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TRIBUNE

Merci M. Poutine pour votre "sous-rire"

Merci Monsieur Poutine pour votre «sous-rire». Moi, qui lisais la revue «Spoutnik » depuis mon enfance, et j’en suis à la retraite, et comme j’ai lu aussi, les livres de Tolstoï et de Dostoïevski, et tant d’autres, de qui je m’inspire parfois d’ailleurs, et qui ont fait l’histoire et la grandeur de votre pays, voire par exemple, Lénine, Trotski, Staline, Mendeleïev, Youri Gagarine, etc.

Et pour ne citer que ceux-là, car il y’en a eu des milliers bien sûr. Alors, me serait-il permis à priori, rien qu’avec cette petite banque de données que je viens de citer quant à la culture Russe, de comprendre que vous avez dressé cette fois-ci, le meilleur constat, quant à une Algérie que vous aimeriez bien avoir dans l’avenir, comme partenaire stratégique fort et fiable en Afrique ? 

Mais, je dois vous dire tout de même, et en toute sincérité, mais, dans ce cas, que vous venez d’agir au bon moment. Et les acteurs authentiques du Hirak populaire en Algérie, ont su capter et surtout, pu comprendre les dessous de votre « sous-rire ». Qu’il soit  spontané ou programmé, peu importe le caractère de cette chose pour un citoyen Algérien lambda, car en fait, quand cela survient au moment  opportun du speech de la personne d’en face, cela ne témoignerait que d’un constat amer et difficile à digérer. A ce titre, et si votre intention est de bâtir une stratégie à long terme, avec les responsables des pays africains les plus sûrs, alors, permettez-moi dans ce cas de vous dire, que même si vous étiez l’un des meilleurs officiers supérieurs du KGB ; l’Algérie de demain, ne sera plus comme celle d’avant. 

Dans le livre « le testament d’Hitler » ; ce dernier a reconnu ses erreurs. Il a parlé de têtes enjuivées de Churchill et de Roosevelt. Il a parlé aussi, du comportement prostitué de la France dans les situations graves et de confusion. Mais, il avait comme même, une certaine franchise ô combien courageuse, dirais-je, quand il s’agit d’un ennemi à admirer, et c’était le fait de reconnaître la patience des Russes, quant au temps qu’ils prennent pour la réflexion avant de passer à une action grave. 

N’en déplaise à tous ceux qui en veulent au dictateur que je cite comme référence, en terme de constat d’une grande guerre, mais, soyez sur que le peuple auquel j’appartiens, est celui qui assimile tout, sans chauvinisme aucun, mais, qui reste toujours authentique et jamais assimilé. Et les preuves sont la Révolution de 1954-1962 ; armes à la main des miens, dont la plus part sont morts, parce qu’il le fallait, et puis, vint la résistance contre un terrorisme atroce de sous-traitance, auquel l’Algérie a fait face toute seule, au vu et au su des peuples du monde entier, qui n’ont pas bougé le petit doigt jusqu’au 11 septembre 2001, quand il s’agissait d’Amérique ! Et enfin, la révolution du sourire qui inspire déjà bien d’autres peuples, en Afrique, en Asie et en Amérique latine. 

Alors, selon Hitler, la patience des Russes est naturellement ancrée dans leur philosophie de gouvernance. Celle-ci, est proportionnelle (d’après le dictateur), par rapport au grand espace géographique de la Russie. Et en ce sens, il a reconnu que son impatience d’attaquer un pays comme la Russie, sans trop tarder dans la réflexion, était son erreur fatale. Il s’était rendu compte en fait,  qu’à trop vouloir réaliser en l’espace de temps d’une vie humaine, ce qui n’est réalisable, que dans au moins un espace de temps de plusieurs vies successives, cela ne relèverait pour lui, que d’une pure folie de sa part.

Et dans le même ordre d’idées, je vous confirme, que les Algériens sont aussi patients que les Russes. Neuf mois de marches pacifiques, avec une grande patience et une forte réflexion pour organiser l’autodiscipline, car notre révolution n’a pas de représentants à corrompre. Et Dieu merci, de nous avoir guidé sur le bon chemin, dans un terrain pourtant, tout le temps miné par les partisans de «Fakhamatouhou », recyclés en « Hadharatouhou ». Aucun incident, minime soit-il. Amen !

Les Algérien ne veulent plus d’un homme politique pour charmer l’Occident et l’Orient en écrasant les siens, mais d’un Homme d’Etat qui ne penserait qu’à la souveraineté du pays et à l’avenir des futures générations de son peuple, et pourquoi pas (?), à celui de toute l’Humanité et à la protection de la planète terre, qui se réchauffe de plus en plus par le dérèglement climatique d’une part, et de l’être inhumain, d’autre part.  

