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REGARD

Ô vous qui parlez au nom d'un peuple ressuscité, par Mohamed Benchicou

Aujourd'hui, 26ème vendredi partagé entre Dieu et l'espoir, six mois jour pour jour, six mois de protestation parmi les plus spectaculaires de l'histoire et, regardez-les bien, ils sont prêts pour six autres mois.

Maintenant qu'il sont revenus de la mort, la vraie mort, pas celle qui vous emporte mais celle qui vous abandonne dans l’illusion de l’existence, la mort insoutenable et invisible qui devient votre triste compagne, quand chaque jour s’annonce comme un supplice et qu’elle, la mort, vous réduit à la supplier de vous arracher à ce monde où vous n’avez plus de place, oui, maintenant qu'ils ont ressuscités, ils ne comptent pas retourner dans ce lointain caveau où gisaient les dépouilles de quelques anciennes espérances.

Ils ne craignent plus d'affronter le Diable en plein jour. Ô vous qui parlez au nom d'un peuple sans voix mais pas sans mémoire, avez-vous mesuré l'étendue de sa colère ? Une colère nue, brute, qu'il est courant, chez nos sots dirigeants, de confondre avec la mauvaise humeur des infortunés, celle que M. Sellal suggérait calmer avec du couscous, la colère que l'on porte, chez eux, de père en fils, de mère en fille, comme un tatouage de parias.

Saurez-vous parler à la hauteur de leur intransigeance ? Cette révolution c'est leur Novembre à eux. Pas le Novembre des commandants auto-proclamés, Novembre des héros bricolés devenus cambrioleurs.

Pas ce Novembre qui a enfanté l'indépendance de quelques-uns, le Novembre qu'on ne commémore plus, celui d'une guerre dont les jeunes ont fini par ne plus savoir si elle avait été gagnée ou perdue, ce Novembre qui a enfanté el issaba, comme ils disent, el faced, autant de termes à la mode, la vilaine mode d'une époque amnésique où l'on assiste à la triste fin des mythes et des mythomanes.

Gardons-nous de rabaisser cette Révolution à ce qu'elle n'est surtout pas, une jacquerie passagère, une mauvaise humeur d'un peuple fatigué. Cette portestation-là est lucide, éclairée, perspicace. Déterminée.

Les manifestants savent parfaitement ce qu'ils veulent. Le pain et la dignité. Le pain et la justice. Le pain et l'identité. Ils veulent renationalser leur pétrole et redonner une ambition à ce pays, ils veulent chasser les indus occupants et retrouver leurs pères et leurs mères, se situer dans leur profondeur historique.

Ils portent les portraits de Lakhdar Bouregaâ, de Messali Hadj, d'Abane Ramdane, de Ben M'hidi, de Ben Boulaïd pour revendiquer la réapropriation de leur histoire, le droit de se reconnaître dans la filiation confisquée, étouffée d'une vieille bravoure.Ils revendiquent une identité historique, éloignée de cette légitimité historique qu'on nous impose comme la justification de leur domination, l'équité sociale, un vrai état de droit, modernité et le retour à leur véritable identité. Oui, c'est d'un nouveau Novembre il s'agit.

D'une reconquête de notre histoire, sans ces amputations que l'on pratique sur la vérité, sans ces procureurs qui caricaturent l'histoire entre traîtres et héros, s'arrogeant le droit divin de dire qui fait partie des uns et des autres. Voilà 60 ans qu'on nous impose un passé qui marche sur une seule jambe.

Qui révélera aux enfants de notre pays qu'ils sont les enfants d'un combat ancien, que la lutte pour l'indépendance n'a pas commencé en 1954, mais en 1923, quand le mot indépendance fut lâché par le couple Messali Hadj - Emilie Buscant. Ce sont toutes ces omissions volontaires qui empêchent l'Algérien de se revendiquer d'un honneur ancien. Ô vous qui parlez au nom d'un peuple rabaissé, avez-vous pris la précaution de soupeser l'immense simplicité  de leurs exigences, de pénétrer dans la richesse de leurs espérances.

Ils ne demandent pas le droit de survivre. Ils réclament le droit de vivre et, voyez-vous, je ne crois pas que vous trouverez des oreilles à la hauteur de la noblesse de leur projet.

Cette révolution n'est pas réductible à des tractations d'apothicaires. C'est un immense projet de société qui est en jeu.

Ne vous trompez pas de finalité : Ce n'est pas d'une sortie de crise dont il est question mais d'une entrée dans une ère nouvelle. Il n'y a aucun compromis possible.

