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TRIBUNE

Nassim Sidi Saïd : le premier pilote africain de la Formule 1 

Le sport automobile suscite admiration, rêve et passion chez de nombreuses personnes. En l’occurrence, la Formule 1 est l’une des activités sportives les plus suivies dans le monde.

Mais force est de constater que les pays du sud de la Méditerranée sont sous-représentés dans cette discipline. Il y a toutefois un bémol à apporter à ce fait. En réalité, des pilotes arabes n’ont intégré la F1 que tout récemment, à partir de 2003. Et le tout premier parmi eux est un Algérien, Nassim Sidi Saïd.

Des bancs de l’université aux grandes pistes du sport automobile

Nassim Sidi Saïd s’est mis à la course automobile par admiration pour l’ancien pilote brésilien Ayrton Senna. Certes, il caressait le rêve de devenir médecin ou astronaute lorsqu’il était enfant. Mais à l’adolescence, il s’est découvert une autre passion : le pilotage de voiture de course. Il termine normalement ses études de commerce et de Sciences-Po à Alger, puis se dévoue au sport automobile. Il effectue sa première course en 1993 à Sidi Bel-Abbès sans avoir reçu la moindre formation.

La détermination du jeune Nassim à côtoyer les meilleurs pilotes de F1 l’amène à s’inscrire dans une école de pilotage en France. Il sera ainsi appelé à participer au championnat de France de formule Renault. Ses performances, au-delà de la moyenne, lui valent une place chez les pros en 1996, à 24 ans.

À partir de ce moment, des sponsors algériens, dont Sonatrach, s’intéressent à lui et il commence par se sentir représentant de l’Algérie. Malgré une convalescence de 4 mois en 1997 due à un accident, Nassim Sidi Saïd parvient à accéder à la formule 3, en 1998. Sa carrière prend alors un nouveau virage.

Débuts en F1 et promotion de la discipline dans les pays arabes

À chaque participation aux courses de F3, Nassim Sidi Saïd tâche de faire bonne impression. De nombreuses écuries ne tardent donc pas à se bousculer à sa porte pour faire de lui leur poulain. L’écurie de course DAS Racing y parvient. Mis dans de bonnes conditions, le pilote se met à gagner de nombreuses courses. Les succès du sportif algérien attire alors des écuries d’un niveau supérieur, celles de la

Formule 1. Il signe un contrat avec Minardi en 2003, dans sa 31éme année.

L’accord trouvé entre Nassim Sidi Saïd et Minardi stipule la participation à des courses de F3 et à des préparations de F1. Ce contrat intervient quelques mois avant l’organisation du premier Grand prix de F1 au Moyen-Orient, en l’occurrence au Bahreïn, en 2004. Minardi fait ainsi de Nassim Sidi Saïd le porte-étendard de la formule 1 dans le monde arabe. Le pilote algérien est aussi chargé de dénicher des jeunes espoirs du sport automobile dans les pays arabes au profit de l’écurie italienne.

Nassim Sidi Saïd prend sa retraite en 2005 mais il ne s’est pas éloigné du monde du sport automobile. Il est actuellement le président d’une société d’événementiel sportif, Sport One, qui organise le championnat national algérien de karting. Premier arabe à chauffer les pistes de la F1, Nassim Sidi Saïd a le mérite d’avoir prouvé aux jeunes arabes qu’ils peuvent également réussir dans la course automobile.

 

Auteur
R. N.