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TENSION

L'Iran accuse Israël d'avoir assassiné un scientifique iranien

L'Iran a accusé Israël d'être impliqué dans l'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, un haut scientifique nucléaire et militaire iranien, promettant une vengeance terrible contre les commanditaires de cette action.

Mohsen Fakhrizadeh a été tué dans une opération sophistiquée dans le nord de Téhéran. Un pick-up a d'abord explosé sur la route, devant sa voiture, avant qu'elle ne soit visée par des tirs nourris. Mohammad Javad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne, a directement accusé Israël d'être impliqué dans cet assassinat.

Le nom de Mohsen Fakhrizadeh avait été cité en avril 2018 par le Premier ministre israélien dans une intervention télévisée. Benyamin Netanayhu l'accusait d'être l'un des hauts responsables du programme nucléaire de Téhéran. « Souvenez-vous bien de ce nom : Fakrizadeh », avait-il alors lancé. Le haut scientifique était aussi sur la liste des sanctions des Nations unies contre l'Iran.

Inquiétude de Netanyahu

Ces derniers jours, le chef du gouvernement israélien ne cachait pas son inquiétude de voir la future administration Biden adopter une attitude plus ouverte à la négociation avec l’Iran que l’administration Trump, rapporte notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. « Nous ne devons pas revenir à l’accord de 2015 », a t-il déclaré dimanche dernier dans un message non-voilé au futur président américain. Benyamin Netanyahu a toujours combattu l’accord nucléaire iranien.

Son inquiétude est partagée par les monarchies du Golfe. Quelques heures après sa déclaration, le chef du gouvernement israélien semble avoir fait une rare visite secrète en Arabie saoudite pour y rencontrer le prince héritier, Mohamed Ben Salman, en compagnie de Mike Pompeo, le secrétaire d’Etat américain. Les trois dirigeants partagent la même opposition à l’accord de Vienne et l’Iran était certainement leur principal sujet de discussions.

Multiples opérations

L'assassinat de Mohsen Fakhrizadeh ne peut que renforcer les durs du pouvoir iranien, prévient notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi. En effet, les opérations contre le programme et les responsables nucléaires iraniens se multiplient. Il y a eu notamment l'explosion il y a environ cinq mois dans le centre nucléaire de Natanz. Là encore, les responsables iraniens ont accusé Israël mais aussi les États-Unis.

Cet assassinat peut aussi compliquer la politique du nouveau président américain Joe Biden, partisan du retour des États-Unis dans l'accord nucléaire abandonné par Donald Trump, qui a durci les sanctions contre l'Iran.

« Les groupes terroristes et les responsables et les auteurs de cette tentative lâche doivent savoir qu'une vengeance terrible les attend », a tweeté le chef d'état-major iranien, le général de division Mohammad Baghéri. Il a qualifié la mort de Mohsen Fakhrizadeh de « coup amer et lourd », assurant que les Iraniens « n'auront pas de repos tant que nous n'aurons pas pourchassé et puni » les personnes impliquées.

Auteur
RFI