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REGARD

Quel sera l'avenir du mouvement populaire ?

"Confronté à la roche, le ruisseau l'emporte toujours, non par la force, mais par la persévérance", cet aphorisme n'est qu'autre qu'une sagesse du célèbre philosophe chinois Confucius.

Au terme du 21e acte de dissidence, l'Algérie a fait sienne cette devise-là et tend à devenir une référence en matière de mobilisation citoyenne pour d'autres pays voisins.

Les millions de manifestants qui défient le pouvoir dans la rue ont prouvé que la lutte est le seul moyen qui reste pour faire plier une nomenklatura vieillissante qui s'accroche à ses privilèges. Dans l'embarras, celle-ci louvoie et fait sa purge de l'intérieur, dans l'espoir de garder l'ossature du système, sans changer grand-chose à ses fondements.

Le bras de fer n'est pas loin de finir, d'autant que d'autres facteurs entrent en jeu et rendent l'équation complexe tel que le contexte économique très inquiétant du pays. Les voyants orange du navire sont allumés alors qu'une sortie probable de la crise n'est pas encore à l'ordre du jour.

Face à une opposition aussi morcelée que démoralisée, l'état-major de l'armée multiplie les sorties médiatiques et promet de punir "les traîtres" à la nation. La phraséologie de celui a évolué au fil du temps et son chef, le général Ahmed Gaïd Salah est plus que jamais déterminé à encadrer "constitutionnellement" le Hirak populaire qu'il a, pour rappel, sévèrement critiqué au départ. Or, un problème de taille surgit au tournant : le mandat du chef d'Etat intérimaire arrive à échéance et le pays est obligé de marcher dorénavant hors cadre constitutionnel, c'est-à-dire tout à fait l'inverse de ce qui a été prévu.

Le dilemme devient de plus en plus compliqué pour le système car renouveler le mandat pour Bensalah n'est qu'une énième provocation pour le peuple qui le vomit. Ce qui risque de radicaliser le mouvement citoyen et de mettre l'Algérie en danger d'instabilité permanente.

Que faire ? L'observateur attentif des discours de Gaïd Salah  se rendra facilement compte que l'enjeu tracé par les décideurs est circonstanciel.

Autrement dit, il vise l’assainissement de la boutique politique en vue de la présidentielle et non pas la concrétisation d'un projet démocratique avec pour finalité un Etat de droit pour une jeunesse assoiffée des libertés. Cette disparité dans les objectifs entre la rue et le pouvoir met le mouvement de dissidence populaire face à des défis énormes dans les semaines à venir.   

Auteur
Kamal Guerroua
 

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