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TRIBUNE

L’inanité du slogan "Yatnahaw-ga3"

L’allocution prononcée  par Ahmed Gaïd Salah au cercle national de l’Armée a Béni Messous, le 10 juillet 2019, se lit comme une  alternance entre le chaud et le froid, la main tendue au Hirak, d’une part, et menace de punitions sévères contre ceux et celles qui s’évertueraient à se mettre en travers de la volonté de l’ANP, d’autre part. 

Polysémique, le discours de Gaid Salah peut être donc compris de différentes manières par les auditeurs et les lecteurs qui épient les moindres mots et phrases que le chef de l’Etat-Major prononce en cette période difficile que traverse le pays. D’où les réserves, voire les indignations que ce discours a soulevées chez certains  manifestants dont les slogans exigent le départ de Gaid Salah, confondu dans le même opprobre que les membres de « la bande » qu’il a placés en prison. De là s’expliquent aussi les slogans que scandent certains manifestants appelant à « l’éviction de tous » (Yatnahaw-Ga3 ), y compris Gaid Salah assimilé lui-même à « la bande »  de corrompus et de criminels notoires. Mais l’ assimilation de celui-ci à ceux-là n’est point pertinente et ne résiste guère à l’analyse des faits. Et ceci pour plusieurs raisons dont la première réside dans le fait que le chef de l’état major, quelque « corrompu » qu’il puisse être, n’a pas vendu son âme au diable comme ceux dont il a éventé le complot visant non seulement la dislocation de l’armée, mais visant également  la cohésion de la nation. La seconde raison tient au fait que Gaid Salah n’a pas agi contre les conspirateurs et les corrompus notoires de son propre chef, mais au nom et sous l’impulsion de l’institution militaire dans son ensemble, et qui n’a pas supporté la trahison flagrante dont des individus issus de ses rangs se sont rendus coupables. La troisième raison, enfin, réside dans le fait que Gaid Salah n’a pas agi de la sorte en fonction des directives de Val-de-Grâce, mais d’après une approche indépendante inspirée par l’armée dans son ensemble.

Gouvernement civil ou gouvernement militaire ?

Au slogan « Dawla madaniya mouch Askariya » répété par certains manifestants, le chef  de l’état major a répondu, il est vrai de manière équivoque et en des termes  qui récusent les « slogans mensongers, aux intentions et objectifs démasqués comme réclamer un Etat civil et non militaire. » Cette réponse ressort en effet d’une double détente . Elle pourrait aussi bien signifier la réaffirmation de la primauté du militaire sur le civil comme elle pourrait signifier que  le grand assainissement entrepris par l’armée au sein des institutions militaires et civiles n’a rien d’une dictature militaire, puisque l’action entreprise par l’armée vise justement un gouvernement civil vermoulu par la corruption. Comment revendiquer un gouvernement civil, comme le font certains manifestants, quand ce  même gouvernement s’est révélé être la cause de la banqueroute nationale ? Peut-on reprocher aux militaires de se substituer au pouvoir civil défaillant et corrompu jusqu’à la moelle ? Certes tous les pouvoirs civils qu’a connus l’Algérie depuis l’indépendance ont été, il faut bien le reconnaître, placés ou cooptés à la tête de l’Etat par l’armée et sa police politique. Ceci est indéniable. Il serait bien malhonnête de le nier.

Néanmoins, il est des moments graves dans l’histoire des Nations où l’armée et ses chefs ont le dernier mot. Souvenons-nous du retour de De Gaulle au pouvoir lors de la crise du 13 mai 1958, crise provoquée par la guerre d’Algérie. Investi président du conseil, ce général  faisait approuver la Cinquième République par un référendum par le peuple français. Elu président de la République, ce militaire qui voulait conduire une politique «  de grandeur de la France », s’était imposé au gouvernement civil qui avait fait alors preuve d’incapacité à gérer les affaires de la nation française. Le parallèle entre la France de 1958 et l’Algérie de 2019 s’arrête-là. Car Gaïd Salah n’est pas de Gaulle et de Gaulle n’est pas Gaïd Salah. Le tempérament des deux hommes et le contexte historique diffèrent de manière fondamentale. Mais entre les deux généraux , il existe un point commun  indéniable: celui de rétablir l’autorité de l’Etat que des civils défaillants n’ont pu le faire.

