, il annexait le plateau du Golan, en violation de toutes les règles du droit international. Aujourd’hui, la solution des deux États pour laquelle continuent de se battre nombre d’anciens Ambassadeurs de France et singulièrement l’ancien Premier Ministre français, Dominique de Villepin, est de plus en plus battue en brèche par la Communauté internationale, cependant que tous les éléments disponibles donnent à penser qu’il n’y aura pas d’Etat palestinien, à vue humaine. Le parti pris de Ferhat Mehenni qui est aussi celui de l’écrivain Boualem Sansal, est honteux et scandaleux. A tous points de vue, il constitue la négation absolue de l’esprit de la Révolution du 1er novembre 1954.

  2. Ce n’est pas pour l’indépendance de la Kabylie mais pour celle de l’Algérie tout entière qu’ont lutté,- certains en y laissant la vie-, des hommes comme Abane Ramdane, Amar Ouamrane, Krim Belkacem, Hocine Aït Ahmed, Slimane Dehilès, Ahmed Bouguerra (le Colonel Si M’hamed), le colonel Amirouche et des centaines de milliers d’autres. Je suis d’autant plus à l’aise pour le rappeler à FM qui je suis originaire de cette région par mon père (ancien de l’OS et membre du PPA) et par ma mère (moudjahida de la Wilaya IV). C’est bien la question de l’indépendance intégrale de l’Algérie qui a constitué la pierre d’achoppement des négociations menées par le GPRA avec les représentants de l’Etat français ; la délégation algérienne avait suspendu sa participation aux pourparlers de paix à Lugrin (20-28 juillet 1961) en réaction, à l’obstination de la France d’obtenir la partition de l’Algérie.

  3. Les liens entre le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK) et des officines étrangères dont le but est de déstabiliser l’Algérie sont avérés et parfaitement documentés par nos services de sécurité qui interviendront le moment venu. Ce que le colonialisme français a échoué à concrétiser 132 ans durant, ces officines et leurs relais en Algérie entendent le mettre en œuvre, au nom du Nouvel Ordre mondial, qui a décidé de mettre à bas l’ensemble des États-nations de la rive Sud et Est de la Méditerranée, afin que puisse être garantie une sécurité maximale au virtuel Etat hébreu. L’Algérie est le seul pays qui a pu résister à cette déstabilisation toujours en cours et le seul à disposer des moyens de préserver l’unité nationale du pays. Ce n’est pas un hasard si l’institution militaire est la cible, depuis plusieurs semaines, d’une cohorte de pseudo démocrates qui rêvent d’installer une autocratie civile, après avoir instrumentalisé les mots d’ordre du Hirak. 

  4. Il n’est un secret pour personne que le MAK est financé, conseillé, orienté et manipulé par des forces extérieures, les mêmes sans doute qui ont dû imposer au Haut Commandement Militaire, la candidature de Bouteflika à la magistrature suprême en 1999 (par le truchement de Larbi Belkheir) puis se sont appuyés sur le Général Mediène (créature de Larbi Belkheir), afin qu’en 20 ans l’Algérie devienne un terreau fertile aux immixtions étrangères. C’est contre un projet plus dévastateur encore pour la souveraineté du pays que se sont opposés, avec un courage exceptionnel, le Général Ahmed Gaid Salah et l’ensemble du Haut Commandement militaire en bloquant in extremis la tentative criminelle de Mediène et de ses affidés civils et militaires. Il ne s’agissait nullement de régler des comptes avec qui que se soit, mais de mettre l’Algérie à l’abri du danger, ce qui fut fait.

  5. Il est paradoxal qu’après l’officialisation de tamazight et les débuts prometteurs de son enseignement, au-delà de la Kabylie, un certain nombre de personnalités parmi lesquels Boualem Sansal et Salem Chaker appellent à l’indépendance d’une région qui a particulièrement souffert de la colonisation et de la lutte armée contre l’occupant. N’en déplaise à ces auteurs et à Ferhat Mehenni, l’identité algérienne est plurielle. Ses principales composantes sont la berbérité, l’arabité et l’islamité. Les hommes et les femmes qui aiment ce pays doivent œuvrer inlassablement à leur coexistence harmonieuse et sereine, afin de faire émerger une nation algérienne riche de tous ses atouts culturels, spirituels, symboliques et linguistiques. Ce dessein est à notre portée, d’autant que se poursuit la sécularisation de l’espace public, grâce à la montée d’un islam essentiellement quiétiste et revivaliste.

  6. Le Chef d’État-major n’a jamais interdit à quiconque de brandir le drapeau amazigh, à condition que soit, en même temps, brandi le drapeau algérien, sinon cela signifierait que l’impétrant revendique subrepticement la singularité de la seule région d’Algérie où le drapeau vert et blanc frappé de l’étoile et du croissant constituerait au mieux un ersatz d’identité. Mais le chef d’État-major est suffisamment bien informé pour savoir que se sont infiltrés, au sein du Hirak, les nervis de Ferhat Mehenni pour manipuler de jeunes manifestants dont l’auteur de ces lignes a réclamé la libération immédiate ainsi que celle du commandant Lakhdar Bouregâa, victime de désinformation et peu au fait des exigences inhérentes au fonctionnement d’un Etat comme l’Algérie qui affronte une guerre internationale qui ne dit pas son nom.

  7. La réalité algérienne est pathétique. Le pays est déjà largement affaibli par la gestion d’Abdelaziz Bouteflika et de sa fratrie et dispose désormais de ressources limitées pour affronter l’avenir. Les relais locaux d’officines étrangères, à l’instar de ceux qu’animent Ferhat Mehenni, lesquels  n’ont pas choisi l’année 2019 par hasard, exploitent l’absence d’une mémoire collective chez les Algériens, afin de monter la population algérienne contre son Etat et son armée. Tout cela, comme si, parmi les quelque 20 millions d’Algériens qui manifestent chaque vendredi que Dieu fait pour le départ du régime, il n’y avait pas, au moins 50%, qui ont outrageusement profité des largesses et de la générosité du régime populiste et clientéliste de Abdelaziz Bouteflika. A ceux qui en doutent, le nombre de véhicules de luxe (dont certains font le prix d’un appartement) laissés en stationnement par leurs propriétaires, avant de se  joindre aux manifestants du Hirak, devrait constituer une preuve suffisante.

Ali Mebroukine

 

Auteur
Ali Mebroukine, Professeur de droit