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REGARD

L’honnêteté intellectuelle, parlons-en…

Il y a l’intellect, il y a l’intellectuel. Entre ces deux notions, nous sommes ceux sans qui elles seraient synonymes du non-être. Le contraire demeure recevable aussi. En d’autres termes, nous sommes à la fois le sujet et l’objet de tout examen de la raison.

Admettons que l’intellect est cette faculté qui rend possible l’effort qui aide à percevoir les choses, à les comprendre. Et lorsqu’elles paraissent absconses, il permet de les cerner pour désenvelopper leurs mystères.

Admettons que, nous, ses propres contemporains, représentons cet ensemble de jugements et préceptes qui siègent dans l’encéphale d’un intellectuel.

Admettons maintenant que ce même intellectuel se veut soit écrivain, ou bien chercheur, peut-être journaliste, analyste, artiste  ou encore, penseur... S’il s’autoproclame détenteur de toutes les clés du savoir, ce refus d’aveu d’ignorance qui n’est en vrai que le début de toute connaissance rationnelle et fondée pose aussitôt l’intellectuel et les adeptes de sa pensée sur la piste des faux savoirs, ceux-là mêmes qui ajoutent ignorances sur ignorances. 

Oui, le mot savoir ne rime pas souvent avec certitude, car toute certitude absolue ne peut être autre chose qu’une forme d’ignorance assumée.

Le sens des responsabilités appelle donc à une mise en garde : l’irréparable, l’intolérable, l’impardonnable et l’irrémissible seraient toute malhonnêteté intellectuelle qui conduirait les sujets pensants que nous sommes vers le vide hadal de la régression, de l’involution et de la décadence. Car, une seule idée peut être dévastatrice ; comme une seule pensée peut être démolisseuse.

L’inconséquence et l’imprévoyance seraient pour tout mauvais intellectuel cette omission pécheresse de la responsabilité morale qui lui incombe, du fait de ses titres et de ses statuts sociaux, moraux, voire spirituels et dont il jouit au sein du tout ce qui fait sa société : c’est-à-dire nous-mêmes. Parler ici du mérite, il n’en est aucunement question, bien que nombreux sont ceux se disent des lumignons, des éclaireurs et des sources de lumières, alors qu’ils n’ont de tout cela que l’usurpation de ces emblèmes. 

L’objet de ces quelques lignes n’a pour seul dessein et pour seule visée que de supplier et conjurer tout détenteur du pouvoir que confère la parole publique de faire preuve d’une honnêteté intellectuelle et d’une responsabilité morale vraies, sans failles. Tout récit,  tout écrit comme chaque discours dans des exhortations au suivisme doivent répondre à un effort mental minimal, mais surtout à un examen profond de conscience… De sa propre conscience. 

Auteur
Azeddine Idjeri