Etat de droit ou Etat "fort" ?

Dans son allocution du 10 juillet, le chef de l’état-major ne ferme pas les portes du dialogue avec le Hirak, c’est-à-dire avec le peuple. Bien au contraire, il lui tend la main et l’invite à se mettre au diapason de la légalité constitutionnelle, et donc de la Constitution qui n’est pas son invention. Quelque imparfaite et viciée et  vicieuse qu’elle soit, cette Constitution constitue l’unique bouée de sauvetage dans les graves circonstances que traverse le pays où le prolongement de la vacance du pouvoir risque d’avoir de graves conséquences tant politique qu’économique.

C’est pourquoi ceux qui refusent l’organisation des élections présidentielles sont des inconscients et des irresponsables. Ils ne se rendent pas compte que par ce refus immotivé, ils font le jeu des partisans du chaos. Ce « front du refus » constitué d’une minorité de militants déçus et aigris, de nostalgiques des chefs de file de l’ordre mafieux qui vient de s’écrouler comme un château de cartes, et de séparatistes dangereux, se fondent chaque vendredi dans la foule du Hirak, digne, patriote et respectable, pour marteler des slogans hostiles à l’organisation des élections présidentielles qui, seules,  peuvent sortir le pays de l’impasse politique actuelle.

N’en déplaisent à ces extrémistes et à ces nostalgiques qui jouent aux boutefeux, les élections sont les seuls moyens raisonnables pour effectuer une transition politique pacifique, sans heurts ni malheurs. Si nous sommes d’accord avec le chef de l’état-major en ce qui concerne la nécessité d’organiser au plus vite les élections  présidentielles, nous divergeons néanmoins avec lui lorsqu’il considère que "ces présidentielles [sont] réellement … la clé pour accéder à l’édification d’un Etat fort avec des fondements sains et solides." La notion de l’Etat fort, qui est un culte fétiche dont se nourrissent tous les dirigeants algériens, civils et militaires, depuis l’indépendance, est l’exact contraire de l’Etat de droit qui, lui, se fonde sur le respect des lois, sur la primauté du civil sur le militaire, sur la représentation politique qu’impose le verdict des urnes, et sur la transparence politique. Or l’Etat fort postulé et dont le modèle jacobin a montré les limites, mais aussi les dérives autoritaires, n’est pas celui que le Hirak majoritaire souhaite voir s’instaurer.

L’Etat fort dont parle le chef de l’état-major n’est rien , me semble-t-il, qu’une réédition ou une reproduction guère plus améliorée que du déjà vu. Boumediene  n’avait-il pas fait de l’Etat fort à construire son cheval de bataille ? Ne parlait-il pas d’un Etat fort avec des institutions solides qui survivraient aux hommes ? si les vœux de Boumediene et de ses épigones n’ont pas été exhaussés, c’est que l’Etat fort dont ils cultivaient l’image  et dont ils furent les bâtisseurs a été entièrement bâti  sur un sol meuble, c’est-à-dire dépourvu de sa dimension coriace qui est le droit.

L’Etat de Boumediene était un Etat complètement arc-bouté sur la force militaire brute, qui lui donnait l’illusion de construire un Etat pérenne. Ses héritiers et ses successeurs n’ont fait que suivre ses brisées.

En insistant sur l’édification d’un Etat fort, le chef de l’état-major Gaïd Salah entend bien plus la dimension physique et coercitive de l’Etat que sa dimension juridique. Son allocution du 10 juillet comporte  des phrases et membres de phrases quelque peu ambiguës car ils suggèrent que ce qui importe maintenant et dans l’avenir, ce n’est pas l’Etat de droit, mais l’Etat-armée, ou l’armée au commande de l’Etat en lieu et place d’un Etat de droit. Mais dans la même allocution que certains ont mal interprétée, Gaïd Salah ne plaide pas en faveur d’un Etat militaire, mais dénonce justement ceux qui lui ont prêté cette intention qu’il a qualifiée de mensongère. Il vise expressément les propagateurs, pour ne pas dire les vendeurs au rabais "des slogans mensongers, aux intentions et objectifs démasqués comme réclamer un Etat civil et non militaire." Dit autrement : la dénonciation vise ici les insinuations de ceux qui ont essayé de faire accroire que l’armée est en passe de se substituer au pouvoir civil. Il est vrai, par ailleurs, que la phrase « comme réclamer un Etat civil et non militaire » est, dans sa tournure grammaticale,  lourde d’ambiguïté et donne lieu à une foule d’interprétations tendancieuses.

