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REGARD

Quand je serai président, beaucoup vont fuir ma dictature (*)

"Ceux qui font des révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau. Ce qui constitue une république, c’est la destruction de tout qui s’opposent à elle", Saint Just.

A l’indépendance, il y avait un vide sidéral dans tous les domaines avec le départ des troupes françaises et l’exode massif des colons. La population autochtone ne s’était pas préparée à se prendre en charge occupée à panser les plaies de la guerre, et fêter les retrouvailles sans se soucier du lendemain. Pour le peuple, seule l’indépendance compte. Le reste viendra après. Une révolution inachevée, le territoire a été libéré par les armes, le peuple manifeste pacifiquement et de façon civilisée sa souveraineté et son indépendance.

L’Algérie après la guerre recouvre son indépendance en plein chaos administratif et au milieu de règlements de comptes sanglants. Les troupes françaises quittent le pays, c’est la politique de « la terre brûlée ». Le départ précipité des colons en 1962 a créé un vide à tous les niveaux. C’est l’armée de l'extérieur, organisée et disciplinée, qui va combler ce vide et se substituer à l’autorité coloniale afin de maintenir l’ordre, sauvegarder l’unité nationale et défendre l’intégrité territoriale.

Au niveau de l’administration, les petits fonctionnaires sont survalorisés par le départ des fonctionnaires français ou assimilés et à la différence des moudjahidines, ils savent comment fonctionne l’appareil de l’Etat hérité de l’ère coloniale..

La langue française est l’héritage le plus durable et le moins contesté de l’époque coloniale (butin de la guerre de libération). C’est sur les résidus de l’administration française, instrument redoutable de la domination française en Algérie (les Sections Administratives Spécialisées), que s’est construit un Etat national. C’est pourquoi, le contrôle de l’Etat et de son administration sont un enjeu capital sinon vital pour les parvenus de l’indépendance.

L’enjeu réside dans la maîtrise de l’appareil de l’Etat par le biais d’une mainmise sur les centres principaux d’allocation des ressources. Ainsi la couche sociale qui maîtrisera l’administration disposera d’un redoutable instrument de pouvoir. « Les nations ne peuvent avoir de tranquillité sans une armée et pas d’armée sans une solde et pas de soldes sans des impôts ». Il n’y a pas de nation sans Etat et pas d’Etat sans impôts. Les impôts et taxes ne peuvent être prélevés que sur une population active et non sur une masse oisive.

La fiscalité pétrolière s’est substituée à la fiscalité ordinaire jusqu’à la remplacer. C’est le couple pétrole-armée qui a permis de jeter les rudiments d’un Etat-Nation post colonial, atténuer plus ou moins les disparités, unifier les régions, fédérer les tribus, standardiser les modes de vie et de pensée, panser les traumatismes, assurer la stabilité. En dehors de ce couple, c’est l’éclatement. Mais c’est un équilibre fragile et instable qui échappe à la volonté des algériens.

L’extérieur est à l’affût pour exploiter la moindre opportunité pour intervenir et s’accaparer directement des richesses du pays en divisant les algériens sur une base géographique, ethnique, régionaliste ou religieuse, et les exemples ne manquent pas en Afrique.

Le danger est imminent. Si l’Etat n’a pas besoin de lever l’impôt, à quoi peut-il servir sinon corrompre ? Si l’armée est la tête de l’Etat, à quoi peut servir son bras armé sinon à réprimer ? Le régime s’est imposé par la répression et la corruption, la société civile est sa clientèle, L’Etat son fonds de commerce, l’administration son comptoir, la rente sa marchandise 

La France est une terre de culture, l’Algérie est une terre de soldats.

L’Algérie a été conquise par les armes, elle s’est libérée par les armes. C’est la « sacralisation des armes ». En posant la violence comme solution ultime au drame de la colonisation, la révolution du 1er novembre 1954 a été amenée à faire de l’armée, la source exclusive du pouvoir en Algérie. Forts de cette légitimité historique, les dirigeants algériens vont faire du secteur des hydrocarbures la source exclusive des revenus du pays rendant le recours aux importations incontournables à la satisfaction des besoins du marché local notamment en biens de consommation finale.