Monsieur le Président de la Russie

Vous évoquez la nécessité pour l’Algérie de renforcer sa souveraineté, comme vous évoquez aussi, des événements très importants qui sont en cours en Algérie, tout en souhaitant sincèrement, que le peuple algérien surmonte les difficultés de la période de la transition. Alors, dois-je comprendre que vous avez fini par comprendre ce qu’un Algérien lambda a déjà prouvé sur le terrain et à mainte reprises. La patience et le bon sens lors des tragédies. Et que désormais, les intérêts de votre pays, seraient plus sûrs avec l’intelligence de la nouvelle génération instruite et ouverte au nouveau monde, qu’avec la ruse du personnel Bric-à-brac de pays Arabes et Africains ; devenus vieux et inaptes à la vision lointaine, dans un monde où celui qui n’avance pas recule..  

Merci Monsieur Poutine, si vous croyez en la jeunesse algérienne qui manipule si bien l’Internet, et qui propose au monde depuis le 22 février, une meilleure façon de lutter pour ses libertés démocratiques, que celles qui lui ont été souvent fomentées par les Occidentaux et les monarchies du golfe. Sinon encore par d’autres, avec des méthodes plus sournoises, mais, qui se terminent toutes aussi, comme les autres ; par des bains de sang, des larmes des exodes et la spoliation de leurs richesses par ceux-là même, qui leur vendent les armes pour s’entretuer bêtement, parfois, rien que pour une simple différence d’application d’un rituel religieux, ou pour un chauvinisme d’ordre ethnique, au lieu de transformer la diversité en opportunité qui créerait de la richesse, comme c’est le cas de l’Amérique. 

La Révolution des jeunes Algériens est simple et très méthodique dans sa démarche, car, elle est le fruit d’un esprit façonné par la tolérance, parfois même, en excès. Silmiya, Hadhariya, khawa-khawa. Trois mots propres à l’intelligence humaine, et qui ne font mal qu’aux partisans de la haine envers les autres, et à celui qui crache sur sa propre identité par haine de soi. Et dans les deux cas, Dr Said Sadi pourrait certainement nous aider à trouver le nom exact de la maladie. 

La jeunesse Algérienne n’est pas rancunière, car, elle a surpassé tous les complexes que les despotes successifs voulaient lui ancrer dans son subconscient. Les mouches électroniques et les pays qui les sponsorisant ne font que perdre leur temps et leur argent, car, la détermination est forte. Tout est partie comme une balle sous l’œil d’un bon viseur. Et quelque soit la résistance de l’air et/ou dans l’air, celle-ci ne s’arrêterait qu’une fois la cible serait atteinte. L’obscurité de la nuit du premier novembre de l’année 1954, en est le témoin de la détermination. Et la lumière du jour du 22 février 2019 est la confirmation conforme d’une même équation. Un poète bien de chez nous disait « ô toi, qui marche en pleine nuit, de quoi t’as peur, durant la journée » (Aït Menguellet). Et dans tous les cas, « ’nul ne peut prétendre atteindre l’aube, sans parcourir tous les chemins de la nuit » (Djoubrane Khalil). Et l’endurance est dans les gènes. 

Vous ; qui étiez agent du KGB, saviez certainement ce qu’est une Issaba d’oligarques et leurs puissants parrains, pour l’avoir combattu chez-vous après Gorbatchev et Boris Eltsine. San cela d’ailleurs, la Russie ne pourrait se permettre aujourd’hui de rassembler une quarantaine de pays africains pour discuter partenariat. Nos décideurs ont laissé le champ africain se perdre, parce qu’ils n’avaient pas l’intelligence d’explorer le continent au moment opportun. Et dire que le baril de pétrole faisait plus de 147 Dollars. Pourtant le temps était suffisant (20 ans) et l’argent aussi (1200 milliards de Dollars). Sinon peut-être (?), ils ne voulaient pas pour l’une des raisons d’Etat, qu’une raison raisonnable ne peut comprendre. En Algérie, paraît-il, Edoula mataghletch (le pouvoir ne se trompe jamais). Sauf si leurs marraines ont oublié de les tromper entièrement dans l’eau du fleuve bénis comme la mère d’Achille ; qui malgré tout, a oublié le talon, que le Hirak a su utiliser. 

‘‘Il ne faut pas en vouloir à Dieu, parce qu’il a créé le lion, et le lion est dangereux, il faut plutôt le remercier, pour le fait qu’il ne lui a pas créé des ails’’ (proverbe Russe). Et en ce sens, et de par, votre regard politique dur et empathique à la fois envers le Président du pouvoir Algérien, lors de votre dernier face à face, reporté par votre chaîne de télévision ‘RT’, je crois comprendre, que  l’ancien agents du KGB, et Président redoutable, face à l‘hégémonisme des USA et de l’Europe, que vous êtes, veniez de conclure et de reconnaître au fond de vous-même une réalité, qui risque de vous échapper au moindre faux mouvement de votre part. 

Et quand le Président du pouvoir en Algérie, essaya de vous rassurer sur la maîtrise de la situation sociopolitique en Algérie, sachez enfin, que même si je ne suis pas le porte-parole de mes concitoyens, soyez certain, que personne ne vous en veut en Algérie.

