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REGARD

Pourquoi, par qui, pour qui, comment ?

Quelle que soit l’action humaine, individuelle ou collective, partout et toujours quatre questions fondamentales se posent, exigeant des réponses. Bien entendu, la pertinence des premières conditionnent celle des secondes.

Dans ce texte, considérons l’action populaire collective dans sa caractéristique d’unité complémentaire avec l’action individuelle. À ce sujet, examinons des problèmes qui ne sont, en réalité, que des banalités élémentaires, cependant occultées par qui tire profit de cette occultation.

Bases sociales fondamentales

Intéressons-nous au peuple et à l’individu victimes de trois fléaux sociaux : 1) exploités économiquement, 2) dominés politiquement, 3) conditionnés idéologiquement. Toute considération qui n’examine pas ces trois aspects, dans leur unité complémentaire, ne peut effectuer que des observations superficielles, par ignorance, ou manipulatrices, parce que visant à défendre des privilèges illégitimes. En effet, un type de système économique engendre et implique, pour exister, un type correspondant de système politique, et ces deux systèmes, pour se légitimer, engendrent et impliquent un système idéologique de « valeurs », de « normes », de « principes ».

Pourquoi ?

Pourquoi des individus, composant un peuple (ou un peuple, composé d’individus) agissent ou devraient-ils agir ?… D’après ce qui précède, c’est pour se libérer des trois fléaux caractérisant le système social qui les oppriment. 

Le premier fléau est matériel : c’est le vol de leur force de travail (physique et/ou intellectuelle) par un individu privé ou un État géré par une oligarchie, lesquels sont détenteurs des moyens de production matérielle collective. Or, l’examen historique objectif montre que cette détention est illégitime, car elle est, à son tour, le produit d’un vol, opéré d’une manière ou d’une autre, illégale ou justifiée par une « légalité » imposé par la force complémentairement à la ruse. On sait que les « lois » sont toujours conçues, promulguées et imposées par le plus fort, plus exactement par le groupe ou la classe sociale les plus forts, cette force se manifestant en première (ou dernière) instance par l’exercice de la violence organisée.

Pour mettre fin à ce vol de la force de travail, le seul moyen efficace est d’éliminer le système politique qui permet ce vol, et, pour mettre fin à ce système politique, le seul moyen efficace est d’éliminer le système idéologique qui le légitime.

Pour remplacer ces systèmes par quoi ?… Remplacer le vol des moyens de production collective par leur restitution et possession par la collectivité elle-même, à travers ses institutions propres. Jusqu’à aujourd’hui, une solution existe (non pas un « modèle »), mais elle fut toujours éliminée par la force oligarchique : l’autogestion économique. Sans cette rupture avec l’exploitation économique et son remplacement par la coopération libre, égalitaire et solidaire, aucune autre solution n’a éliminé le fléau qu’est le vol de la force de travail humaine.

Seulement, la gestion collective (à ne pas confondre avec l’imposture dite « socialisme » ou « communisme » qui furent en réalité des capitalismes étatiques) de l’économie permet et implique un système politique où l’État est réellement au service de la collectivité, et non pas d’une oligarchie privée ou étatique. Et seulement ainsi le système de production des idées ne sera plus un conditionnement au service d’une exploitation économique et d’une domination politique, mais un enrichissement au bénéfice d’une coopération économique libre, égalitaire et solidaire, et d’une gestion politique au service de la collectivité toute entière.

Par qui ?

Qui, individu ou peuple, peut et doit opérer ce genre de changement social radical ?… La réponse est dans la question : tout individu et tout peuple volés de sa force de travail physique et/ou intellectuelle. En parlant ainsi, on dépasse la notion de « classe ouvrière », de « classe laborieuse » entendue uniquement comme fournissant un travail physique. Il est vrai que les personnes qui vivent (plus exactement survivent) uniquement par la vente de leur travail physique sont les plus exploités économiquement. À ce sujet, n’oublions pas les femmes, doublement exploitées : en tant que travailleuses et en tant qu’épouses. Cependant, les personnes qui vendent leur travail intellectuel au profit de celui qui leur donne un salaire, ces personnes, également, bien que moins exploitées, le sont tout de même.