L’argent du pétrole et du gaz donne l’illusion aux hommes que le pouvoir est « éternel » et qu’il peut se transmettre de père en fils. Les régimes arabes déclinants sont rongés par le désir sanglant d’une transmission héréditaire du pouvoir (Syrie, Egypte, Libye etc…) à l’instar des monarchies arabes du golfe (Arabie Saoudite, les Emirats etc..).

Les démocraties occidentales (Etats Unis, Union européenne,) s’accommodent parfaitement de la présence symbolique des régimes politiques arabes sur la scène internationale car il y va de leurs intérêts.  Des intérêts qui coïncident avec les régimes en place. C’est la corruption des mœurs politiques.

Il existe d'ailleurs une relation inversement proportionnelle entre le niveau de prix du brut et le niveau de liberté des peuples. C’est dans ce contexte qu’un régime clanique militaro-rentier s’est installé durablement et confortablement en Algérie. Il a obtenu l’assentiment du peuple. Il dispense les algériens de réfléchir, de travailler et de produire. « Dormez, dormez braves gens, l’Etat veille sur votre sommeil » leur chuchote-t-il.

Les compétences s’exilent, la médiocrité s’installe, la corruption se propage, le népotisme s’étend. En s’emparant du pouvoir, l’homme investit l’Etat et fait de la religion un instrument de domination du peuple. Par la faute du pétrole et du gaz, nous avons un seul exportateur, des milliers d’importateurs, des millions de consommateurs. Par la grâce du pétrole, nous avons un Etat, une armée, des avions, des blindés, des bureaux, des comptoirs, des gadgets.

L’Algérie a produit plus de généraux que d’entrepreneurs. Nous n’avons plus de paysans, plus d’artisans, plus d’ouvriers, plus de balayeurs. L’Algérie se précarise. Elle offre à sa jeunesse à la force de l’âge comme perspectives que la caserne, la prison, l’exil ou le suicide. Par ignorance ou par calcul, on demande à l’Administration de promouvoir le développement sachant que ce n’est pas dans sa vocation. Est-ce un héritage d’un passé colonial récent ou une distribution clientéliste de la rente ?

Des walis sont nommés ministres, des oligarques investissent à l’étranger, les commerçants baissent les rideaux, les médecins émigrent, les étudiants se tapent la tête, les enfants se droguent, les bébés sont jetés dans les poubelles, les casernes font le plein, les prisons débordent, les campagnes se vident, les villes s’entassent. Les ordures s’amassent. Les rats circulent, les hommes se terrent, les femmes activent.

Avec la baisse continuelle du prix du baril de pétrole et l’absence d’une élite intellectuelle devant conduire les changements, le scénario d’octobre 1988 risque de se reproduire avec son cortège de morts et de disparus. Nous sommes un peuple émotif et non de raison. Comme la rente est versatile dans son volume et dans sa durée de vie, à chaque soubresaut, le peuple redevient un enfant. Il recherche un père protecteur et une mère nourricière. Et en dehors de l’armée et du pétrole, il n’a point de parents adoptifs. C’est un éternel enfant. Et comme toute personne immature, il lui faut de l’aide.

Enfant, il est né ; enfant, il le restera. Il a un attachement viscéral à la mère (la terre) et une peur maladive du père (l’autorité). Le cordon ombilical le reliant à l’Europe n’est pas coupé. Les oléoducs et les .gazoducs sont là pour en témoigner. Et ils sont sous bonne garde dans les profondeurs de la méditerranée. En surface, il y a les cadavres des harragas qui flottent et sur les bateaux des conteneurs des marchandises respirant de la cocaïne. C’est là le secret de la longévité du régime politique algérien. Mais cette longévité a un prix : la dignité d’un peuple meurtri qui ne coûte que l’équivalent d’une baguette de pain importée en pièces détachées réglée par les recettes en devises provenant de la vente des hydrocarbures décrétés propriétés, de l’Etat et non de la nation. Et comme l’Etat se confond avec le régime cela devient une propriété du régime.