Le peuple du Hirak et l’armée : khawa- khawa !

Le slogan « Djeich et peuple  khawa - khawa » scandé par l’écrasante majorité du Hirak dans les quarante-huit wilayas du pays témoigne non seulement du caractère pacifique du soulèvement en masse contre l’ordre ancien incarné par la coterie des généraux corrompus et notoirement criminels, mais témoigne également d’un démenti cinglant contre les partisans du maintien de l’Algérie dans le giron non pas du peuple de France, mais du colonialisme français incarné par les nostalgiques de l’Algérie française et par les multinationales qui ont intérêt à ce que l’Algérie demeure une nation dépendante et asservie. Le complot fomenté par des généraux corrompus contre la nation et son fer de lance, l’ANP, et la complicité dont ces généraux gras, gros et adipeux ont bénéficié auprès des hommes politiques dépourvus d’honneur et de moralité, démontre à qui mieux mieux la façon dont ces renégats ont maintenu l’Algérie dans le statut d’une néo-colonie française. Les «cercles hostiles à l’Algérie et à ses institutions constitutionnelles», quoiqu’imparfaites selon nous, et dont parle le chef de l’état-major Gaïd Salah ne relèvent pas de la fiction, mais de la réalité. Ces cercles, il faut bien le préciser, ne sont pas forcément d’origine exogène, mais endogène, autrement dit  des « indigènes » et des « traîtres qui ont vendu leur âme et conscience et sont devenus des outils manipulables voire dangereux entre les mains de ces cercles hostiles à notre pays. »

En éventant le complot dirigé contre l’armée et la nation, l’état-major et son chef ont accompli un acte salvateur. L’acte d’assainissement, et disons de purge, qu’ils viennent d’opérer, suffit à lui-même de racheter  les « péchés » qu’ils auraient accompli antérieurement à la date du 22 février 2019. Dit autrement, il vaut mieux avoir un ou deux corrompus réels ou supposés que mille corrompus invétérés et susceptibles de récidives. Comment ne pas saluer les vastes opérations d’assainissement entreprises par l’armée au sein des différentes institutions engluées dans la corruption et l’incurie ? Comme ne pas applaudir aux arrestations des chefs de la mafia politico-financière constituée à l’ombre de l’Etat durant la décennie noire ? Ne faut-il pas savoir gré à l’armée et à ses chefs d’avoir neutralisé les principaux meneurs de cette mafia et brisé ses capacités de nuisance ?

Le danger de l’extrémisme et de l’ethnicité

Exiger dans ces conditions le renvoi  ou l’éviction de tous (Yatnahaw-Ga3 ), revient à exiger aussi le départ de l’état-major, de son chef ainsi  que l’abdication de l’ANP devant les revendications insensées d’une minorité d’extrémistes de tous bords. Ces extrémistes que galvanisent comme un talisman les considérations culturalistes et ethniques oublient ou feignent d’oublier qu’ils font, consciemment ou non, le jeu de la clique des comploteurs et des corrompus enfantés à la faveur de la décennie noire. La réactivation passionnée et passionnelle de l’amazighité, version  MAK de Ferhat Mehenni, et celle plus édulcorée, du RCD, et sa survalorisation au détriment d’autres segments «ethniques» ou culturels de la nation algérienne, devient une source sérieuse de division et de discorde. Ces minoritaires qui hurlent à chaque manifestation : "Yatnahaw-Ga3 !" n’ont pourtant rien à proposer comme solution de rechange au système politique ancien et de ses legs décriés. Rien, en effet, que des aboiements !

