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DECRYPTAGE

Pourquoi l’Algérie doit blacklister ses relations commerciales avec le Liban ( I) 

C’est la première fois dans l’histoire des relations algéro-libanaises, cette nation que le gouvernement libanais semble s’enliser dans une affaire banalement commerciale pour rentrer dans le jeu paradoxal pervers d’une dynamique politicienne afin d'entraîner malgré elle l’Algérie dans une sombre affaire politique.

La députée libanaise d’origine arménienne qui a fortement médiatisé cette affaire dite « de fuel frelaté » fourni par Sonatrach à une entreprise libanaise, avait proposé, rappelons- le la création d’une commission d’enquête parlementaire pour examiner de prés cette affaire.

Seul, selon elle (01) « le parlement pourra tirer cette affaire au clair » Elle justifie avec insistance cet appel pour le simple fait que la justice libanaise est « politisée » et reste un instrument entre les mains de clans, elle est « dépendante ». Pour elle, ce dossier qui sert de diversion pour certaines parties au pouvoir sera « jeté aux oubliettes » dés que l’objectif recherché sera atteint insinuant par là même s’il faudrait souiller la réputation d’un pays frère comme l’Algérie. Elle reste convaincu que cette relation est « maffieuse des deux côtés »

1- Cette députée n’a pas tort car c’est un ministre libanais qui a politisé cette affaire

Une affaire qu’on tente de faire passer depuis le 27 avril dernier comme une simple affaire commerciale, voire banale semble progressivement  prendre une allure politique qui selon toute vraisemblance touche directement l’image de marque du mastodonte Algérien, pourtant réputé fournir  des produits de qualité sinon tiré vers le bas par certains « pillards » recrutés ces 3 dernières années pour lui porter des coups de poignards dans le dos et le plus grave dans l’impunité totale (02).

Ainsi, le journal libanais El Akhbar(03) dans sa livraison  du 5 mai 2020, rapporte que le gouvernement libanais à convoqué 3 anciens ministres pour s’expliquer sur cette questions devant le procureur de la république et le juge d’instruction en charge de cette affaire. Quant au ministre libanais de l’énergie et de l’eau, Raymond Ghajar, sans donner une précision détaillée sur les circonstances et le contexte de sa rencontre avec l’ambassadeur algérien  Abdelkrim Rekibi, parle dans un communique (04) d’une manière politiquement correcte « d’un entretien de connaissance.»

S’il s’agissait des aléas d’une simple affaire commerciale comme tente de la ramener les uns et les autres alors pourquoi cette affaire  montera t- elle à l’ambassadeur algérien ?  Et pourquoi le ministre libanais insiste pour lui préciser que le dossier est entre les mains de la justice ? Et ne dit pas quelle chambre pénale ou commerciale ? Et pourquoi spécialement Sonatrach qui devra répondre et pas sa filiale par le biais de l’ambassadeur algérien et pas sa filiale SPC BVI de Londres avec laquelle le contrat est passé depuis 2005 ?

2- Genèse de cette affaire

Le 27 avril dernier, le quotidien libanais «l’Orient-Le Jour » citant l’Agence d’information officielle libanaise (ANI), avait révélé que le procureur de la république prés de la cours d’appel Mont-Liban, Ghada « Aoun», a ordonné l’arrestation de 17 personnes dans le cadre d’une affaire de « carburant défectueux » livré à Electricité Du Liban (EDL) « par l’entreprise algérienne Sonatrach ». L’une des personnes arrêtées n’est autre qu’un certain Tarek Faoual, «qualifié par cette information » comme le directeur au Liban de Sonatrach qui est en contrat avec l’entreprise libanaise depuis déjà plusieurs années pour la livraison des ce carburant à ses centrales de production d’électricité qui  fonctionnent au « Fuel Oil ». A part Faoual poursuit le journal, les 16 autres sont des employés du secteur libanais de l’énergie.

Selon l’ANI, ce coup de filet dans «  l’enquête » a débuté le 6 avril dernier survient après que des preuves irréfutables eurent été rapportées confirmant la responsabilité des personnes visées aussi bien concernant la livraison de « carburant défectueux » que  pour une affaire de « pots –de –vin » impliquant des employés haut placés  du secteur libanais. Entendu par là s’il ya corrompus, l’existence de corrupteurs reste inévitable.

De nombreux analystes se sont étonnés que toute la presse  libanaise  cite directement « la compagnie Algérienne Sonatrach » alors que le contrat est passé avec une de ses filiale SPC BVI dont le bureau de Londres n’est qu’un bureau de liaison. Cette filiale peut charger un trader pour un achat à terme et pour compte, livré directement au port libanais pour satisfaire un contrat qui rappelons le, est  passé entre la compagnie SPC BVI et EDL (Electricité du Liban).

En général, ce genre de transaction qui se fait en temps réel et par milliers voire millions parfois, dans un cadre de confiance totale. Les traders et les raffineurs n’ont aucun intérêt de souiller leur réputation en vendant un navire de produits frelatés (مغشوش) comme s’est qualifié par  les magistrats, les politiques et la presse libanaise.