Le sort du peuple est lié strictement à celui du régime. La dignité d’un peuple, c’est le jour de l’indépendance, elle ne dure que vingt-quatre heures, le reste c’est l’indignité. Hier c’était la colonisation française, à présent c’est la dépendance aux hydrocarbures. La spécificité de la société algérienne, c’est qu’elle ne permet pas aux forces de s’auto-transformer, de s’autoréguler, de s’accroître. Tout le monde s’abreuve à la même source.

C’est le couple armée-pétrole qui a donné naissance au mode de gouvernance en vigueur. L’édifice du régime est en béton armé. Il repose sur des fondations antisismiques. La façade politique est en carton-pâte servant de décor au regard  de l’étranger lequel n’est pas dupe mais soucieux de ses intérêts. La population étant réduite à une masse compacte sans poids et sans voix déambulant dans les rues sans but.

Le chômage de masse de longue durée risque de déclencher une violence des masses laquelle peut dériver sur une destruction massive irréversible. Un pouvoir que l’élite s’acquiert sur un peuple au moyen de sa dégradation morale. Tout peuple a les dirigeants qu’il mérite. Tout dirigeant n’est que le reflet de son propre peuple. « Malheur à un peuple qui se nourrit de ce qu’il ne produit pas et se vêtit de ce qu’il ne tisse pas» dit un adage populaire. Tout peuple dont la profession est de tendre la main à l’Etat pour recevoir et non pour donner, est un peuple condamné à être mal gouverné. Il est sujet et non citoyen.

La crise actuelle est la résultante de toute révolution armée dont l’objectif n’est pas la libération d’un peuple mais l’appropriation d’un territoire. La révolution du sourire se propose de libérer le peuple et de fonder un Etat de Droit. Elle est au milieu du gué. L’histoire va-t-elle se répéter, « un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre ».

La jeunesse n’est pas dupe, elle est instruite, elle connaît l’histoire : « Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez leur dire les choses les plus stupides et les plus crues » leur a appris Adolf Hitler. On ne peut nager à contre courant de l’histoire. 

Dr A. B.

(*) Le titre est une citation de Japhet Nsanzumukiza

Auteur
Dr A. Boumezrag
 

Commentaires

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2019 1962 c'est pareil, la france remet en place le systéme qu'elle veut, ceux qui ont fait avorter le vote du 18 avril 2019 sont des collabos qui agissent pour le compte de la france, quelque leur nature et ce qu'ils disent d'eux mêmes, ce ne sont que des traitres, le vote du 18 avril 2019 devait être l'espoir d'une nouvelle algérie, c'est un avortement en bonne et due forme de cette nouvelle algérie, les faits démasqueront les traitres dont les agissement vont dans le sens de soumission de l'algérie au dictat français,
ce qui se passe est concocté par la france,

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quand on dit pas les choses telles qu'elles sont, sand ambiguite', on ne dit RIEN ou plutot un MENSONGE conscient.
"... A l’indépendance, il y avait un vide sidéral dans tous les domaines avec le départ des troupes françaises et l’exode massif des colons. La population autochtone ne s’était pas préparée à se prendre en charge occupée à panser les plaies de la guerre, et fêter les retrouvailles sans se soucier du lendemain. Pour le peuple, seule l’indépendance compte. Le reste viendra après. Une révolution inachevée, le territoire a été libéré par les armes, le peuple manifeste pacifiquement et de façon civilisée sa souveraineté et son indépendance. ..."

De qui parlez-vous ou plus precisemment OU, pour commencer?
"pas d'Administration"? Et bien, je me demande qui et comment toute la guerre s'est organise'e ??? N'est-ce pas la la preuve parfaite que la France n'a fait que melanger du n'importe quoi dans ses bureaux arabes... ERREUR FATALE, elle aurait due se contenter des poules islamiques sous les gandouras des Teleb Savants d'ailleurs, mais guarder ses Distances des Kabyles et leurs Terres. Les Kabyles etaient Organise's et Adminsitre's par EUX-MEME, avec les Lois de la Parole et d'Honneur.