Dans le passé, on crut au mythe de la « classe ouvrière » ou « prolétarienne », parce que composante sociale la plus nombreuse et la plus organisée, pour réaliser le changement social radical. L’histoire montra que ce fut une erreur. Non seulement cette classe sociale ne parvint pas à réaliser le changement programmé, mais elle fut victime : d’une part, elle resta exploitée dans le système capitaliste (avec quelques arrangements dans les sociétés de capitalisme dit « social », autrement dit « social-démocrate ») ; d’autre part, dans les systèmes de capitalisme étatique (masqué en « socialisme », «communisme » ou « démocratie populaire »), cette classe sociale en fut réduite à ne pas même avoir le droit d’avoir un syndicat pour défendre ses intérêts. Elle fut soumise à un patron absolu que fut l’État oligarchique.

Quant à la paysannerie, elle fut toujours manipulée comme masse de manœuvre pour, finalement, être rejetée dans l’éternel mépris et l’éternelle exploitation (de la Chine « communiste » à l’Algérie « démocratique populaire »).

Par conséquent, un changement social radical, tel que décrit ici, concerne tous les individus qui sont exploités d’une manière ou d’une autre, dans le vol de leur force de travail physique ou intellectuelle, sans oublier la femme en tant qu soumise à l’homme.

Pour qui ?

À cette question, la réponse est déjà dans la question précédente : un individu (homme ou femme) ou un peuple opprimés combattent pour éliminer l’oppression dont ils sont victimes. Autrement, leur action en fait uniquement une masse de manœuvre servant des intérêts qui leurs sont étrangers, donc perpétuant, d’une manière ou d’une autre, la domination sur les individus et le peuple opprimés.

Comment ?

Par la violence, le changement a toujours et partout échoué. Il a donné naissance uniquement à une oligarchie de type inédit, privée (capitalisme privé dit « libéralisme ») ou étatique (capitalisme étatique maquillé en « socialisme » ou « démocratie populaire »). Pourquoi ce phénomène ?… Parce que ceux qui emploient la violence pour détruire un système social, continuent immanquablement à employer la violence pour construire un système social nouveau. Et pourquoi continuent-ils à employer la violence ?…. Officiellement, pour éliminer les ennemis, partisans du système abattu. Cela est vrai, mais, pour dire toute la vérité, ces nouveaux dirigeants recourent à la violence également pour éliminer ceux qui leur reprochent de s’ériger en nouvelle oligarchie, de forme étatique. La preuve : le nombre des personnes parmi le peuple et ses authentiques défenseurs qui sont victimes de la répression dite « révolutionnaire » est infiniment plus grand que celui des  partisans du système détruit. On constate ce mécanisme depuis la Révolution française de 1789 jusqu’aux révolutions dites « prolétariennes » ou « nationalistes populaires ». 

Une question se pose alors : pourquoi des révolutionnaires authentiques durant le combat pour détruire un système social honni se transforment en dictateurs sanguinaires contre leur propre peuple ?… Avançons une hypothèse dont le développement sera examiné dans un autre texte : la cause en est dans la persistance d’une mentalité autoritaire hiérarchique, typique de l’époque pré-historique.

Pour changer radicalement un système social (c’est-à-dire en éliminer le vol de la force de travail et instituer la coopération libre et égalitaire), il reste donc le recours à la méthode pacifique. Hélas ! ses résultats ne sont pas décisifs. La méthode gandhienne a obtenu l’indépendance nationale, mais n’a éliminé ni la structure sociale inégalitaire ni la formation d’une armée dotée de la bombe nucléaire. Quant à la méthode de Martin Luther King, elle a relativement établi des droits sociaux pour les États-uniens d’origine africaine, mais ils demeurent encore les plus exploités.

Notons également les carences des principaux soulèvements populaires pour l’émancipation générale. Les successifs authentiques partisans d’un changement radical au bénéfice du peuple (Révolution française, Commune de Paris, Soviets russes, collectivités espagnols, révolution chinoise, cubaine, etc., autogestion algérienne) ont manqué d’un élément stratégique : une auto-organisation assez puissante pour constituer un pouvoir autonome décisif dans le rapport de force avec l’oligarchie au pouvoir. Cette carence, selon les militants les plus avertis de ces mouvements, avait pour cause : une insuffisance d’éléments suffisamment formés sur le plan théorico-pratique pour fournir au peuple les connaissances indispensables afin de transformer avec succès ses revendications en réalisations concrètes.