Il se peut qu’il manque de qualité par rapport aux spécifications personnalisées contractuellement puisqu’il est acheté dans le marché de « spot » mais le qualifier d’emblée de « falsifié », c’est aller vite en besogne.

La preuve, les analyses d’un bureau reconnu comme pionnier dans ce domaine (Veritas Dubaï)  a conclu à un problème de taille chimique (Chemical Waist), ce qui est courant et  mérite tout au plus une amende. Ce qui est fait puisque la douane libanaise a pénalisé cette expédition par navire d’une amende de 24 millions de dollars (37 livres libanaises)  mais au lieu de l’adresser à SPC BVI, elle l’a fait selon la presse directement à Sonatrach ce qui est une provocation d’une extrême gravité (05).  

3- Pourtant le contractant SPC BVI s’est expliqué aussi bien au Liban qu’en Algérie  

Sonatrach Petroleum Corporation SPC basée à Londres,  a dés lendemain  apporté un démenti en « réfutant totalement » les informations contenues dans des articles de presse selon lesquelles  Tarek Faoual serait un cadre de Sonatrach. Plus grave, ce communiqué (06) repris par l’Agence Presse Services algérienne et de nombreux journaux libanais  réfute aussi cette information dans sa forme et dans son fond que le communiqué juge comme « allégation  inexactes et mensongères sur l’implication d’un haut cadre de Sonatrach dans cette affaire » mais le communiqué n’exclut pas qu’effectivement il existe une personne entendu par la justice  implicitement dit Tarek Faoual n’est qu’un agent maritime indépendant œuvrant pour le compte de la filiale de Sonatrach. Il nous apprend aussi que  «cette affaire relève d’un différend qui remonte au 30 mars dernier, quand SPC a été informé par son client, le ministère libanais de l’Electricité et de l’Eau (MEW) d’un souci opérationnel concernant un défaut de qualité sur une des dernières cargaisons de fioul livrée à l’Etablissement Public à caractère Industriel et Commercial Electricité du Liban (EDL) en date du 25 mars 2020. »

Rappelons qu’un souci de ce genre n’est pas remonté jusqu’au siège pour une raison évidente dit-on dans le milieu de la structure commerciale de Sonatrach c'est que la filiale de Londres est un « Etat dans Etat ». Ensuite, la direction générale de Sonatrach et l’APS se sont laissées entraîner malgré elles dans un « mensonge d’Etat » en laissant croire à l’opinion publique et même aux pouvoirs publics que «SPC et le MEW libanais sont en dialogue constant afin d’essayer de résoudre la situation au plus vite et il ne fait aucun doute qu’eu égard aux excellentes relations qui lient SPC au MEW, la situation sera vraisemblablement et définitivement résolue d’ici peu ». Or, ce n’est  pas ce qu’a dit le ministre de l’Energie et de l’eau du Liban à notre ambassadeur. A suivre

Rabah Reghis

Renvois

(01)-https://www.algeriepatriotique.com/2020/05/23/paula-yacoubian-quinze-responsables-algeriens-impliques-dans-laffaire-du-fuel/ 

(02)http://bourse-dz.com/petroplus-un-crime-reste-impuni/ 

(03)-https://al-akhbar.com/Politics/288159/%D9%85%D9%84%D9%81-%D8%A7%D9%84%D9%81%D9%8A%D9%88%D9%84-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%BA%D8%B4%D9%88%D8%B4-%D8%AF%D8%B9%D9%88%D8%A9-%D9%88%D8%B2%D8%B1%D8%A7%D8%A1-%D8%A5%D9%84%D9%89-%D8%AC%D9%84%D8%B3%D8%A9-%D8%A7%D8%B3%D8%AA%D9%85%D8%A7

(04)-http://bourse-dz.com/fuel-frelate-ministre-libanais-poursuites-sonatrach/ 

(05)https://www.facebook.com/flx/warn/?u=https%3A%2F%2Falnahdanews.com%2Fpost%2F24739%2F%25D9%25A3%25D9%25A6-%25D9%2585%25D9%2584%25D9%258A%25D8%25A7%25D8%25B1-%25D9%2584%25D9%258A%25D8%25B1%25D8%25A9-%25D8%25BA%25D8%25B1%25D8%25A7%25D9%2585%25D8%25A9-%25D8%25AA%25D8%25AC%25D8%25B1%25D9%258A%25D9%2585-%25D8%25B4%25D8%25B1%25D9%2583%25D8%25A9-%25D8%25B3%25D9%2588%25D9%2586%25D8%25A7%25D8%25B7%25D8%25B1%25D8%25A7%25D9%2583&h=AT1gLF5490oGsCDTgIFR4N5wPSQPYuIOgGi97PNWARVtn72ysozyLj7BjVbA_RqOOl6v61e49LtzpvqQqs-mMEhrmtvU8wC526PNThHIYSC3PNULkwoBiA  

(06)-https://sonatrach.com/actualites/spc-sonatrach-dement-limplication-dun-de-ses-cadres-dans-un-differend-au-liban                                                                                                                                        

 

Auteur
Rabah Reghis