Ce qui manquait c'etait uneFORCE ARME'E, certainnement pas AUTORITE', mais UNE FORCE, arme'e et organise'e - Certes tout le monde etait arme', mais pour se defendre des vergers et des freres-ennemis et voisins. L'erreur fatale. c.a.d. l' estomach et libido ! Mais comment cela serait-il possible avec des gens qui se foutent a genoux 5 fois par jour de peur d'un fantome qui datait deja de 14 siecles, et mille pieds de la - que personne n'a ni vu ni enttendu ???

"... occupée à panser les plaies de la guerre, et fêter les retrouvailles ..." - Pfff.. retrouvailles ? Mais les combattants rentraient chez eux regulierement ! Ils vont aux champs comme d'habitude a la difference qu'au lieu de pioches, ils prennaient leurs fusils. Ne me dites surtout pas que se sont les pseudo-peuples qui se retrouvaient ? Quelle grossierete' !!!! Tout le monde en voulait aux Kabyles de leur avoir cause' Pepin avec leurs(les agenouille's) maitres francais. Jetez un coup d'oeil, sur votre site, la photo de leur emir embrassant la main du Roumi !!! Lisez ses lettres bon sang, il decrit la france comme un prince et l'algerie comme une princesse, c.a.d. lui et son interlocuteur francais !!!

Allez offrez-vous une sponcha plutot que de salir le clavier qui essaye, vainnement, de vous aider.

La revolution est en pleine effervescence, aillez une couillette, celle de publier ce commentaire, bande chambites, au guarde-a-vous !

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Je pense que le problème de fond de l’Algérie, c’est le choix d’un système rentier basé sur des ressources en hydrocarbures non renouvelables. Avec une rente, un régime dictatorial qui n’œuvre pas à construire un développement durable peut s’offrir n’importe quel délire de politique économique et sociale.
Les dictateurs ont tout essayé. Ils sont passés d’un socialisme infructueux à un capitalisme débridé pour construire une économie informelle bâtie sur la faiblesse voulue des institutions.
Sous l’ère de Bouteflika, ce fut l’import-import pour les équipements et les services qui acheva de détruire le peu de tissu industriel qu’on a mis 30 ans à construire. Le régime fit appel aux subventions pour satisfaire les besoins sociaux et à la corruption pour s’allier à des voyous dociles. Le peuple nourri au biberon accepta tout, même la planche à billets.

Les jeunes étudiants algériens et leurs parents ont enfin compris, depuis la baisse des prix du pétrole en 2015, que la volonté des décideurs est de programmer l’épuisement rapide des réserves de change (alors que tout le monde s’attendait à des réformes salvatrices). Preuve en est, la nomination d’un lieutenant de Chakib Khelil condamné pour haute trahison à la tête de Sonatrach. Ce franco-algérien qui, en deux ans, a dilapidé des milliards de dollars est en liberté alors qu’on met des jeunes en prison pour délits d’opinion en toute illégalité.
Le Hirak sait que le régime n’a jamais changé même après la mise à l’écart du clan de Bouteflika. Il sait qu’il n’y aura pas de réformes et qu’on continuera à ignorer le tsunami de la crise financière annoncé pour 2022-2025. Le panel, les élites inconscientes clament haut et fort qu’il nous faut élire un président. Mais pourquoi faire ?
Que fera un Président élu démocratiquement ? Que pourra–t-il faire en deux ans pour éviter la crise économique ?
Il aura besoin d’au moins dix ans pour développer le tourisme qui évitera chaque été la fuite de centaines de millions de dollars notamment vers la Tunisie. Mais, il lui sera facile de prendre les décisions qui assureront à terme l’autonomie alimentaire et pourquoi pas les exportations massives de fruits et légumes hors-saison produits au Sud vers l’Europe. Il lui faudra beaucoup plus de deux années pour mettre en place une politique énergétique cohérente. Toutefois, il pourra en un jour imposer à Sonelgaz et à la CREG l’usage domestique des panneaux solaires en adoptant les textes réglementaires des pays maghrébins. De même, il pourra en quelques heures imposer le bilinguisme pour les épreuves scientifiques du baccalauréat. Comme l’a rappelé notre expert Ferhat Ali, les actes de sabotages qui ont été transcrits dans les lois sont connus et pourront être facilement annihilés.

