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COMMENTAIRE

Reportage de France 5 : le jour où on laissera nos journalistes...

Le jour où on laissera nos journalistes – des talents, il n’en manque pas – traiter librement des sujets d’actualité, faire des documentaires et des reportages écrits ou filmés, décortiquant l’actualité, selon des points de vue contradictoires – car nous n’avons pas tous le même angle de vue – à ce moment on pourra avancer et regarder vers l’avant. 

Le jour où on libérera réellement le champ médiatique et politique, … qu’on laissera les gens s’exprimer librement, sans risque d’être traînés devant un tribunal parce qu’ils auront dénoncé la corruption, les passe-droits, le clientélisme… on avancera… 

Le jour où, faute d’arguments à faire valoir, on cessera d’invoquer des complots qui n’existent que dans la tête de ceux qui n’ont pas le courage de débattre contradictoirement, d’accepter le point de vue contraire même s’il ne plait pas, ou qui ont des choses à cacher…on pourra dire que l’Algérie est sur la bonne voie. 

A ce moment-là, nous n’aurons plus besoin de faire une fixation sur un documentaire étranger traitant de la situation algérienne, ni de convoquer l’ambassadeur de France.

Pour finir, Est-ce que Donald Trump  a convoqué les ambassades des pays alliés et autres,  parce que les médias de ces pays – Le Monde, le Guardian, El Pais, La Républica  – le tournent en ridicule, se moquent de lui ou le traitent de tous les noms ? 

Est-ce que la Chine, très critiquée en ce moment, accusée de tout et de n’importe quoi par les médias occidentaux, a convoqué les ambassadeurs des pays occidentaux pour émettre une protestation ? Non, ce grand pays n’en a nul besoin. 

Est-ce que Poutine – alors lui, il est accusé de tout, on peut même lui décerner la palme  – s’est offusqué de ce qu’écrivent les médias sur son sujet, des reportages à charge contre la Russie ?  Non, ça le fait sourire car, comme on dit chez nous « dezzou maahoum » ! 

Quant au documentaire de Mustapha Kessous, ça reste un point de vue d’un journaliste, rien de plus. S’il a fait du bruit, c’est parce que les télés de chez nous, qui disposent de moyens et de talents, ne peuvent pas faire librement des reportages objectifs sur le Hirak et les sujets qui fâchent, sans l’aval de ceux qui gouvernent. C’est aussi simple que ça. 

Au fond, l’Algérie a mal à sa presse et ses médias. 

Auteur
Hassane Zerrouky