Concernant l’actuel soulèvement populaire en Algérie, il semble que l’action souffre des mêmes carences : inexistence d’une organisation autonome assez forte, dotée de ses représentants authentiques (librement élus, révocables à tout moment, ne jouissant d’aucun privilège matériel) pour passer des manifestations hebdomadaires des rues à la construction d’institutions autonomes d’autogestion sociale, libres, égalitaires et solidaires. Existe-t-il une autre  solution (efficacement au service du peuple) pour concrétiser les droits légitimes de ce peuple qui clame ce principe fondamental : «Par le peuple et pour le peuple » ? Un mal dont on n’extirpe pas la racine (c’est le sens exact du terme « radical ») économique, ce mal peut-il être guéri ? Ce mal a comme nom successivement  esclavagisme, féodalisme, capitalisme privé, capitalisme étatique. Quand donc remettra-t-on dans le débat l’autogestion comme système social, avec ses principes fondamentaux : liberté, égalité, solidarité au sein et entre les nations de cette planète ?

Kaddour Naïmi

xundao1@yahoo.com

 

Auteur
Kaddour Naïmi
 

Commentaires

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Alors qu'ici à Agouni Lkhendak où j'ai cru trouver enfin la paix pour mon âme après avoir renoncé à tout regard sur ce qui se passe chez nous, et qu'il ne me restait qu'un œil morne et flasque qui de très loin me fait à peine distinguer ce qui au loin se passe, je fus brusquement tiré de ma quiète tristitude par les démons qui ma bite qui ont décidé de s'étriller à propos du Hirak.

C'est quoi ce boxon , nom de Dieu ! que je leur crie en hurlant encore plus fort qu'eux . Et les v'la qu'ils m'exposent l'objet de leur dispute : le Hirak.

Putain ! Le Hirak ???

Ce n'est pas que je voulais les empêcher de s'étriper dans ma caboche que j'ai décidé d'intercéder entre eux mais pour trouver un peu de calme. Autrement je les aurais fichtrement envoyés au diable eux et le Hirak. Mais pouvais-je les laisser foutre le bordel dans mes méninges déjà ravagées par le temps passé ? Au lieu de me perdre en conjecture dans ce dilemme cornélien dantesque, j'ai décidé de passer à l'acte .

Si j'écoutais MON DEMON DE GAUCHE QUI ME pousse à dire des mots à détraquer des horloges sous prétexte de les remettre à l'heure je me laisserais aller dans un e diatribe virulente contre les plus savants parmi nous qui n'ont pas hésité à donner de leur corps de leur énergie et de leur temps par pur altruisme pour se vouer corps et âme à ce mouvement

Tandis que mon démon de droite toujours ringard et faux-luc , comme si c'était Si Qeddour lui-même qui lui écrivait son texte et aussi persuasif que Gaid Salah, avec une mièvrerie toute niaise me brossait un portrait idyllique du Hirak qu'il me magnifiait avec emphase et débordement avec des tala3a el badrou et des soubhane allah, celui de gauche avec un cynisme impitoyable enfonçait le clou là où le bât blesse le chwari bancal de mon sens critique.

Toujours à cheval sur ma neutralité indéfectible , je dois vous avouer qu'à un court instant d'égarement j'ai failli pencher du coté de mon démon de gauche qui me rappelait impitoyablement mes propres déclarations à propos de cette nmo.... de ce mouvement .

Et comme pour crever le chwari déjà assez déséquilibré il me fit venir à la mémoire les moments ou je regardais avec effarement tous les vendredis ba3d t'hour ces processions rituelles où des milliers d'hommes et de femmes tous voiles et djellabas dehors vociféraient de violents slogans et des incantations exorcistes contre les 3issabas de tous poils avec des la illaha illa allah excommuniants.

En vérité ce n'est pas que cette populace soit saisie d'une paranoïa messianique qui m'enrage, elle si bigote et bridée comme une mule par la religiosité n'en était qu'à cela prédisposée et je ne voyais pas ce qu'elle aurait fait d'autre, en vérité. C'est ce Gotha des sachants qui , au lieu de lui pondérer ses ardeurs et sa frénésie, s'est mis à lui faire des auréoles et à le sanctifier. Vous les avez vus, oubliant à quelle société archaïque ils avaient à faire, lui confectionner des programmes et des chartes que jalouseraient les sociétés scandinaves les plus avancées,

Brrr ! que je me rattrape !