Dites-vous plutôt que votre réaction (spontanée et/ou programmée) a réveillé même les morts de nos cimetières depuis de Massinissa. Ces derniers se sont relevés paraît-il, de leur tombes avec un sifflement admiratif, pour vous dire que les intérêts de votre pays, seraient beaucoup mieux préservés, avec n’importe quelle personne qui se trouve dans les marches du mardi et du vendredi, qu’avec un président que vous veniez de voir finir devant vous, comme une bougie longtemps allumée, face à un vent de contestation populaire qui n’arrive pas encore à l’éteindre.  

Alors, qu’en est-il pour un président potiche qui en sortirait des élections prochaines, pour des raisons que la raison elle-même ignore ? Tant mieux Monsieur le Président de la Russie 

Si vous avez compris ce que je viens de comprendre, tant mieux pour vous Monsieur le Président. Et tant pis pour ceux qui continuent de croire, que le bonheur de leur peuple dépend du malheur du peuple Algérien. Et si vous étiez dur envers Sarkozy en le menaçant de l’écraser s’il ne change pas de langage, naïfs seraient donc Macron, Ben Selman, Ben Zayed ou Sissi, qui rêvent encore d’installer un Président potiche le jeudi 12 décembre, pour faire durer leurs plaisirs au-delà du vendredi 13 ! 

Trois conspirations contre l’Algérie. Mais, comme disait l’autre, « à quelque chose, malheur est bon ». Celle de 1957 a emporté Ben M’hidi et de Abane, mais, la sagesse et la patience ont uni les Algériens pour un seul objectif ; chasser l’ennemi. Et c’est fait ! Celle du coup de force de l’été de l’année 1962 a confisqué cette dernière, encore une fois, la sagesse et la patience ont unis les Algériens pour cesser le fratricide. Et c’est fait !

Et enfin, celle de 1999 qui a vu le parachutage de Bouteflika pour confisquer toutes les libertés démocratiques, généraliser la corruption, pratiquer le népotisme, brader les richesses du pays et faire disparaître définitivement l’authenticité des Algériens ; mais, celle-ci a instruit les Algériens dans leur diversité, sur la nécessité d’installer un Etat civil. « Madaniya Machi Askariya ! ». Ainsi, parlait le peuple.  

Monsieur le Président de la Russie,

Vous savez très bien Monsieur, que l’Algérie est constituée à 75 % de jeunes de moins de 35 ans et que sa diaspora à l’étranger est très dynamique. Le gagnant-gagnant est la seule carte qui vous reste à utiliser, face à la nouvelle génération d’Algériennes et d’Algériens. Et pour rappel/information : ils ont essayé le colonialisme, ils n’ont pas réussi. Ils ont essayé le néocolonialisme, ils n’ont pas réussi non plus. Ils ont essayé les religions politiques, ils n’ont pas réussi. Les politiques religieuses, encore rien ! Et si Moscou ne croit pas aux larmes (titre d’un film Russe), Alger par contre, ne croit plus aux mensonges, ni à la langue de bois des années d’avant la chute du mur de Berlin. Les jeunes algériens d’aujourd’hui, et parmi eux mes Enfants à moi, sont pragmatiques et ne croient plus à l’homme providence. Ni « Fakhamatouhou », ni « Haharatouhou ». « Je n’ai pas d’Amis et je n’ai pas d’ennemis, j’ai des intérêts », disait Churchill. Voila l’Algérie de demain..

Avant de terminer, moi, qui ne suis jamais superstitieux, je vous prie Monsieur le Président de la Russie, de prendre au sérieux mes paroles. Car, « I have a dream », comme Martin Luther King. Figurez-vous, qu’au réveil, vous entendez le chant de coqs. Et c’est exactement ce qui m’est arrivé. Le coq appartient à mes voisins d’en face, qui en savent paraît-il, les secrets de certaines légendes anciennes. Ils m’ont assuré et rassuré qu’il y’a eu passage d’anges au moment du chant, entre ma maison et la leur. Les anges c’est tellement invisible comme créatures qu’il serait impossible au KGB de faire une enquête, pour prouver ses choses d’ordre métaphysique. Et quoi que l’on dise, et quoi que l’on fasse, les mouches électroniques ne peuvent non plus détourner le fleuve de Mimouni. C’est le message des anges qui sont passés tout près de chez moi à la fin de mon rêve, qui me l’avaient insinué, par ce qui échappe même au KGB. Moi qui ne rêve plus souvent…

Et si  vous comptez œuvrer pour des relations honnêtes ‘gagnant-gagnant’, avec les pays africains, alors, vous devriez savoir certainement, que pour garder vos relations avec une nation dont le peuple est aussi patient dans sa réflexion que le peuple Russe (cas de mon pays), sachez que pour changer le logiciel d’application, le Hic aura certainement un coût pour vous personnellement, mais, juste à court terme. Mais, le temps vous apprendra, que cela n’a pas de prix pour nos deux peuples par la suite.

Ceux qui savent comprendront…

Merci Monsieur le Président de la Russie.

Auteur
Dr Madjid. Akkouche, retraité
 

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