Ces gens-là, imbus de certaine « supériorité » ethnique inspirée du mythe colonial selon lequel le Kabyle « blond, aux yeux blonds », travailleur acharné, «dur à la tâche», par opposition à l’Arabe « paresseux » (Abdelmalek Sayad), serait de descendance « gauloise », continue, plus d’un siècle après l’indépendance de l’Algérie, de nourrir l’imaginaire de certaines fractions fort minoritaire de la population algérienne. En effet, le mythe colonial, a la vie dure. Au point que certains y croient encore dur comme fer. Le mythe du berbère "supérieur en tous points" à l’Arabe ne tombe pas du ciel, mais plonge ses racines profondes dans la littérature coloniale qui, pour diviser les habitants d’Algérie, lesquels résultent pourtant d’un amalgame de plusieurs strates issues des civilisations successives, avait fait feu de tout bois pour approfondir les différences entre eux. Et ceci dans le but, comme le dit si bien le proverbe, de "diviser pour mieux régner." 

Ce que ces minoritaires, qui se signalent par le dogmatisme idéologique et leur représentation obtuse du monde,  refusent de reconnaître, c’est le rôle salutaire qu’assume l’armée en ces moments difficiles. Et parmi ces rôles, figure en premier lieu la lutte impitoyable conduite contre les corrompus et la corruption aux racines tentaculaires. En réduisant, sans nuances aucune, le chef d’état-major actuel au même dénominateur commun que ses pairs éjectés, puis enfermés, ces petits doctrinaires démunis de réflexion critique et d’imagination, ont fini par  nous révéler qu’ils sont les soutiens conscients ou inconscients de la clique des comploteurs et des corrompus mise hors d’état de nuire.

C’est en vertu de ce qui précède que je n’hésite point à reprendre à mon compte, quitte à me faire étiqueter par ces mêmes extrémistes « drogués »  de dogmatisme , de flagorneur et de pro-Gaid Salah, certaines idées de celui-ci, et notamment celles-ci : « ce peuple qui a triomphé du colonialisme et vaincu le terrorisme,   trouve aujourd’hui face à un autre défi qui n’est pas moins périlleux que ses précédents, c’est la corruption sous toutes ses formes et il est certain que la démarche de l’Armée Nationale Populaire, dans ce sens, est un effort sans égal, basé sur l’éradication totale de tous les fiefs du colonialisme dans notre pays.

En effet, la corruption est une autre forme de colonialisme, car elle infeste les esprits et les pensées, qui frappent les consciences colonisables. La bande, dont les abjections inavouées ont été démasquées, possède encore des inféodés et des mandataires dans la société et elle œuvre encore de façon encore plus claire à infiltrer les rangs des marches populaires et impacter la nature des revendications populaires légitimes, voire, tenter d’orienter ces revendications selon les intentions abjectes de cette bande, ce qui requiert, et je le répète encore une fois, plus de vigilance et de prudence concernant l’encadrement de ces marches. »

Ces « mandataires » et ces « inféodés » se trouvent non seulement parmi les affairistes liés et reliés aux réseaux de corruption nationale et internationale, ils se rencontrent également chez certains journalistes stipendiés ou pénétrés d’une vanité de scribe élevée par eux-mêmes au rang d’une culture. Ces journalistes dont la vénalité saute aux yeux ont un comportement et un style d’écriture  fortement marqués par l’idéologie du militantisme désuet. Le professionnalisme, l’éthique et la déontologie de la profession ainsi que la neutralité qui leur est requise, ne sont point leur fort. Leur fort, c’est le dénigrement de ceux qui ne partagent pas leur opinion ou celle de leurs maîtres à penser, ou encore celle leurs patrons de presse qui les nourrit.

