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OPINION

Ministre en Algérie ou citoyen en France ? Le choix est clair 

«La patrie est là où on vit heureux». Citation de Voltaire

Cela a été dit, nul ne choisit la famille dans laquelle il naît, le pays dont il sera citoyen, l’époque dans laquelle il doit vivre. Etant tributaire de l’extérieur, l’Algérie est dominée et fragile. Enjeu géopolitique stratégique l’Algérie intéresse.

La France n’est pas venue en Algérie pour la civiliser mais bien pour la militariser et en faire une armée de supplétifs prête à combattre à ses côtés le nazisme, le communisme, le terrorisme. Pour y parvenir, la France a pénétré l’intimité de la société algérienne afin d’en faire un levier puissant de domination et de dépendance.

La France a perdu la guerre par l’épée, elle l’a gagné par l’esprit. Coloniser un pays c’est conquérir son territoire par la force, posséder son corps par la prostitution, occuper son esprit par l’école. La domination des terres s’accompagne de la domination des corps. Il s’agit de s’approprier les corps et les âmes.

La colonisation est une histoire de fantasmes : le harem des sultans arabes, la poitrine nue de la sénégalaise, le pénis surdimensionné de l’homme noir. Posséder le corps de l’autre c’est nourrir son propre narcissisme. 

Ressembler à l’homme blanc c’est accepter de se mettre sous sa domination. Le colonialisme a atteint ses objectifs. Il nous a détournés de la voie de dieu. Nous suivons les pas de Satan. Il a fait de nous des êtres égarés. On rêve de l’ailleurs. 1830, les français débarquèrent en Algérie pour l’occuper. 2030, les Algériens embarquèrent pour la retrouver. 

L’histoire est pleine de surprises. Hier envahisseurs, aujourd’hui envahis, les pays dits « d’accueil » ont essayé toutes les politiques que ce soit de cohabitation, d’assimilation ou d’intégration, aucune n’a réussie. Alors, ils se retournent vers les Etats post coloniaux pour leur ordonner de constituer une « ceinture de sécurité » de l’Europe menacée par un flux migratoire incontrôlé.

Une émigration encouragée par une répression aveugle des autorités et l’absence de perspectives pour une jeunesse désœuvrée. Le mouvement migratoire des peuples  est un phénomène marquant de ce XXIe siècle. 

C’est une revanche de l’histoire des africains dépouillés injustement de leurs richesses naturelles par l’occident triomphant en perte de vitesse vivant de son passé « glorieux », d’un présent tumultueux et pour un avenir incertain. Des populations autochtones à la recherche d’une liberté illusoire et d’un bonheur hypothétique fuyant les interdits de la religion, de la politique et de la pauvreté.

Mais, une fois en contact avec la dure réalité de la société d’accueil et des valeurs qui la sous-tendent, ils deviennent nostalgiques en se chuchotant à l’oreille (pour que les compatriotes restés au bled ne les entendent pas) : « loin de toi je languis, près de toi je meurs ». La France est incrustée dans notre cerveau sclérosé, l’Algérie est vivante dans leur mémoire agitée. Au débarquement des troupes françaises, les premières à s’habiller à la française sont des prostituées algériennes. 

Elles seront les premières indigènes à être infectées de la maladie de la syphilis transmise par les soldats français. 

Ironie de l’histoire, des familles entières envoûtées par l’image et le son, se jettent à corps perdus dans la Méditerranée en brûlant au passage leur « nationalité algérienne » pour rejoindre la France que leurs parents ont combattue. Les martyrs n’ont qu’à se retourner dans leurs tombes.     

Auteur
Dr A. Boumezrag