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Polémique

Ould Kaddour se contredit sur l’achat de la raffinerie d’Augusta

Abdelmoumène Ould Kaddour, PDG de  Sonatrach, n’arrête pas d’étonner l’opinion publique  par ses sorties intempestives. En effet, lors de sa visite ce début de semaine à Annaba dans le complexe Fertial, il a animé une conférence pour exposer comme il l’a déjà fait dans les autres structures du groupe Sonatrach les grands volets de son mégaprojet : Sonatrach SH-2030.

Il a insisté cette fois-ci sur le côté E-learning qui semble selon ses propres déclarations «un système et un outil de travail extrêmement importants devant permettre de développer la formation continue du personnel.» Il a fait l’éloge du secteur de transformation qu’il a jugé très rémunérateur et que sa stratégie d’ici 2030 ne manquera pas de développer. Il annonce même que le groupe qu’il vient de prendre en charge est en négociation avec un partenaire pour pouvoir, avant la fin de l’année, signer un contrat pour la réalisation d’un projet intégré qui va de la mine (Djebel El-Onk) jusqu’au port d’Annaba en passant par Souk-Ahras et Skikda».

Jusqu’ici, il était dans son rôle d’annonceur sur le long terme pour selon toute vraisemblance gagner du temps. Il le fait là où il passe : Hassi Messaoud, Oran, dernièrement à Boumerdes par exemple, il disait que Sonatrach compte sur l’IAP pour former 40000 ingénieurs et techniciens, un concours même est déjà lancé et qui semble créer une panique chez les jeunes en quête d’un emploi. Mais là où il a surpris tout le monde, c’est lorsqu’il a abordé le sujet de la réhabilitation de la raffinerie de Sidi R'Zine à Baraki (Alger).

Il a jugé ses prédécesseurs et donc indirectement son ami Chakib Khelil d’avoir fait "une bêtise de prendre une décision de sa rénovation". 

Il reste incontestablement convaincu et affirmatif sur cette bêtise qu’il ne fallait pas faire. Pour lui "retaper une vieille raffinerie qui était dans un état lamentable n’était pas la bonne solution. Il était plus rentable socialement et économiquement d’en construire une nouvelle et cela aurait été beaucoup moins cher, il fallait pas non plus arrêter la réalisation en cours pour avoir supporter un surcoût de plus de 1 milliard de dollars".

Plus grave, il le fait, sans se rendre compte certainement car il justifie tout cela par son choix de l’acquisition de la raffinerie d’Augusta en Sicile.

Pourtant, cette dernière, veille de 70 ans est aussi dans un état plus lamentable et reconnue par tous les experts comme une arnaque qui ne dit pas son nom sans compter les sommes modiques qu’il compte gagner sur la facture d’importation. En effet, la consommation  tous types de carburant confondus dépasserait les 17 millions de tonnes et ce n’est pas les augmentations contenues dans les dispositions de la loi de finance complémentaire pour  2018 qui vont l’arrêter puisque près de 70% du déficit concerne les gas-oil destinés en majorité aux industriels et transporteurs qui vont les répercuter sur les citoyens.

On est donc en droit de se demander si ce PDG, ne joue-t-il pas de l’amertume des Algériens ?

Auteur
Rabah Reghis