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EXPRESS

Procès de Saïd Djabelkhir : le procureur requiert l'application de la loi

 Le Procureur de la République près le tribunal de Sidi M'hamed (Alger) a requis, jeudi, l'application de la loi dans l'affaire de l'universitaire Saïd Djabelkhir, poursuivi pour offense à l'Islam.

Répondant aux questions de la juge, l'accusé qui est un spécialiste en jurisprudence de la Charia islamique, avait déclaré que ses publications sur Facebook ne constituaient pas une offense à l'Islam, soutenant que ses commentaires reposaient sur des recherches qu'il avait fait sur les livres de la tradition prophétique (Sunna) et de la Charia.

Et d'ajouter que ses commentaires étaient "en réponse à certaines parties plaidant pour l'interdiction de la célébration de Yennayer car, fête païenne".

"Il est inconcevable qu'un spécialiste de la Charia offense la religion musulmane, a-t-il avancé, soulignant que "ses écrits s'inscrivent dans l'ordre de la jurisprudence, sans plus".

Dans un entretien accordé au site du Figaro, il déclarait que "les fondamentalistes souhaitent intimider tous les intellectuels qui ont l'audace d'avoir des avis qui sortent un peu de l'orthodoxie, de la doxa qu'on a l'habitude d'écouter sur les chaînes de télévision ou dans les prêches dans les mosquées. Ils essayent d'étouffer la liberté d'expression par tous les moyens, y compris en ayant recours à la justice."

La plainte avait été déposée contre Saïd Djabelkhir par un enseignant universitaire spécialiste en sécurité électronique à l'université de Sidi Bel Abbes.

Fondateur du Cercle des lumières pour la pensée libre, l'islamologue ajoute dans le même entretien : "La violence, l'exclusion, le refus de l'altérité et du débat, tout cela est monnaie courante. L'obscurantisme gagne de plus en plus de terrain, c'est la réalité. Sur le plan des idées rien n'a changé depuis les années 1990: les programmes scolaires sont les mêmes, il n'y a rien qui encourage le débat, le vivre-ensemble, l'acceptation de la différence. Rien n'exclut que les événements ne se répètent. Nous n'avons rien fait pour en éliminer les causes". 

Auteur
Sofiane Ayache