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TENSION

Renault : 2500 emplois supprimés en France

Négocié depuis mi-octobre, l'accord sur la suppression de 2.500 postes dans l'ingénierie et les fonctions tertiaires du groupe Renault en France, via des départs volontaires, a été validé jeudi par la signature de syndicats totalisant plus de 50% de représentativité.

Cet accord s'inscrit dans le cadre du plan d'économies de plus de 2 milliards d'euros sur trois ans, annoncé fin mai par la direction, qui prévoit environ 15.000 suppressions de postes dans le monde, dont 4.600 en France. Les 2.100 suppressions d'emplois prévues dans les usines françaises restent à négocier.

Après FO, qui avait indiqué dès lundi qu'elle signait cet accord, la CFE-CGC, puis la CFDT ont à leur tour annoncé jeudi leur décision de parapher le texte. La CGT, troisième syndicat représentatif du groupe, doit se prononcer "en fin de journée", a-t-elle précisé à l'AFP. Mais l'accord est d'ores et déjà validé.

En signant un texte "uniquement basé sur des départs volontaires", la CFE-CGC "évite aux salariés des licenciements via un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi, NDLR) que la situation de Renault aurait pu justifier", a souligné le premier syndicat de Renault dans un communiqué.

De même, quand FO avait annoncé sa signature lundi à l'issue de la dernière réunion de négociation, le quatrième syndicat du groupe s'était félicité qu'il n'y ait "pas de départs contraints".

Sur les 2.500 emplois supprimés, "1.900 feront finalement l'objet d'un plan de départs volontaires, les 600 restants s'étant faits par départs naturels cette année", avait noté FO.

Outre des départs volontaires par rupture conventionnelle collective (RCC), possibles jusqu'à fin septembre 2021, l'accord contient un volet de "dispense d'activité" pour des salariés proches de la retraite, qui toucheront 72% de leur salaire brut.

Pour les personnels qui restent dans l'entreprise, le texte prévoit la possibilité de formations. Ce volet "de reconversion et d'évolution des compétences vise à maintenir le niveau d'employabilité des salariés", a relevé la CFE-CGC. "Par exemple, un ingénieur qui travaille sur les moteurs thermiques pourra envisager une formation certifiante sur moteurs électriques", a expliqué à l'AFP Guillaume Ribeyre, délégué syndical central (DSC) de ce syndicat.

"Ni queue ni tête" 

"Cet accord va permettre d'anticiper l'adaptation et le développement des nouvelles compétences et de répondre aux besoins de transformation profonde des métiers du secteur automobile", renchérit FO dans son communiqué.

De son côté, si la CFDT signe l'accord, elle est "toujours opposée à ces suppressions de postes qui n'ont ni queue ni tête", a déclaré à l'AFP son DSC Franck Daoût. "On reste très sceptique. On prend des risques en faisant partir des gens comme ça. C'est un peu brutal et ça va avoir un impact sur la charge de travail" de ceux qui restent, s'est-il inquiété.

Des points positifs ont tout de même été retenus par le deuxième syndicat de Renault, qui salue le dispositif de "formations lourdes pour changer de métier, sans perte de salaire ni de congés", a ajouté M. Daoût. Autre élément de satisfaction: le "système très précis de contrôle" de l'impact de cette restructuration sur les salariés. "Il y aura une surveillance de tous les départs. On pourra les arrêter s'il y a des problèmes", a-t-il dit.

La direction avait souligné la semaine dernière que l'accord contenait un "plan d'action pour accompagner le changement et renforcer l'écoute des salariés", avec des mesures de prévention des risques psychosociaux.

En parallèle aux départs et aux formations, a complété M. Ribeyre, la mobilité interne sera facilitée en permettant "des mobilités intermétiers" au sein du groupe et "tous les postes à pourvoir seront affichés".

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Avec AFP