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REGARD

L'insoutenable exhibition du premier ministre Djerrad

Les images diffusées par les médias algériens démontrent encore une fois la méprise du régime algérien envers sa propre population.

En effet, le premier ministre calfeutré d'un blanc vêtu prodigue des conseils aux personnel médical. Des images de ce genre sont coutumières en Algérie. elles relèvent d'un patriarcalisme effronté au point que l'ignorant devient le maître du savant. On a en mémoire, les scabreuses instructions du président déchu adressées aux ingénieurs algériens du métro d'Alger. Pour tout dire, il n'y a pas que la violence de la parole qui choque mais c'est le déguisement du premier ministre et de son entourage qui pose problème.

A contrario du personnel médical démuni de moyens de protection qui sont réduits au strict minimum, voilà qu'un premier ministre apparaît en "tenue de combat sanitaire" pour s'adresser à ce même personnel.

Or, ce qui choque le plus dans une telle démarche c'est inconcevable pratique d'une classe politique qui se permet tous les avantages au détriment des autres. La meilleure illustration est la différence entre la tenue protectrice du médecin et de son équipe  et celle des représentants gouvernementaux. Par dépit, on est saisi par les privilèges que s'octroie la fonction dirigeante au détriment de celle du personnel hospitalier qui en de telles circonstances est primordiale.

djerad

Décidément, le régime ne change pas

A la violence politique s'y ajoutent celle des images. A ne pas douter l'écart des usages entre la masse et l'élite politique accentue l'impopularité d'un régime incapable de satisfaire les besoins de la population. Encore une fois, la scène diffusée par les médias illustre parfaitement l'impréparation des gouvernants à gérer une crise d'une telle ampleur.

De plus, le lieu de la prise de parole du premier ministre est un hôpital qui par l'interposition du "scaphandre médical" de l'équipe gouvernementale laisse penser qu'il est infecté alors qu'il est fréquenté par les usagers.

Au point que l'on se retrouve devant une situation ubuesque qui laisse penser soit à une improvisation communicationnelle soit à un manque de confiance des dirigeants algériens envers l'hôpital.

L'expérience des anciens ministres ingrats envers leur peuple laisse accréditer l'idée de la méfiance des dirigeants gouvernementaux envers le système de santé. 

Comme tout le monde le sait, le système sanitaire algérien est défaillant sur tous les plans. Ni l'hygiène ni la qualité de soins ne répondent aux critères d'un hôpital performant alors les dirigeants connaissant bien la réalité sanitaire du pays ne savent faire que de la surenchère médiatique pour signifier qu'ils font quelque chose pour s'occuper de la santé des gens.

Or, la visite du premier ministre à l'hôpital de Blida est catastrophique parce qu'elle affiche une équipe gouvernementale plus soucieuse de son sort que de celui des médecins, infirmiers, aide-soignants qui affrontent au risque de leur vie le coronavirus.

Désastre sur désastre.
                                                                             

Auteur
Fateh Hamitouche