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DECRYPTAGE

Panel : pourquoi, dans le choix des 6, la dérobade saute aux yeux ? 

Est-ce consciemment ou inconsciemment ? Difficile à dire,  mais il existe bien dans ce choix des six personnalités des motifs suffisants pour que le mouvement de dissidence national s’en méfie comme il l’a ouvertement exprimé ce 23e vendredi. 

En effet, des 13 personnalités proposées par le Forum de la société civile, deux se sont volontairement retirées pour chacune son argumentaire mais 11 n’ont pas refusé dont un ancien premier ministre et Taleb El Ibrahimi qui a salué pour sa part l’initiative. Pourtant, dans la liste rendue publique par la présidence jeudi dernier, c’est deux anciens du système qui  y figurent : l’ancien président de l’Assemblée générale populaire de 2002 à 2004 sous la bannière du Front de la libération nationale (FLN) dont le secrétaire général, était à l’époque Ali Benflis. Il a occupé aussi le poste de secrétaire d’Etat et même ministre de la Formation professionnelle sous le règne de Bouteflika. 

En prenant la parole pour  lire le communiqué final de l’entretien que ce panel a eu avec le chef de l’Etat, on devine clairement que la présidence de cette instance lui est confiée de facto. Le deuxième ès-qualités a été choisi par Bouteflika lui aussi pour faire partie du conseil de la nation dont on connaît le rôle et la composante. Pour le reste, mise à part la constitutionaliste Madame Fatiha Benabbou, dont la constance et le professionnalisme ne l’a pas quittée dès le début de la crise, les autres ne sont aucun cas des figures de la contestation ou du moins leurs noms n’émergent pas du mouvement de dissidence citoyenne.  Il est clair, il faut le reconnaître qu’Abdelaziz Rehabi, Karim Younes, Ali Benflis et bien d’autres ont eu une divergence avec Bouteflika dans sa façon de conduire les affaires du pays, mais cela ne veut pas dire qu’ils rejettent le « système » et l’ordre établi dont ils sont issus. Or, le mouvement de dissidence populaire humilié par un régime anticonstitutionnel, veut en finir avec cet ordre une fois pour toute. 

L’entêtement du pouvoir de vouloir désigner des personnalités qui ont profité et peut-être profitent encore de ce système montre clairement une volonté d’assurer sa survie coûte que coûte. 

Une des personnalités choisie, en occurrence Smaïl  Lalmas, s’est empressée le jour même à faire une déclaration surprenante à la télévision El Chourouk News en répondant à la question  du journaliste « pourquoi est-il aller discuter avec Bensalah, fortement contesté par le Hirak ? ». Il répondit qu’il n’était pas présent dans son panel pour admirer les locaux de la présidence mais qu’il était parti pour demander au chef de l’Etat de « céder le pouvoir ». Il espérait, selon toute vraisemblance que les citoyens vont le croire. Pourquoi ? Juste après leur brève visite et le refus politiquement correct de Bensalah à leur septième préalable, celui du départ du gouvernement Bedoui qui restera, lit-on, «soumis à une lecture approfondie sur le plan des contraintes constitutionnelles», mais qui «ne saurait tarder à trouver une issue conforme à la volonté populaire», un communiqué de la présidence a rendu publique la liste de ce panel qui lit-on a été chargé de mener le « dialogue national inclusif » dont le chef de l’Etat avait d’abord défini le contenu et a balisé les contours dans son discours à la nation à la veille du 5 juillet dernier à l’occasion de la fête nationale de l’indépendance.  Le communiqué disponible dans le site de la présidence dit que « le chef de l’Etat a reçu ce jour » en citant les six personnalités sans préciser s’il avait répondu à une demande d’audience formulée par les intéressés eux-mêmes ou une invitation par la présidence suite à un choix délibéré. 

Rappelons que c’est le président du Forum de la société civile pour la changement, Abderrahmane Arar, qui avait dévoilé la semaine dernière , une liste de 13 personnalités nationales, proposée par le Forum, pour mener la médiation et le dialogue avec la participation de tous, sur les propositions politiques pour une solution à la crise que vit le pays, et ensuite, tenir une conférence nationale inclusive pour adopter les résultats du dialogue assortis de garanties et un engagement à les mettre en œuvre.

Or, ce forum composé de plus de 70 associations qui ont bien réussi à évoluer dans l’ancien système, était bien présent lors du Forum national pour le changement qui s’est tenu le 6 juillet dernier sous la coordination de l’ancien ministre et ambassadeur Abdelaziz Rehabi qui a confirmé à l’issue de cette rencontre « que des contacts sont en cours pour faire adhérer d’autres voies ». Pourquoi alors le Forum de la société civile aurait choisi seul ces 13 personnalités ?  Autant de questions qui ne sont pas de nature à créer un climat de confiance pour entamer un dialogue sérieux.

Auteur
Rabah Reghis
 

Commentaires

Permalien

La France accompagne l'Algérie pour la gestion de la crise qu'elle vit a dit un certain Emmanuel Macron.
Comme la crise des gilets jaunes, Macron a fini par ne rien ceder et les choses sont tel qu'elles!
En clair, on dialogue mais les décisions sont prises et RIEN ne changera: il en est ainsi de ce pseudo théatre de panel, de ses prérogatives, de ses futures négociations et futures conclusions- circulez! il n'y a rien à changer- j'y suis (le pouvoir), j'y reste!
Les jeux sont faits et rien NE CHANGERA dans ce cas de figure.
Solution: continuer le HIRAK et surtout déclnecher une GREVE GENERALE.

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