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L'affaire BRC et Augusta, le PDG de la Sonatrach dit tout

Ould Kaddour: "J'ai été accusé d'espionnage et le DRS a voulu casser Chakib Khelil"

Le très controversé PDG de la Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, a, dans une entrevue accordé au Quotidien d’Oran, répondu à des questions restées jusque-là tabou.

J'ai été accusé d'espionnage !

L'impayable Ould Kaddour explique notamment qu'il a été jugé dans l'affaire de la Sonatrach parce qu'il a été accusé d'espionnage. "J'ai été accusé d'espionnage ! répond-il sur un ton ferme au journaliste du Quotidien d'Oran. "On m'a sorti de prison comme on m'a fait entrer, sans aucun papier, sans aucun dossier", lâche-t-il. L'affaire BRC ? un coup monté contre le vénérable Ould Kaddour ! Là encore il balaye toutes les accusations et s'en prend sèchement au DRS que dirigeait le général Mediene, aujourd'hui limogé. 

BRC "que nous avons créée était, explique-t-il, une entreprise performante, de niveau mondial, elle réalisait des projets complexes dans les délais et dans les coûts, elle employait 2.000 ingénieurs et techniciens algériens, en majorité des jeunes, on travaillait dans un cadre super sophistiqué, on avait déjà l'open-space".

Ould Kaddour ajoute ensuite que "BRC avait construit le centre de criminologie de Bouchaoui, le siège du ministère de l'Energie, les hôpitaux d'Oran et de Constantine, le centre d'expertise et des grands brûlés de Aïn Naadja (...). "On traitait de gros projets, qui dit gros projets, dit grosses sommes d'argent, on nous en voulait, les tentations" accuse-t-il sans jamais se départir de son sourire. "J'ai été jugé pour espionnage alors que BRC avait construit le siège de l'état-major de l'armée ! N'est-ce pas contradictoire ?", pouvait-on lire sur l'article du Quotidien d'Oran.

On a voulu casser Chakib Khelil

Ould Kaddour ne ménage pas l'ancien organe du DRS. Il l'accuse d'avoir voulu casser l'ex-ministre de l'Energie, Chakib Khelil. "L'affaire BRC, estime-t-il, est "une affaire compliquée, scabreuse". Le PDG de Sonatrach reste convaincu qu'"elle a été diligentée pour casser Chakib Khelil". Ajoutant : "Chakib Khelil n'a jamais accepté que le DRS s'implique dans la gestion des entreprises affiliées à Sonatrach encore moins dans son ministère", affirme-t-il. Il regrette que "BRC ait été fermée en mettant dehors 2.000 compétences algériennes (...)C'est un véritable gâchis !" lit-on encore. Voilà comment on absous d'une simple déclaration Khelil et on met en accusation le DRS. Magistrale manoeuvre !

L'achat de la raffinerie d'Augusta

Ould Kaddour s'explique également sur le choix que la Sonatrach a pris de ne pas raffiner son pétrole. "Peut-être qu'avant, il n'y avait pas eu de responsables qui avaient le courage de prendre la décision de raffiner en Algérie", pense-t-il. Aujourd'hui, il soutient vouloir "inverser l'équation le plus rapidement possible". Le PDG de la Sonatrach s'est exprimé sur l'achat de la raffinerie italienne Augusta alors que "même des étrangers ont recommandé de ne pas l'acheter". Et de dérouler son CV et ses compétences pour justifier cet achat : "J'ai passé 25 ans à étudier, je suis diplômé en génie chimique de l'Ecole nationale polytechnique d'Alger, j'ai fait MIT (Massachussets Institut of Technology), Harvard University (...), avec toutes les écoles que j'ai fréquentées, on vient me dire aujourd'hui n'achetez pas ! De quoi se mêlent les étrangers ? On est des professionnels !", s'agace-t-il.

Ould Kaddour explique à propos de la procédure d'acquisition d'Augusta qu'"on était sur une compétition, ce n'est pas le gré à gré, c'est un processus concurrentiel, on s'est dit que pour construire une raffinerie neuve, il faut 5 milliards de dollars et ça nous prendra 5 années, on a refusé de faire des calculs d'épicier", justifie-t-il. Et de confirmer que "le prix d'acquisition d'Augusta est 700 millions de dollars".

Le gaz de schiste

Concernant la question épineuse des gaz de schiste, Ould Kaddour a manifestement pris sa décision. La preuve ? Il soutient que la l'Algérie est "la 3ème réserve mondiale, ce sont des professionnels qui en ont fait l'évaluation" et promis aux jeunes d'In Salah de les emmener avec lui" en Argentine, au Canada, aux Etats-Unis pour leur montrer que le gaz de schiste, ce n'est pas un poison". Comme si, pour prendre une décision aussi stratégique, il fallait juste emmener en balade une poignée de jeunes locaux pour leur en mettre plein les yeux. L'argument est trop court.

Et de faire la surenchère : "La balle est dans leur camp (des jeunes) et qu'ils doivent choisir entre eux, ceux qui devront partir pour que l'ensemble du processus d'exploitation du gaz de schiste leur soit expliqué". Déjà cinq associations constituées en forum social ont donné leur réponse négative à ce marchandage.

Auteur
B. Karima