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DECRYPTAGE

Nicolas  Maduro donne le motif pour une intervention militaire américaine

C’est du moins ce qu’on lit sur un Tweet de Mike Pompeo, secrétaire d’Etat américain : «Les Etats-Unis vont passer contre ceux qui s’opposent à la restauration pacifique de la démocratie au Venezuela » et d’enclencher « maintenant, le temps est venu d’agir pour soutenir les besoins du peuple vénézuélien désespéré ».

Certainement, il fait allusion aux heurts qu’il y a eu hier samedi entre les manifestants opposés à la continuité et les forces de sécurité près de la frontière colombienne faisant deux morts selon l’ONG Foro Penal et plus de 300 blessés dont plusieurs colombiens. En effet, les troubles ont éclaté aux frontières avec la Colombie et le Brésil, où les manifestants exigeaient l'entrée dans le pays de convois d'aide humanitaire.

Plusieurs postes-frontière sont bloqués par l'armée fidèle à Maduro, lequel refuse l'aide en dénonçant une tentative déguisée d'intervention américaine. « Ils ont tiré des gaz lacrymogènes, beaucoup, on ne pouvait pas résister, on perdait des forces.

Et alors qu'on essayait de retrouver notre souffle, ils nous ont tiré dessus », a raconté à l'AFP un témoin sur les lieux  lui même, blessé au cours d'affrontements sur le pont Francisco de Paula Santander qui relie la ville vénézuélienne d'Ureña à la ville colombienne de Cucuta, et qui est bloqué par les militaires de la Garde nationale bolivarienne (GNB).Deux camions et leur cargaison de médicaments ont été incendiés peu après être entrés au Venezuela depuis la Colombie, selon les autorités colombiennes qui ont alors ordonné le retour des autres véhicules.

Des journalistes de l'AFP dans la ville frontalière de Pacaraima, au nord du Brésil, ont également vu deux camions chargés d'aide envoyés par le Brésil rebrousser chemin. « Guaido nous a donné l'ordre de préserver les produits. Nous voulons passer de manière pacifique », a expliqué par mégaphone un responsable des opérations. « Notre bien le plus précieux, c'est notre vie, nous ne voulons pas nous faire massacrer ». Un bateau parti de Porto Rico avec de l'aide a par ailleurs rebroussé chemin après avoir reçu des menaces directes de tir de marine vénézuélienne.

Rappelons que l'opposant Juan Guaido, 35 ans, reconnu comme président par intérim par une cinquantaine de pays, avait fixé la journée de samedi comme date-butoir pour la livraison de l'aide humanitaire stockée aux portes du pays. Guaido était passé vendredi en Colombie malgré une interdiction de sortie du Venezuela. Il a assuré que l'armée, pilier du régime chaviste, avait « participé » à sa sortie du pays.

Depuis la ville colombienne de Cucuta, proche de la frontière, il a appelé samedi la communauté internationale à « envisager toutes les éventualités » face à Maduro.

Il a annoncé qu'il participerait lundi à Bogota à une réunion du Groupe de Lima sur la crise au Venezuela, qui comprend quatorze pays d'Amérique, majoritairement hostiles à Nicolas Maduro. De l’autre côté de la frontière, le gouvernement colombien, soutien affiché de M. Guaido, a dénoncé des « violations des droits humains ».

Plusieurs milliers de partisans de Guaido se sont ainsi retrouvés devant l'aéroport militaire de la Carlotta pour appeler l'armée à laisser passer l'aide. S'exprimant devant des milliers de ses partisans,  Maduro a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec « le gouvernement fasciste de Colombie » et donné 24 heures « à l'ambassadeur et aux consuls » pour quitter le Venezuela en lançant:« Dehors, les oligarques » Selon les autorités colombiennes, au moins 60 militaires vénézuéliens désarmés, dont plusieurs officiers, ont déserté samedi et sont passés en territoire colombien où ils ont demandé l'asile.

L'un des militaires s'est présenté comme « le major Hugo Parra », en uniforme de la Force armée nationale bolivarienne. «Je reconnais notre président Juan Guaido et je lutterai avec le peuple vénézuélien à chaque étape », a-t-il déclaré devant la presse.

Cette situation qui se passe dans un pays rentier dont la démarche économique est similaire à l’Algérie devra donner à réfléchir aux tenants du pouvoir pour ne pas pousser le peuple à l’irréparable et savoir partir dignement dans l’intérêt suprême de la nation.

 

Auteur
Rabah Reghis