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Impérieuse culture du terroir 

Nouara, la diva de Fréha !

Nouara fait partie de ces trésors de notre patrimoine admirés de nos artistes les plus prestigieux, à l’image de Matoub Lounes qui l’avait surnommée "la diva de la chanson kabyle".

Même si son parcours est connu de tous, derrière la timide petite femme se cache une rebelle prête à tout pour transmettre son talent, ses messages et ses mélodies, loin des arcanes du pouvoir. Fait rare et méritoire, Nouara n’a jamais accepté les invitations pour célébrer le 1er novembre ou le 5 juillet. Quand un journaliste de la chaîne II la taquine : « Dommage que tu ne sois pas Ouerda ou Salwa, le pouvoir t’aurait réhaussée !», elle se défend du tac au tac : « Je suis contente de moi, je suis berbère et je n’ai pas besoin que le pouvoir me rehausse ! D’ailleurs il n’est pas crédible ! ». C’est dire l’avance de nos artistes sur la société qu’ils n’ont jamais cessé d’éveiller. 
Biographie :

De son vrai nom Hamizi Zahia, Nouara est née le 15 août 1945 à la Casbah d'Alger où sa famille s’était installée. 

Nouara est d'Aït Ghobri. Originaire Azazga, village Ighil Bouzel. Cependant la majorité de sa grande famille paternelle est du village Tirsatine sauf la leur qui est d'Ighil Bouzel, selon nos informations.

Elle fait ses débuts en 1963, en participant à l’émission enfantine de Abedelmadjid Bali où elle fredonne des chansonnettes comme Afus a Lênber, puis à Music-Hall, l’émission Radio de Taleb Rabah où elle interprète les chants de Bali tout en lisant à l'antenne le courrier des lecteurs.

Nouara a été influencée à ses débuts par une grande dame de la chanson kabyle des années cinquante et soixante Ourida (*) : « La voix de Ourida était très belle. J’ai essayé pendant longtemps de l’imiter ».

Sa voix lui ouvre les portes de l'univers artistique de Chérif Kheddam qui lui confie ses textes et ses musiques :

"Un jour, Da Chrif faisait des essais de voix pour plusieurs personnes dont moi pour réaliser des chansonnettes pour enfants. Le lendemain, il m’a proposé la chanson ‘’Ayen ur tezrid’‘ (Ce que tu ignorais) que je dois répéter et chanter devant un grand orchestre. C’était en 1965. »

Elle chante en duo avec Da Cherif, notamment Nemfaraq ur nxemmem (On s’est quitté sans réfléchir), ula d nek yuâr ad ttugh (C’est dur de t’oublier). Nouara chante également avec Farid Ferragui et Matoub Lounès dans les années quatre-vingt-dix. Ses chansons préférées restent néanmoins, selon ses dires, win i tûzadh yejja k iruh , lewjab ik m id yehder yidh et surtout Acewwiq a tin yuran deg ixef iw avec Chérif Kheddam.

Nouara est aussi comédienne. En 1969, elle interprète plusieurs rôles dans les pièces de théâtre radiophonique de la chaîne II où elle animait durant les années soixante-dix l’émission féminine : Urar Lxalat.

Elle se retire de la scène en 2005 puis fait son retour en 2009. Le 26 mai 2012, elle participe au Festival culturel nord-africain organisé à Montréal pour rendre hommage à Cherif Kheddam. Elle donne des concerts à Tizi-Ouzou en 2012 et à Paris en 2014.

Pour la célébrer, nous vous proposons un titre plus que jamais d’actualité "Ak wessiɣ a mmi Ɛzizen" (Prends garde mon cher enfant), suivi de la traduction et de la piste audio-vidéo.

Ak wessiɣ a mmi Ɛzizen

Ak wessiɣ a mmi Ɛzizen

D elƐib ma tettuḍ lasel-ik

 

Ulac wara k iḥesben

Ma ur tessineḍ imawlan-ik

 

Ḥader ak iɣur wi ijaḥen

Ad ttruḥeḍ ur d teǧǧiḍ later-ik

 

Ur bɣiɣ ara ad terfuḍ

Ma hedreɣ-aged ɣef lejdud-ik

 

Esmektaɣ-k id ma tettuḍ

Ahat ak yeɣder iḍes-ik

 

Ettwessiɣ d gek ad tecfuḍ

Ad tteḥkuḍ i weḥbib-ik

 

Arfed leqlam ad ttarud

Ad ttezreḍ d acu ig Ɛeddan

 

Maci d ayen ara temḥuḍ

Maci d ayen yettfakan

 

Win id ilulen as teḥkuḍ

Akken ad yissin wit ilan

 

Ḥader ak yawi waḍu

Lahdur ik nniɣ ad ruḥen

 

D agerruj wur nettfuku

Uqemasen amkan zeddigen

 

Ɣef elssas iṣeḥḥan ebnu

Ma ulac eddarya ixesmen

 

Prend garde mon cher enfant

 

Prend garde mon cher enfant

Ce serait vilain d’oublier tes ascendants

 

Tu n’aurais nulle considération

Si tu ignores tes parents

 

Ne sois pas dupé par l’exilé

Et partir sans laisser de lignée

 

Je ne veux surtout pas t’irriter

Quand je te parle de tes pépés

 

Je te rappelle pour ne pas oublier

Que ton sommeil ne soit pas perturbé

 

Je te conseille pour t’interpeller

Et mettre en garde tes alliés

 

Prend un stylo pour mettre sur papier

Et tout savoir de ce qui s’est passé

 

Des moments impossibles à effacer

Car notre histoire est éternité

 

Raconte à celui qui naît

Pour qu’il sache qui il est

 

Prend garde que le vent ne t’emporte

Que tes mots disparaissent à jamais

 

C’est un trésor inestimable

De leur pureté prend soin 

  

Bâtis sur de solides fondations

Pour éviter la débâcle à tes enfants

(*) https://www.lematindalgerie.com/ourida-miss-printemps-italie-1956

Auteur
Kacem Madani