Aller au contenu principal
Body

COMMENTAIRE

Mensonges, non-dits et cafouillages en haut lieu

Que de mensonges a-t-on fait avaler aux Algériens sur l'état de santé d'Abdelaziz Bouteflika !

Les transferts des présidents algériens pour des soins à l’étranger se suivent et se ressemblent : ils sont tous truffés de mensonges, de non-dits et de cafouillages.

Tout a commencé en 1978 avec le transfert du président Houari Boumediene à Moscou dans un état critique. Sans respect ni considération pour leurs compatriotes, les gouvernants de l’époque n’ont pas trouvé mieux que de mentir en affirmant que le président est en visite officielle en URSS, images truquées à l’appui au JT de 20 heures.

Avec Abdelaziz Bouteflika, c’est un médecin qui, on ne sait pas pourquoi, a menti aux Algériens en soutenant mordicus que le chef de l’Etat souffre d’un accident ischémique transitoire (AIT) sans séquelles irréversibles. Un AIT qui s’est avéré être un AVC. La suite tout le monde la connaît.

Abdelaziz Bouteflika est devenu impotent, ignorant tout de ce qui se passe autour de lui. Mais on a encore trouvé un brave homme, Lakhdar Brahimi en l’occurrence, qui, aussi paradoxal que cela puisse paraître, a accepté de jouer le jeu en disant au sortir de ses audiences récurrentes que le président jouit de toutes ses facultés physiques et intellectuelles. Des mensonges qui resteront dans les annales de la politique algérienne.

Avec le transfert du président Abdelmadjid Tebboune en Allemagne, on croyait que la vérité, toute la vérité, sera dite aux Algériens. Mais c’était sans compter avec « les tuteurs » du peuple algériens qui communiquent comme bon leur semble.

Abdelmadjid Tebboune est accompagné en Allemagne par un staff médical composé certainement d’éminents professeurs, mais c’est le président de l’APN, Slimane Chenine, qui du boulevard  Zirout Youcef, à Alger, nous parle de l’état de santé du président et de son retour «imminent » au pays.

De deux choses l’une : ou bien Slimane Chenine s’est mêlé de ce qui ne le regarde pas, ce qui est grave, ou bien il s’est laissé avoir comme un bleu, ce qui est plus grave encore. Djamel Ould Abbès, on s’en souvient, a longtemps joué ce mauvais rôle avant de se retrouver derrière les barreaux.

C’est bien beau d’avoir un porte-parole dans le gouvernement, mais encore faut-il avoir la décence de le laisser dire la vérité aux Algériens, il y va de la crédibilité des institutions de la République.

Auteur
Ahcène Bettahar