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FRANCE

Lutte contre l'islamisme : la mosquée de Pantin sera fermée

Acculé par les événements et la grosse émotion produite par la décapitation de Samuel Paty, le ministre de l'Intérieur, Gérard Darmanin, multiplie les annonces. Il a demandé lundi au préfet de Seine-Saint-Denis de fermer la mosquée de Pantin.

La mosquée de Pantin, qui avait notamment relayé sur sa page Facebook une vidéo dénonçant le cours sur les caricatures de Mahomet de Samuel Paty, le professeur assassiné vendredi, sera belle et bien fermée. "J'ai demandé au préfet de Seine-Saint-Denis de faire fermer la mosquée de Pantin", a déclaré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, sur TF1, lundi 19 octobre, précisant que le préfet devait "signer ce (lundi) soir son interdiction".

"Son dirigeant a relayé le message qui consistait à dire que ce professeur devait être intimidé, en relayant d'ailleurs l'adresse du collège", a poursuivi Gérald Darmanin. L'établissement sera fermé six mois, et la notification de fermeture aura lieu dès lundi soir, a précisé une source policière à l'Agence France-Presse. "C'est peut être un geste d'apaisement par rapport à la tension générale", a réagi auprès de l'Agence France-Presse, M'hammed Henniche, responsable de la grande mosquée de cette ville du nord de Paris.

Le ministre de l'Intérieur avait souhaité plus tôt dans la journée la dissolution de plusieurs associations, comme le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et l'organisation Barakacity, qui se présente comme une ONG humanitaire islamique.

"Absorber l'émotion"

"Il y a une certaine tension donc l'exécutif est dans une position où il faut qu'il fasse des gestes forts, c'est un geste pour absorber l'émotion, pour réagir", a-t-il ajouté, regrettant que "la fachosphère ait pris une dimension telle que l'exécutif est obligé de suivre". "On est entrés dans un engrenage, où on n'est plus dans la modération. On est partis dans quelque chose qui dépasse tout le monde", a encore dit M'hammed Henniche.

Le ministre a par ailleurs affirmé que l'imam de la mosquée de Pantin avait ses enfants "scolarisés" dans une école clandestine fermée début octobre à Bobigny. "Des enfants de 2 à 6 ans portaient le hijab, sans cours de récréation, sans fenêtre, sans professeur", a dit Gérald Darmanin.

Une quinzaine d'établissements dont des écoles clandestines, des lieux de culte, des salles de sport ou encore des restaurants, ont été fermés en Seine-Saint-Denis depuis 2018, avait annoncé en février le préfet du département.

De nouveaux individus ont été placés en garde à vue lundi dont quatre collégiens, alors qu'un élève a été relâché. Selon une source proche du dossier, l'enseignant d'histoire-géographie du collège de Conflans-Sainte-Honorine a été "désigné" à l'assaillant, Abdoullakh Anzorov, "par un ou plusieurs collégiens, a priori contre une rémunération"

 

Auteur
L.M./AFP