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REGARD

Quand l’UNPA délaisse l’agriculture pour la politique 

L’Union nationale des paysans algériens (UNPA), comme son nom l’indique, a pour mission de s’occuper des problèmes des fellahs, mais l’organisation de Mohamed Alioui semble avoir d’autres chats à fouetter.

Passé maître dans l’art de soutenir tout ce qui vient d’en haut, le secrétaire général de l’UNPA ne rate aucune occasion pour faire plus qu’on ne lui demande.

A chaque échéance électorale, Mohamed Alioui endosse sa kachabia et sillonne l’Algérie profonde pour parler de tout, sauf de l’agriculture.

Les rendements des céréales ont encore baissé cette année en Algérie, mais Mohamed Alioui n’en a cure. L’homme n’a qu’une idée en tête : tout faire pour plaire aux décideurs du moment. 

L’Algérie continue d’importer massivement des céréales et du lait en poudre, mais Mohamed Alioui s’en fout éperdument. Occupé d’abord par le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika puis par le référendum sur la constitution du 1er novembre, le SG de l’UNPA n’a plus le temps de revenir à ses moutons.

Abandonné par ses meilleurs éléments que l’Etat a formés à coups de milliards, le secteur agricole est tombé entre les mains de voyous. Des voyous qui cherchent le gain facile, au détriment de la sécurité alimentaire du pays.

Il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil à droite et à gauche en sillonnant l’Algérie pour constater de visu le déclin du secteur agricole. A titre d’exemple, tous les grands élevages bovins des anciens domaines autogérés ont été décapités, et les étables louées à des menuisiers, mécaniciens et autres spéculateurs sans foi ni loi.

Résultats des courses : les marchés croulent sous les pastèques el les melons à des prix défiant toute concurrence. Mais le consommateur doit faire la queue pour acheter son sachet de lait reconstitué.

Et pendant ce temps, l’UNPA redouble d’efforts et d’ingéniosité pour convaincre les Algériens d’aller voter le 1er novembre ; le secteur agricole, lui, attendra.

Auteur
  Ahcène Bettahar