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DECRYPTAGE

Pourquoi Attar fait fausse route dans son analyse sur l’avenir du gaz  (I)   

Parce que son analyse (01), au demeurant  fortement documentée s’appuie sur deux « fausses hypothèses ».

La première est celle d’avoir fondé son approche sur la problématique des perspectives du marché du gaz sur deux « affirmations » d’acteurs pétroliers, l’une américaine, très optimiste du président directeur général (PDG) d’ExxonMobile et l’autre de celui de la française Total plutôt pessimiste.

La deuxième hypothèse serait sans aucun doute les chiffres statistiques avancés qui font référence soit aux différents rapports de l’Agence International de L’Energie (AIE) ou Energy Information Administration (EIA), la Statiscal Review of World Energy de British Petroleum accessoirement d’autres analyses exprimés par diverses rapports dont celui de la nation unis,(CNUCED)  de l’International Gas Union (IGU) dont il pourrait être en relation en tant président de  l’Associations Algérienne du Gaz (AIG). Le premier pilier sur lequel s’appuie cette observation n’a aucun caractère scientifique, puisqu’en général il s’adresse à ses actionnaires en fonction du contexte.

L’Institut d’Analyse Economique (02) dans sa dernière étude parue en février 2020 bien après l’apparition du coronavirus dans de nombreux pays a jugé chiffres à l’appui que les sociétés pétrolières « versent » aux investisseurs des dividendes bien au-delà de leurs moyens.»

Pour satisfaire leurs actionnaires non seulement, ils sacrifient leur trésorerie mais préfèrent s’endetter pour les conserver. ExxonMobile par exemple (03) en dépit de la chute des  prix du baril de pétrole en 2014, son dividende sans compter les exceptionnels et les split est passé de 2,46 milliards de dollars en 2013 à 2,88 milliards de dollars en 2015  pour atteindre 3,43 milliards de dollars en 2019.

Avec pratiquement l’arrêt complet des activités de la multinationale a cause de la crise sanitaire qui a touché le monde entier elle le prévoit quand même à plus 1,74 milliards de dollars soit prés de 3,48 dollars par action. Il y a une vingtaine d‘année, on interrogeait son ancien PDG sur la productivité du travail et les schèmes motivationnels qui la sous-tendent, il répondait « en ce moment, les psychologues industriels ont établi que l’homme pour travailler, il faut qu’il soit heureux, nous faisons tout pour qu’il le soit » Entendu pat là que si un chercheur démontrerait le contraire, on reviendrait à l’ère esclavagiste pour faire de ce travailleur un malheureux. Comment avec une telle mentalité peut-on prendre en compte une affirmation mercantiliste pour construire un raisonnement en perspective crédible ? 

Quant à l’affirmation Patrick Pouyanné, effectivement un peu alarmiste, mais en cohérence avec la stratégie de son pays qui est la France qui compte par le biais de Total le tout électrique à long terme. Par contre, ailleurs en Afrique, elle rafle le GNL pour son stockage dans le cadre de la transition énergétique 2040 initiée par l’ancien ministre de l’écologie Nicolas Hulot, échéance durant laquelle aucune voiture française ne roulera en diesel mais le tout  éclectique à partir d’une transformation thermique du gaz que Total compte stocker.

Tout cela, montre incontestablement que Total  qui se dit selon son PDG « Notre nationalité existe. Nous sommes la seule major non anglo-saxonne. La France est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Et notre activité de gaz et de pétrole est vue par les pays producteurs comme un domaine de souveraineté. Total participe aux relations qu’entretient la France avec ces pays tout en bénéficiant de celles-ci », Elle se comporte en France dira le chercheur Alain Denealt « comme un gouvernement bis » bien qu’elle soit dirigé par un actionnariat international pour lequel cette France n’est qu’un espace parmi tant d’autres.

Cependant, Si elle est généreuse dans les dividendes qu’elle distribue à ses actionnaires dans le monde lorsqu’il s’agit des contrats en Afrique, c’est à l’Elysée que cela se passe. Ce coup d’envoi a été donné bien avant  avec des intentions tout à fait claires et sans ambiguïté lors de son passage à Moscou en 2014. 

En effet, lors de sa rencontre à peine un mois après l’accident mortel de son prédécesseur  soit en novembre 2014 avec Vladimir Poutine, il disait « Même si Total est une société privée, mais c'est la plus grande entreprise française et elle représente d'une certaine manière le pays lui-même », et de  poursuivre, en promettant de faire « tout son possible » pour contribuer à améliorer les relations entre les deux pays au plus bas en raison de la crise en Ukraine. »   A suivre                                                                                                   
Rabah Reghis

Revois

(01)-https://www.lesoirdalgerie.com/contribution/le-gaz-naturel-face-aux-mutations-du-secteur-energetique-et-du-marche-mondial-44122

(02)https://www.novethic.fr/actualite/finance-durable/isr-rse/les-couteuses-strategies-des-majors-petrolieres-pour-continuer-d-attirer-les-investisseurs-148198.html 

(03)-https://rendementbourse.com/xom-exxon-mobil-corporation                                                                                     

                          

 

Auteur
Rabah Reghis