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OPINION

L’essence des revendications des travailleurs de Naftal

Rien ne semble clair en cette période de pandémie dévastatrice, rien, bien au contraire, je perçois une sorte de « bipolarité citoyenne » qui prend place doucettement dans le pays.

D’un côté les concernés par le Covid -19, de l’autre, ceux qui avancent sans grandes contraintes et mènent leur vie le plus normalement du monde.

C’est ainsi, c’est ma vision des choses derrière mes lunettes de presbyte qui ne perçoit plus rien devant lui, mon constat est néanmoins vrai, il suffit de prendre une actualité au hasard telle que la normalité du quotidien de nos compatriotes travailleurs de Naftal.

Ils semblent sortir d’une autre dimension en invoquant un mouvement de grève , celle ou le calme annonce la tempête revendicatrice, souvent légitime soit dit en passant, le moment choisi pour une telle démonstration de force reste à débattre, c’est, en vérité, un autre sujet sur lequel je suis incapable de philosopher.

Tout comme vous, dans les premiers moments je n’avais pas pleinement saisi le problème des travailleurs de Naftal, je pensais superficiellement que c’était encore des décisions iniques prisent par la Direction qui font, comme souvent, sortir les travailleurs de leurs gonds, c’était vraiment mon état d’esprit sans ironie aucune.

Par la suite j’ai compris que le casus belli avait comme origine une prime, une simple prime, la prime de l’Aïd El Adha plus précisément.

Le montant de cette prime semble ne pas être à la hauteur des espérances des travailleurs, en effet, elle est de cinquante mille dinars, ils (les travailleurs) veulent voir cette prime être rehaussée à quatre-vingt mille dinars, jusqu’ici c’est clair, nous parlons de trente mille dinars qui provoquent la colère au sein de cette entreprise.

Beaucoup de sociétés nationales ne peuvent se targuer d’avoir des problèmes de primes, ben oui, a priori, c’est l’exclusivité chez Naftal.

Si le problème réside dans une prime cela veut dire que les salaires sont au beau fixe et que tout va bien, c’est déjà ça.

Beaucoup de travailleurs dans d’autre secteurs ne savent même pas s’ils vont avoir droit à une rémunération, c’est un doute qui survient à chaque fin de mois depuis le début de la pandémie, « l’ombre d’un doute », c’est le titre d’un film d’Hitchcock qui sied à des milliers de travailleurs du secteur public en ces temps tumultueux.

Ceci dit, je ne vais pas vous servir le discours ambiant, d’ailleurs je ne vous servirais rien, je ne reçois personne et je ne joue pas au tennis, non, je ne vais pas déblatérer en faisant des discours politiquement corrects.

Je ne vais pas parler comme les indignés du net qui ne comprennent pas comment des travailleurs peuvent renâcler devant une prime alors que d’autres algériens ne trouvent même pas de quoi manger ni boire d’ailleurs puisqu’il fait chaud, non ce n’est pas mon style ni mon dada.

Je pense que seuls les travailleurs de Naftal savent ce qui se mijote dans le chaudron, ils doivent avoir leurs raisons pour se risquer dans ce coup médiatique qui, présentement, joue en leur défaveur, c’est certains.

Pour ma part je ne comprends toujours pas la genèse de l’histoire et, croyez-le ou pas, je ne veux pas le savoir, je constate c’est tout et c’est amplement suffisant pour satisfaire mon oisiveté imposée.

En revanche je pense vraiment qu’il faut un minimum d’informations pour pouvoir aborder dans le sens critique, cela va de soi, les faits qui se déroulent dans cette station de l’histoire qu’est Naftal aujourd’hui.

Le stéréotype de la pensée conventionnelle voudrait que nous soyons choqués par les revendications des travailleurs de Naftal, c’est plus simple et ça fait le consensus.

C’est normal me direz-vous, il ne faut pas chercher et compliquer les choses alors que c’est clair comme de l’eau de roche.

Peut-être, je dis bien peut être pour être pour être juridiquement correct et pénalement à l’abris, que les travailleurs de Naftal constatent que les bénéfices de leur société sont largement profitables à d’autres.

D'autres "travailleurs" qui ne foutent rien et qui gagnent plus qu’eux, oui, ils ne foutent rien, vous me passerez l’expression, à dire vrai je n’en vois pas une autre, je ne vois rien de près, je vous l’ai dit.

Vous savez de quoi je parle c’est certain, je sais que vous les connaissez, c’est ce genre de travailleurs du dimanche, les parasites du système qui minent les entreprises, ceux qui s’accrochent contre vents et marées, ceux qui ont le temps de connaitre les rouages de la « boite » vu qu’ils n’ont rien à faire.

Des employés qui passent le temps en attendant une retraite mal méritée à mettre sur pied des présentations sur Power Point dont le contenu est copié collé d’internet, des présentations qui ne serviront à rien mis à part de légitimer un tant soit peu leur présence qui pèse.

Il y a d’autres qui traînent à longueur de journée sans savoir quoi faire sauf à exceller dans les ragots et gêner ceux qui bossent vraiment, hélas, c’est comme cela chez nous.

C’est ce genre de travailleurs qui profitent le plus dans les sociétés étatiques, ceux que vous retrouvez les premiers à la machine à café chaque matin, les premiers à connaitre les montant des primes et les premiers à les percevoir.

Ils sont toujours les premiers pour aller profiter des séjours organisés par les comités d’entreprise, ils connaissent tout, le moindre truc à l’œil et ils sont dessus.

Ils sont premiers en tout même à la cantine si elle existe, de plus, ils connaissent le menu une semaine à l’avance c’est pour vous dire.

C’est pour cette raison, cette unique raison que je ne crois pas m’aventurer en avançant que les travailleurs d’une entreprise comme Naftal ne sont pas fous pour se risquer à faire un mouvement de protestation qui, de prime abord, est en leur défaveur médiatiquement parlant.

Je pense que nous devrions attendre un peu et voir les tenants et aboutissant de cette affaire pour se prononcer et dire : quels ingrats ces travailleurs bourgeois !

Auteur
Nazim Maïza