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Hommage à Tahar Djaout fauché par les ennemis de la création artistique

Oulkhou, l’infatigable Vigile

ô Oulkhou !

Que tu es beau comme Tahar !

Ton nom se confond avec le Sien.

Oulkhou, tu m’invoques plusieurs noms à la fois.

 

Djaout Mahfoud Boucebci Smail Yafsah, Mekbel, Matoub et autres…

Ton nom est viscéralement indissociable de celui de Tahar

Vous vous ressemblez tellement que les gens vous confondent.

 

Symbole d’une union parfaite

Une fusion divinement réussie

Une relation à la Pygmalion.

 

Un nom aussi beau que le tien Tahar

Associé à la symphonie des lettres de ton village

Ne peut être qu’un exemple

D’une histoire d’amour.

 

Une histoire d’amour entre un homme et son origine

Entre une plume et son plumier

Entre un écrivain et l’écriture

Entre un poète et la muse

 

Entre un artiste et la peinture

Entre un enfant et l’innocence

Entre un journaliste et la vérité.


 

Oulkhou,

Les six lettres qui composent le nom de Djaout

Résonnent encore dans tes hauts plateaux

Et quand elles parviennent dans nos tympans

Ravivent le foyer de nos émotions

 

Poignardent nos cœurs saignants

Encore béants.

La cicatrice de ta disparition Tahar

Est toujours ouverte.

 

Elle refuse vivement et obstinément de se refermer

Tant que la vérité sur ton assassinat n’est pas révélée

Tant que le sang de tes confrères continue de couler

Tant que l’idéal de ton combat est toujours martyrisé

 

Oulkhou,

Je t’ai découvert,

Comme j’ai découvert l’écriture de DJAOUT.

Tes hauts plateaux n’en finissent

De m’ensorceler.

 

Le premier regard que j’ai posé sur ton paysage si beau

Me rappelle la beauté et la sobriété

De l’écriture de Tahar qui n’en finit pas de me subjuguer

 

Ô Oulkhou !

Tu symbolises trop de choses pour moi…

Ton nom c’est aussi celui de la résistance ancestrale.

 

Tu n’en finis pas de nous donner

Les meilleurs pour continuer à relever le défi

Et attiser encore le flambeau de la résistance.

 

Oulkhou,

Tes vallées ont déjà connu l’horreur de la Guerre

Tes vallées n’en finissent pas de résister…

Du Flambeau de Novembre

À celui d’Igoujdel.

 

Que si magnifique et beau d’y naître

D’y vivre et d’y mourir !

Sur ta terre Oulkhou, l’enchanteur !

 

Tu es fait pour séduire les amoureux

Et pour résister si l’on vient agresser tes enfants

Et atteindre ta dignité

L’impardonnable et indomptable relief !

 

Oulkhou !

Combien de gens te supplient pour leur faire place

Parmi les Tiens !

Que peut-on espérer de mieux

Que de se reposer éternellement

Sous un olivier et un figuier comme Tahar ?

 

Sur un rocher survolant toute la Kabylie

Le regard projeté loin dans la Méditerranée

Un lieu divinement paradisiaque

Offrant les plus beaux et ensorcelants spectacles de la nature

 

Le lever et le coucher du soleil

Deux très magiques moments

Ponctués par la symphonie

De l’orchestre des oiseaux

Inspirant ainsi l’envie d’aimer

De vivre pleinement et de rêver.

 

L’envie de donner un nom à cette Beauté

L’envie de dire que mon pays c’est l’Algérie

 

Ô Oulkhou

L’invincible rocher,

Tu demeures toujours résistant et indétrônable

Malgré les déchaînements des marées.

 

Le regard serein porté loin vers l’horizon

Tu n’en finis pas de harceler l’immensité de la mer

Où ton regard se laisse emporter et se dépayser

 

Se laissant ainsi emporter par le cyclone amoureux

Encore une belle histoire d’amour

Entre l’invincible rocher et l’indomptable mer !

 

Ô Oulkhou !

L’infatigable Vigile

L ‘incorruptible gardien de la mémoire.

Oulkhou,

Tes vallées qui tiennent de celles de la Soummam

Inspirent le courage et la résistance

La grandeur de l’Âme.

 

Tes vallées aux chemins qui montent de

Da L'Mouloud Feraoun

Chemins qui mènent vers les grandes valeurs

Valeurs républicaines ancrées à jamais

Dans la mémoire de Novembre

Dans le palimpseste de la Soummam

Valeurs gravées par le sang des martyrs de la Liberté.

 

Des chemins qui mènent vers la vérité

Que refusa de taire Smail Yafsah.

 

Des chemins qui montent à la Colline oubliée

De Da L'Mouloud Mammeri

Des chemins qui mènent à la maison de Nedjma

De l’immortel Kateb Yacine

 

Des chemins qui mènent au village de Kenza

Du grand rebelle Lounès Matoub

 

Des chemins qui mènent à

La patrie de Ben M’hidi, Abane

Amirouche,  Ben Boulaïd, Didouche

Djamila Bouhired.

 

Des chemins qui mènent au

Mémorial des grands noms

Qui ont fait l’Histoire de l’Algérie

Mémorial inauguré par de grands symboles

De la résistance et de l’insoumission

Dihya et Fadhma n’ Summer

 

Oulkhou,

Toi qui as vu naître Tahar

Et l’as bercé dans tes bras généreux et protecteurs

Toi qui l’as vu grandir

L’as vu ensuite partir loin de toi

 

Pour le revoir enfin parler de toi dans ses livres

Une idylle entre un homme et son village

Comment ressens-tu toute cette reconnaissance ?

Qui mieux que toi pour nous parler de Djaout ?

 

Parle-nous de votre histoire d’amour

De vos liens charnels et de vos passions

Fais-nous don du secret de l’œuvre de ton fils

Toi qui entretiens une relation ombilicale avec lui

 

Ô Oulkhou !

J’ai quelques questions à te poser

Je m’excuse si je suis trop abrupt

 

Si j’ose offusquer ta sensibilité

Si je persiste à m’appuyer encore

Sur la plaie béante

 

C’est plus fort que moi

Moi aussi je suis harcelé

Par l’urgence de te questionner

Parce que tu es porteur d’une mémoire ancestrale.

 

Oulkhou,

Maintenant qu’on a tué Tahar

Peut-on t’arrêter d’en faire d’autres ?

La voix de DJAOUT est-elle à jamais mise au silence ?

 

Peut-on vraiment bâillonner une voix

Hurlant sur tes montagnes ?

 

Oulkhou,

L’Éternel perturbateur

Tu ne veux ni dormir ni laisser dormir les autres

La première fois que je t’ai vu

J’ai associé ton nom à celui de la Résistance.

 

Auteur
Omar Tarmelit
 

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