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TRIBUNE

Ouyahia : Gluglu et la légende de l'os doré

Les fourberies politiques passent toujours par un blagueur et se terminent chez monsieur arrogance. L’air sérieux de monsieur arrogance cache le visage de la politique vilaine. Dieu merci le hirak a mis fin à ce folklore. Je continue mon texte par un proverbe bédouin car les versets coraniques ne font plus leçons chez certains types de politicards flou-flou.

Ce proverbe est une bonne leçon de morale pour monsieur Ouyahia « Mieux vaut être humble et modeste que d’être dans la peau d’un arrogant qui négocie son butin avec des brigands en fin de carrière ». La politique rationnelle nous démontre que l’arrogance précède la ruine comme l’orgueil précède la chute.

Ce que monsieur arrogance racontait au tribunal, le 9 janvier, a provoqué choc et dépression au sein de l’opinion. Ces propos ressemblent aux histoires de la série des dessins animés les Pyjamasques. Ces bavardages circulent à la vitesse de la lumière à travers les masses médias et ruisseaux sociaux. Ils ont fait le tour du monde. Ouyahia voulait justifier ses actes par les arguments gratuits et avilissants. Les paroles d’Ouyahia imagent la fonction du khaznadji durant la décadence de l’empire Ottoman ! Quelle honte ! Et dire que certaines langues fourchues parlaient de monsieur fait-tout comme président successeur de monsieur connait-tout.

Rappelons au lecteurs la politique d’Ouyahia des années 1990 qui a mis des cadres innocents en tôle. Ouyahia soutenait la politique de l’exclusion de Chakib qui a mis à la retraite les cadres capables et compétents de la Sonatrach à l’âge de 50 ans. Certains de ces cadres sont consultants chez des compagnies pétrolières étrangères travaillant en Algérie.

D’autres ont mis leur gandoura de hadj et pris leur sebha (chapelet). Ils répètent à longueur de journée cette prière « Que Dieu protège notre cher pays des malfaiteurs. » Ils attendent la fin de leur vie dans une Algérie détruite par la démagogie et l’esprit oligarchique. Depuis leur départ l’Algérie importe le mazout, le bitume et l’essence !

Justifions le titre de ce texte. Sous leur physionomie dissimulée, les trois malfaiteurs Yoyo, Bibou et Gluglu procèdent des superpouvoirs. Gluglu, tel un lézard, s’accroche à n'importe quelle surface et soulève de lourdes charges d’orées avec ses « Mega-muscles ». Bibou, comme un hibou, peut voler et survoler grâce aux ailes de sa gandoura. Bibou peut provoquer un vent politique violent grâce à son pouvoir nommé « Bibou-Toubou ». Quant à Yoyo, comme un chat, il retombe toujours sur ses pattes quand il saute du septième étage. Il est spécialiste blagueur et raconte n’importe quoi sous son bonnet de clown sérieux.

Dans la légende de l'os doré Yoyo, Gluglu et Bibou sont en aventure. Quand sonne minuit, Yoyo, Gluglu et Bibou enfilent leurs costumes spéciaux. Ils deviennent les Pyjamasques et errent dans la nuit pendant que les citoyens sont dans leurs lits. Dotés de pouvoirs particuliers, les trois inséparables vivent des aventures extraordinaires. Ils vendent des lingots d’or au marché noir, signent des contrats d’investissement fantômes et vendent des postes de députés et sénateurs aux mieux-disant. Yoyo, Gluglu et Bibou représentent le model de trois chefs de gouvernement sous la gouvernance du roi Fakhamatouhou dans les iles des miracles. Ce texte parle de l’histoire de Gluglu. Les prochains textes parleront de Yoyo et Bibou.

Gluglu fait la politique et montre un air de faut sérieux. Ses discours sont alarmistes et font peur. Je l’ai crossé, en 1984, à New York quand il travaillait à la direction de la Mission permanente de l’Algérie aux Nations unies à New York. A cette époque, Gluglu aimait les haricots blancs en soupe préparée aux pattes de veaux.

