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COMMENTAIRE

À quand un deuxième référendum pour l’indépendance de l’Algérie ?

Le 1er juillet 1962 fut organisé un référendum en termes clairs : voulez-vous que l'Algérie devienne un Etat indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par les déclarations du 19 mars 1962 ?

On connaît le résultat : le « oui » l'emporte par 99,72 % des suffrages exprimés. Le président de la République française Charles de Gaulle déclare le 3 juillet la reconnaissance de l'indépendance de l'Algérie par la France, et celle-ci est proclamée en Algérie, le 5 juillet 1962, pour coïncider avec la date du traité de capitulation du Dey Hussein en 1830.

Les images insoutenables d’une police féroce s’acharnant sur des citoyens pacifiques pose plus que jamais le problème de l’illégitimité du pouvoir en place, tant le comportement de ces agents de l’ordre n’a rien à envier à celui de la police coloniale des années de braise.

Le peuple algérien aura-t-il un jour la chance de s’exprimer en toute liberté pour décider, encore une fois, de son sort, de son avenir, et de ceux de ses enfants ? 

Aurons-nous un jour la même chance que 1962, celle d’un référendum "pour ou contre" la dictature militaro-FliN-tox qui accapare pouvoirs et richesses depuis plus d’un demi-siècle ? 

Peut-on espérer de ces clans coloniaux un déclic de lucidité, fut-t-il furtif, qui leur fera admettre la nécessité d’un recours aux urnes, sans bourrage ni fraude, pour jauger de leur popularité auprès de ceux qu’ils sont censés représenter ? 

Nos petites voix compteront-elles dans la balance d’un non massif à ce pouvoir de malfrats qui continue sans vergogne de ruiner le pays ?

Les islamistes comprendront-ils qu’ils représentent une inertie monumentale à toute évolution moderne, en acceptant de quitter la scène politique en même temps que les insatiables dinosaures militaro-FLiN-tox qui les ont enfantés ?

Les militaires admettront-ils qu’il est grand temps de laisser la place, voire d’encourager cette révolution pacifique qui dure depuis plus de deux ans, en laissant les élites s’exprimer, pour mettre le pays en phase avec le monde, sans faire appel aux armes ?

Le clan Tebboune et ses généraux comprendront-ils enfin qu’il ont cumulé un retard qui se chiffre en dizaines d’années sur le peuple, et qu’il est temps de laisser sa place en arrêtant de faire de la formule « après moi le déluge » son unique code de gouvernance, de surcroit illégitime ?

L’Etat policier mettra-t-il fin à ces pratiques coloniales d’un autre temps en laissant place à une administration basée sur la démocratie, le droit, une justice indépendante et impartiale pour tous ?

Connaîtra-t-on, de notre vivant, ces moments de fiesta, ces défilés grandioses organisés en juillet 1962 aux sons de ces Tahia-el-Djazaïr magiques qui inondaient le ciel du pays des journées durant ?

Autant de questions naïves et terre-à-terre que les derniers évènements, où une police enragée ose réprimer des citoyens pacifiques, soulèvent dans cette petite tête de rêveur perpétuellement préoccupé, voire torturé par l’avenir du pays.

 

Auteur
Kacem Madani