Des interrogations  sur l’"énigmatique" Gaïd Salah

Aux extrémistes de tous bords qui réclament le départ de Gaïd Salah sous prétexte qu’il fait partie du « système » sans nous dire par quoi le remplacer, je conseille vivement de lire les interrogations que se posent Abed Charef et les réponses qu’il en donne ici. Cet auteur qui pose les bonnes questions débute ainsi sa réflexion qui ne manque pas de nuances subtiles :

« Gaïd Salah pose un vrai problème, écrit-il.
Un homme de pouvoir qui gère quatre mois de manifestations sans qu'une seule balle ne soit tirée et sans un seul mort ne peut être un dictateur type Sissi ou Assad. » 

Et plutôt que de paraphraser cet auteur aux idées bien ordonnées, je préfère reproduire dans leur intégralité ses propos qui confortent notre démarche analytique :
« Un homme qui déclenche un tsunami judiciaire ne peut espérer rester indéfiniment au-dessus de la justice.
Un homme qui s'attaque de manière aussi frontale à la corruption et à la prédation ne peut espérer bâtir un système bâti sur des réseaux de corruption.
Un homme qui a assisté, puis participé, à la déchéance des Bouteflika ne peut espérer bâtir un système clanique autour de sa personne. 
Un homme qui a vu d'aussi près disparaître des dynasties de pouvoir, de Boumediene à Bouteflika, en passant par Chadli et Zeroual, ne peut espérer bâtir une dynastie. Surtout à son âge.
Un homme qui se fait autant d'ennemis ne peut espérer survivre s'il a toutes les vulnérabilités qu'on lui prête.
Un homme qui a attaqué autant de pontes du passé sur le thème de la corruption ne peut espérer que son dossier reste indéfiniment enfoui s'il a réellement goûté à la corruption. Il est d'ailleurs étonnant que ses adversaires, supposés très puissants, n'aient pas réussi à sortir un seul dossier solide le concernant.
Un homme qui a autant de pouvoir, et donc de responsabilités, ne peut espérer construire une maison commune en attisant les fractures dans un moment aussi délicat. 
Un homme qui a accompli un tel parcours n'a pu le faire sans être porté par une équipe et par un socle politique et idéologique solides. 
C'est dans ces éléments réside tout le problème Gaïd Salah.
Est-il retranché dans un blockhaus, tirant sur tout ce qui bouge, en sachant que toute défaillance de sa part va entraîner sa chute, avec une série de révélations similaire à celle qui a emporté les sbires de Bouteflika ?
A-t-il un projet autoritaire, fasciste comme le disent certains, alors que sa puissance est apparue au moment où le peuple est devenu le premier pouvoir du pays ?
Est-il simplement engagé dans une guerre contre les puissants de l'ère Bouteflika, dont il faisait partie mais dont il veut se débarrasser, ou dont il veut débarrasser l'Algérie ?
Est-il dans un projet autoritaire soft, visant à maintenir le système après en avoir éliminé les branches les plus pourries ?
Beaucoup d'Algériens et de faiseurs d'opinion ont des réponses toutes prêtes. Ces réponses sont pour la plupart inutiles car inscrites dans des agendas politiques ou des blockhaus idéologiques.
Elles sont inopérantes parce que partielles, partiales, voire simplistes, ne permettant pas de saisir la situation et le personnage dans toute sa complexité.
Car Gaïd Salah est le produit d'un processus d'une incroyable complexité. ALN, ANP, lutte antiterroriste, calamiteuse ère Bouteflika, 22 février, démocratisation ratée, mondialisation, réseaux sociaux, etc.
Sans oublier tous les commentaires qui vont suivre. Haineux, apologétiques, suspicieux, dubitatifs, accusateurs, peu importe.
Allez-y. »

Et je conclus en disant : sourds et aveugles sont ceux qui refusent  de voir la réalité en face ou qui cherchent vainement à la faire plier à leur vœu pieux.

(*) Ahmed Rouadjia, professeur d’histoire et de sociologie politique, Université Mohamed-Boudiaf, M’sila

Note de la rédaction : Les arguments avancés ici ne sont pas ceux de la rédaction du Matin d'Algérie. Cependant, nous avons ce devoir impérieux de tout média indépendant d'ouvrir nos espaces aux avis différents, voire contradictoires pour aller plus loin dans les débats. En outre, si Le Matin d'Algérie ne le fait pas, il est fort possible que ces contributeurs ne trouvent nulle part d'espace pouvant les accueillir dans toute leur diversité.

Auteur
Ahmed Rouadjia (*)