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PUBLICATION

"Les Vents du Nord" de Brahim Saci

Le poète est toujours à l’écoute de ce qui se passe autour de lui ; c’est souvent ce qui l’inspire. Dans son cinquième livre, Les Vents du Nord, qui vient de sortir à Paris, aux éditions du Net, Brahim Saci arrive à saisir les angoisses générées par l’actuelle crise sanitaire mondiale.

Dans son confinement parisien, Brahim Saci s’interroge sur l’existence humaine, sur le cheminement étrange du monde moderne qui devient subitement capable du pire. Il a suffi d’un virus venu de Chine pour que toutes les activités humaines, à travers le monde, soient ralenties quand elles ne sont pas bloquées ou annulées.

De nombreux morts ici et là, victimes d’une nouvelle maladie qui a montré les limites de tous les dirigeants du monde. En dictature, les autocrates ont utilisé la situation pour accentuer encore plus la répression tandis qu’en démocratie, les médias dominants se sont évertués à imposer le point de vue des plus forts. Brahim Saci espère dans ses poésies un meilleur avenir aux hommes, il suggère même des pistes pour y arriver. Mais les poètes sont rarement écoutés.

En plus de cette crise sanitaire, Brahim Saci aborde d’autres sujets : l’amour qui se fane, le temps qui écrase le meilleur sur son passage, la beauté des lieux qui l’inspirent : la Kabylie, la Normandie, la Bretagne ou encore Paris. Ville Lumière, cette cité est le territoire des pérégrinations du poète, c’est ici qu’il tente de retrouver ses amours perdues. C’est ici que les vents de la mélancolie le rattrapent.

Mais les amours perdues sont difficiles à faire revivre. Paris est également ce carrefour impitoyable du malentendu. L’individualisme écrase dans les grandes cités l’humain, l’innocence des rêveurs, la poésie sincère des idéalistes. Chanteur kabyle exigeant et singulier, Brahim Saci est revenu à la poésie de langue française, son amour de jeunesse, il y a quelques années en publiant son premier livre, Fleurs aux épines, en 2016.

Puis il avait poursuivi ses créations poétiques avec La Chute, combler l’absence en 2017, Romances inassouvies en 2018 et J’ai trouvé l’amour à Paris en 2019. « Je peins avec ma plume sans pinceaux, l’éclaircie se cache souvent derrière les mots, les couleurs sombres conviennent mieux aux tableaux, mais l’œil du cœur voit partout le beau », écrit Brahim Saci qui sait dire la folie du monde, les prisons de l’exil, la trahison, les impasses et l’espoir.

« Soyez dans l’humilité et la compassion, ne regardez pas ceux qu’égarent les passions, tout passe, nous passons, ouvrez vos yeux vaste est l’horizon », conseille Brahim Saci. Tout un vaste programme !

Youcef Zirem

*Les Vents du Nord, éditions du Net, 2020

Auteur
Youcef Zirem