En septembre 1992, il est envoyé comme ambassadeur au Mali. En 2015, les langues fourchues le présentent comme le principal animateur du lobbying anti-français exigeant une repentance de la France pour « les crimes de la colonisation. Ces langues oublient qu’en 2012 le président français, Nicolas Sarkozy a eu droit à un cadeau de Gluglu.

Au lieu de réclamer de la France de reconnaître ses crimes commis en Algérie, Gluglu s’est attaqué à la Turquie et son premier ministre Erdogan qui a dénoncé les boucheries commis en Algérie par la France coloniale. Dans une intervention dans son parti, Gluglu s’adresse aux turcs « Nous disons à nos amis (turcs) de cesser de faire de la colonisation de l’Algérie un fonds de commerce ». Après avoir interdit aux Algériens de parler de l’histoire de leur pays, Gluglu veut interdire aux autres peuples de se référer à l’histoire algérienne!

Nous sommes en 2017, Gluglu change de stratégie. Tous les algériens se souviennent du fameux discours de Gluglu devant le Sénat. Gluglu, dresse un tableau noir de l’économie et justifie le recours au financement non conventionnel. Séduit par l’efficacité de son projet, il déclare « Sans intervention de la Banque centrale, d’ici le mois de novembre, l’Etat ne pourra plus payer les salaires … Il faut être franc en disant que, d’ici novembre, sans financement non conventionnel, toute l’économie algérienne s’arrêtera brutalement ». Gluglu a choisi les termes les plus alarmistes pour justifier le recours à une mesure extrême comme la planche à billets… Son histoire du couteau a atteint l’os n’était qu’un petit mensonge. Aujourd’hui le peuple découvre que cet os était un os doré !

Gluglu me rappelle Julio et son histoire de cambriolage. Une histoire fascinante que j’ai lue dans un journal américain. Lisons l’histoire Julio et faisons un constat politique de Gluglu. Julio fait partie d’une certaine classe de délinquants de petit brigandage ne programmant pas de grand vol mais saisis les opportunités de cambriolages faciles, et la chance va lui sourire.

En effet, il se trouve qu’un camion blindé va être sans surveillance l’espace d’un instant. Ne se faisant pas prier, Julio dérobe discrètement un sceau lourd de presque 40 kilogrammes. Ce n’est qu’en rentrant chez lui qu’il se rend compte de la fortune de son butin. Plus d’un million et demi en dollars entre ses mains. Il s’empresse évidemment de s’en débarrasser sur le marché noir au 3/4 du prix normal. Le voilà avec 1,2 millions en liquide, mais il ne peut pas rester où il est, commence alors sa fuite.

Après s’être occupé du stockage, il s’en va vers la Floride. Se rendant compte qu’il ne pas juste prendre un vol allé simple… road trip vers Los Angeles donc. Il y demeura un peu plus longtemps mais ne peut s’y attarder non plus. Grâce à de multiples passeports volés, fausses identités, il parvient à revenir dans son Équateur natal.

Sauf que son erreur principale il l’a commise au début, car la personne à qui il a confié la gestion de la plus grosse partie du butin s’avérera pas fiable, malgré le fait que c’était sa « fiancée ». Non seulement il ne touchera jamais tout le cash, mais en plus il sera rattrapé par la justice.

La différence entre Gluglu et Julio est grande. Julio est un jeune délinquant. Gluglu est un adulte politicard très conscient. Julio ne pensait pas que le sceau volait contenait des lingots d’or. Gluglu savait que son coffre contenait des lingots d’or. Gluglu a reçu ses 60 lingots d’or entre 2014 et 2018, à l’époque où il était directeur de cabinet à la présidence de la République, puis Premier ministre. Comme Julio, Gluglu avait proposé ses lingots à la Banque d’Algérie en échange d’une compensation financière. Sa proposition a été refusée.

En conclusion : le jeune Julio a cambriolé un camion banque et l’adulte Gluglu a vidé le trésor public. Images confondues, Gluglu et Julio ont vendu leurs marchandises au marché noir. Chance ou coïncidence. Julio était trahi par sa fiancée alors que Gluglu a trahi la confiance du peuple.

Auteur
Dr Omar Chaalal