Sans cette détermination, eh bien sans le refus de compromis avec Bouteflika sans le rejet net et brutal des propositions de compromis avec l'ancien chef d'Etat, hé bien rappelez-vous mes amis, hé bien nous serions encore gouvernés par les hommes qui croupissent actuellement à El Harrach.    

Auteur
Mohamed Benchicou
 

Commentaires

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Non Monsieur Benchicou pas de raccourci .Le combat ne remonte pas à 1923 mais à il y a 2000 ans avec Jugurta , Massinissa... puis avec Dihia ( dite Kahina) et Akcel (dit Koceila ) et Tinhinan.... puis avec Ahmed Oulkadi....puis avec l'émir Abdelkader... puis avec Fatma n Soumer.... puis avec EL Mokrani et Ahadad etc... avant d'arriver à Messali ! Ne faites pas comme ceux que l'on veut chasser , de grâce pas vous! Nous avons une touie autre idée de vous. Je suis convaincu que cette Histoire vous la connaissez très bien et certainement beaucoup plus que le peu que je sais. A moins que ma lecture de votre texte n'ait pas été juste

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Aux prisons d'El Harrach mais aussi de Blida Pour les militaires actuels du groupe Gaid Salah.
Leur finalité inrluctable à moins d'autres fins plus tragiques .
Question de temps ok mais aussi de calendrier politique régional après les élections présidentielles tunisiennes et le renvoi aux casernes des généraux Soudanais.
Seule les généraux algériens seront plus nus sur jamais après le refus occidental de l'intermediation des émirs proxénètes des Emirats Arabes Unis pour Gaid Salah je bourricot de toutes les armées Arabes et africaines.
Fin de cette année les imposteurs d'Alger seront la cible prioritaire des puissants de ce Monde.
Déséquilibré le flanc sud de l'OTAN même la Russie et la Chine ne souffleront mot sur tout la Chine et son entreprise délinquante Huwaie qui collabore avec les militaires Pour espionner les algériens et les partis d'opposition.
Il faudrait boycotter toute la game de cette entreprise chinoise annexe des services secrets chinois déjà dans un merdier au Canada.
Calendrier et planning international et fantasmes de Gaid Salah sont Aux antipodes.
L'armée algérienne risque sa destruction et le chaos au sein de ses rangs.
Sont ils sourds et aveugles ?
Ou croient Ils pouvoir croiser le fer avec plus puissants!
Pire le peuple est déjà en conflit avec les généraux prédateurs et dictateurs amateurs de roulement des macanisues avec nos voisins lybiens et Marocains.

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Monsieur Benchicou,
En 2004, durant la publication de votre livre “Algérie: l imposture Bouteflika”, ma mère était hospitalisée à l hôpital Mustapha,je passais les nuits avec elle.Durant la nuit je quittais l hôpital pour quelques instants pour aller prendre un café en face , et ouvert toute la nuit.
Une nuit en me dirigeant vers le café,j ai remarqué un important dispositif policier qui filtrait et vérifiait les voitures.J ai demandé le cafetier,qu elle a été ma surprise d apprendre que le président de la republique essayait de bloquer la parution de votre livre.
L imposteur nommé Bouteflika ,était encore populaire ,de par ses discours prometteurs.Mais cette nuit la j ai compris que ce dictateur n est pas venu pour rétablir la paix et la prospérité comme il le clamait.
J ai été choqué avec un sentiment d iimpuissance, lorsque j ai appris votre emprisonnement.
Vous l homme de la plume,jeté en prison !
Mais comme le destin fait bien les choses , regardez dans quel état et avec quelle disgrâce et déshonneur, il a quitté les règnes du pays qu il dirigeait par coups de corruption,intimidation,et assasinat.Lamentable.
Vous par contre,vous êtes devenu un hero et un symbole pour la liberté et la démocratie.Vous avez retrouver votre gracieuse plume,et c est un plaisir de vous lire .
Je vous dis bon courage,ne vous laisser pas intimider,la victoire est à portée de main.J espère que votre idéologie et détermination enfantera d autres Benchicou qui seront les gardiens de la démocratie.
Je suis à des milliers de kms,mais mon cœur est avec ce grand et historique peuple Algérien ,que dieu vous protège,et vous guide dans le chemin de la liberté .

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Je vous remercie Mr M. Benchicou pour ce texts lumineux et si precis. Il remet toutes les pendules, celles des faux devots aussi bien que celles des faux clercs, manipulateurs de notre passé et de notre present, si magistralement a l'heure.
Je suis certain que ce texts fera date.

Pr Nadji Khaoua
Annaba

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Merci Monsieur Benchicou!
Merci aussi pour le bon dieu et peut-être pour cette mère nature qui par miracle vous tiens toujours debout et surtout lucide pour nous éclairer notre chemin escarpé et plein d'embûches.

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