Et voilà mon démon de gauche qui profite de l'occasion pour remuer le couteau dans la raie . Et celui de droite, s'oubliant complètement, qui lui fait les yeux de Chimène . Avant de jeter l'éponge carrément.

De la retenue ,non de Dieu que je lui hurle à l'oreille !

Me voilà donc contraint de tempérer la férocité de mon démon de gauche.

Du calme , ow !, ya din yemet yemek ! Même Sidna le Modero a eu son moment de faiblesse au sujet du Hirak, C'est kamim pas à toi que je vais dire qui n'a jamais péché oukda ?  … tikouni l'histoire : Sidna Brahim qui n'a pas trouvé plus de 4 justes à Sodome et Gomorrhe réunies, Jésus qui a dit : çuila qui n'a pas niké Marie Madeleine lui jette une pierre.... Utsrebib ara, kamim ! .

Bon : le Gotha !

Le Gotha, reprenons !

Avec transition, si tu veux, rouh a Si !

Il n' ya aucun pays au monde qui laisse l'initiative aux masses, reprit-il, pourquoi voudrais-tu que les choses se passent autrement en Algérie ?

Dans les pays les plus démocratiques ce sont toujours les plus malins, les plus rusés , les plus cupides qui sont portés par ces mêmes masses au pouvoir et à l'assemblée pour servir de plus cupides de plus cruels et parfois de plus lubriques qu'eux : Clinton, Trump, Bolsonaro.

Le rêve du colonisé ! Expulser le colon pour se vautrer à sa place disait Fanon ! On chasse le colon pour la keblouter mecharq lelgharb ! Si Qeddour à gauche, l'imam, Ghafour Rahim à droite, choisis ton camps camarade , gavez vous de fantasmes et d'illusions bla echaha , sans modération, nos intellectuels sont là pour y pourvoir !

Il ne s'agit pas d'expliquer ou de mettre en équation le problème que vit notre société pas plus qu'il ne s'agisse de théoriser son monde mais de le transformer. Il faut voir ce que la praxis, la mise en chantier, fera de toutes ces élucubrations. Et quels effets ont toutes ces onanades sur la réalité.

La question est : comment mettre en pratique touts ces propositions aussi lumineuses les unes que les autres.Et s'il n'y pas une distorsion entre ces propositions et la réalité socio-culturelle.Car je persiste je signe et je le répéterai sans cesse, nous avons avant tout un problème de cul-ture et de société.

Mais le Gotha, lui, pense que rien qu'avec son regard il pourra modifier la tectonique des plaques.

Aya khouzidh !

On promet monts et merveilles, ils sont beaux, ils sont magnifiques , ils sont formidables ces nmomas, au lieu de lui dire les quatre vérité à cette populace, que, harnachée ainsi avec une religion et une culture archaïques, elle va chier du sang de la sueur et des larmes sur le chemin de l'histoire .

Iben moua je vous dit : le Système, le Hirak,la charte, les élections , les programmes, je m'en tamponne, c'est dans quelle société je vais vivre qui me turlupine , alors , athan blarebi que tant qu'il n'y a pas une critique radicale de la religion et de la société , ouqsimou billeh ma iqli3ed segwène !

Kama Qala Sidna Marx radhia allahou 3enhou fi kitabihi el mouqedès :

« Nier la religion, ce bonheur illusoire du peuple, c'est exiger son bonheur réel. Exiger qu'il abandonne toute illusion sur son état, c'est exiger qu'il renonce à un état qui a besoin d'illusions. La critique de la religion contient en germe la critique de la vallée de larmes dont la religion est l'auréole. [...] La critique du ciel se transforme ainsi en critique de la terre, la critique de la religion en critique du droit, la critique de la théologie en critique de la politique. »

En rappelant qu'il ne s'agit là que des prémices d'un début de l'amorce d'un espoir de changement car :

« la critique de la religion n'est qu'un premier pas sur le chemin de l'émancipation humaine : la critique politique, c'est-à-dire la critique du droit, de l'État et de la société, doit prendre le relais pour expliquer la genèse de l'illusion religieuse. »

Hassoun, inna lillahi wa illayhi radji3oun !

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