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REGARD

Quelques observations sur les derniers développements à Alger

Marche contre le présidentielle et le pouvoir en place. Crédit photo : Zinedine Zebar.

Quelques impressions retenues d'une semaine à Alger clôturée avec une manifestation de soutien à la présidentielle sous le prétexte de la dénonciation de l'ingérence.

1 - Cette démonstration dont l'initiative a été confiée à l'UGTA a prouvé que le rapport de force est clairement en faveur du Hirak. On a mobilisé la Centrale syndicale, réquisitionné des salariés, assuré le transport et le repas, ouvert toutes les voies, mobilisé les partisans des cinq candidats avec le soutien massif des médias publics et apparentés, protégé les manifestants qui ne risquaient bien sûr pas l'interpellation. Cela a provoqué une vaguelette mais pas le tsunami espéré.

Il est désormais indécent de réclamer le soutien d'une virtuelle majorité silencieuse.

2 - Parmi les slogans entendus vendredi, il y avait "12/12 la yadjouz". L'hypothèse d'un report de l'élection compte encore des partisans.
Ce n'est pas mon point de vue. Je pense qu'on se réveillera le vendredi 13 avec un président. Je ne dirai pas élu.

3 - Mais alors qui ? Les 5 sont en réalité interchangeables. Ils ont été triés pour leur disposition à maintenir la ligne tracée par le commandement de l'armée. Personne ne jouit d'une base populaire pour tenter de faire bouger les lignes. Il sera juste une façade civile, en trompe l'oeil de surcroît.

Après avoir fait figure de favori en raison d'une proximité réelle ou supposée avec le chef de l'état-major de l'armée, Tebboune est en perte de vitesse. La défection de son directeur de campagne et l'incarcération d'un de ses bailleurs de fonds ont sonné l'air d'une défaite amplifié par Enhahar TV qui a diffusé des images suspectes du candidat lors de ses vacances en Moldavie offertes au Premier ministre qu'Il était par un homme d'affaires turc ayant du business en Algérie.

C'est un conflit d'intérêt manifeste et non une affaire de vie privée comme tente de se justifier maladroitement M. Tebboune. Il n'aurait pas eu le privilège de cette amitié s'il n'était pas en fonction.

La protestation de son chargé de communication auprès de la chaîne a fait pschitt parce qu'elle aurait en sa possession des images encore plus compromettantes.

Par ailleurs, la détention du fils de Tebboune en lien avec l'affaire de Kamel le boucher est un boulet dont il a du mal à croire qu'il lui a été injustement attaché aux mollets par la içaba.

Enfin, M. Tebboune est sans programme. En plus, il s'est révélé d'une médiocrité incompatible avec un statut de chef d'Etat malgré 40 ans passées à des fonctions supérieures. On ne commence pas à apprendre à 75 ans. Dans son QG, l'optimisme du début s'est évaporé

Azzedine Mihoubi ? Il a certes un parti. Mais on connaît son faible ancrage et son incarnation par un Ouyahia détenu dans les plus grands dossiers de corruption. De plus, Mihoubi a gardé les attaches avec la içaba dont il aurait adopté les modes de gestion. Son nom est accolé à des dossiers susceptibles d'intéresser la Justice.

Abdelkader Bengrina ? Il représente la mouvance islamiste à cette élection. Mais il est peu probable qu'on lui accorde ce qu'on a refusé en 1995 à feu Mahfoud auquel il ne peut pas se mesurer d'ailleurs. L'héritier politique du chef de file des Frères musulmans algériens est Slimane Chenine qui préside l'assemblée nationale.

Restent Ali Benflis et Abdelaziz Belaid qui s'étaient associés contre Bouteflika en 2004. Ali Benflis présente l'avantage de l'expérience, en plus d'être entouré de compétences avérées. En matière de justice, il compte à ses côtes l'un des plus grands experts du Droit pénal du pays. Il présente aussi un programme plus élaboré que ses supposés adversaires.

Il a ses faiblesses: son âge qui doit lui inspirer un départ à la retraite même si cela n'est pas rédhibitoire en Algérie et un souvenir calamiteux en Kabylie où les 128 morts du "printemps noir" de 2001 sont tombés quand il était Premier ministre.

Mais Benflis fait aussi peur. Il a démissionné de son poste de ministre de la Justice en 1991 et s'est rebellé contre Bouteflika. Il est perçu comme un déserteur potentiel.

Quant à Abdelaziz Belaid, il a l'avantage de la jeunesse, de surcroît éduquée puisqu'il affiche un diplôme de médecin et un autre d'avocat. Un génie caché qui n'a jamais exercé l'un ou l'autre des métiers auxquels il a préféré la politique.

Avec un micro et sans expérience, il va se faire encadrer comme il se doit par le pouvoir réel. Ce sera au moins 10 deux mandats ferme.

La campagne calamiteuse couverte par un discours officiel surréaliste présage l'annonce d'un taux de participation surréaliste.

A. O

P. S.: Je suis admiratif du combat des journalistes qui se battent notamment pour ka sauvegarde du service public à la télé et à la radio mais consterné de voir que des responsables, des patrons et même des journalistes ont abdiqué leur éthique en échange de promotions ou de business. Je constate sont ceux qui cumulent la presse et les affaires. D'autres ont accumulé des acquisitions immobilières détournées. 

Auteur
Amer Ouali
 

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