Mais pour répondre à toutes ces questions sur la situation actuelle, il faut analyser la politique énergétique initiée par Chakib Khalil. Cette politique qui s’appuie sur la caporalisation du secteur de l’énergie commence à porter ses fruits avec une baisse des revenus d’exportation des hydrocarbures qui va s’aggraver dans moins de cinq ans. On arrive rapidement à un tournant, celui de la fin « durable » de l’état rentier qui va remettre en cause le régime dictatorial et pourrait nous faire basculer dans une situation de perte de souveraineté nationale ou dans un chaos inextricable à l’image de plusieurs pays ciblés (Lybie, Syrie Irak..). Entendons-nous, cette situation est voulue par les décideurs qui n’ont jamais cherché à se tirer une balle dans le pied. C’est à mon avis une stratégie pour rester au pouvoir même si elle est vouée à l’échec.

Cela fait longtemps que les puissances occidentales s’intéressent aux réserves gigantesques de gaz schiste (3eme réserve mondiale) de l’Algérie. Or, ces gisements difficiles à exploiter (sans oublier la pollution des eaux non renouvelables souterraines) n’offrent aucune rente à l’Etat. Le développement du gaz de schiste n’attirera les investisseurs que si l’Etat algérien renonce à un impôt pétrolier conséquent. Vous avez tout compris : le complot contre l’Algérie consiste à réunir les conditions de dénuement et de misère en mesure de pousser le peule algérien à accepter d’ici deux ans une nouvelle loi sur les hydrocarbures rédigée à Washington. Les décideurs sont près du but puisque le projet de loi est finalisé et prêt à être soumis à l’APN. D’où cette urgence à placer un Président et une APN aux ordres. Ould Kaddour et Chakib Khelil ont rempli leur dernière mission.
Voila tout simplement la réponse aux questions que se posent des millions d’algériens : cette urgence à élire un président à la carte et une APN maffieuse est liée à l’adoption de cette nouvelle loi sur les hydrocarbures. Il existe donc une continuité au niveau du régime consacrée par l’exécution d’une feuille de route rédigée à Washington. Tout s’explique. Cette mission ne pouvait pas être réalisée par un Président fantôme dans le cadre d’un 5eme mandat. Les décideurs ont sacrifié le clan Bouteflika, un clan de fusibles qui va permettre aux décideurs de mieux sauter sans rien changer.
Ces décideurs ont probablement pris cette décision en 2015, lorsqu’ils ont refusé les réformes pour opter pour la seule alternative qui est l’endettement externe. Ils sont convaincus qu’ils vont obtenir des prêts étrangers en échange de l’octroi de gisements gaziers. C’est une forme d’assurance pour leur maintien au pouvoir.
Or, il n’est pas évident que l’objectif de la feuille de route américaine soit uniquement d’essence économique. Comme en Irak, en Egypte ou au Qatar, les investisseurs américains exigeront des mesures d’accompagnement telles que des bases militaires pour garantir la sécurité de leur personnel et la pérennité de leurs investissements.

Avant d’être assassiné, les dernières paroles de Boudiaf furent : « «En quoi donc les pays développés nous dépassent-ils ? Ils nous dépassent d’une chose, la science ».
Quelle a été la réaction des décideurs à l’apparition du mouvement du Hirak ? Remplacer le français par l’anglais. Tout est dit. Alors que les universités algériennes ne sont même pas classées à l’échelle africaine, Tahar Hadjar, ministre de l'Enseignement ... supérieur et de la Recherche scientifique déclare : «En quoi ça m'avance moi, si on a un prix Nobel issu de l'Université d'Alger ? »

Ma conclusion : Ces vingt dernières années ont paradoxalement apporté une certaine visibilité sur la stratégie à long terme de nos décideurs militaires qui pour se maintenir au pouvoir ont appliqué une devise simple : « restons solidaires et cachés pour être riches et jouons à satisfaire à la fois l’Est et l’Ouest. »
Cette stratégie ne semble plus marcher car on exige d’eux –crise oblige- qu’ils choisissent entre l’Est et l’Ouest.

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