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Crise à l'APN

Saïd Bouhadja débarqué : imbroglio à la tête de l'Assemblée

Le député du parti du Front de libération national (FLN), Mouad Bouchareb, a été élu ce mercredi président de l'Assemblée populaire nationale en remplacement de Saïd Bouhadja. Mais l'opposition a boycotté la séance d'aujourd'hui, considérant cette élection comme illégale, tout comme le président sortant.

Mouad Bouchareb a été élu nouveau président de l'Assemblée populaire nationale lors d'un vote à main levée en séance plénière. Il était l'unique candidat à ce poste. En plus de son parti, le FLN, il était également soutenu par les 100 députés du Rassemblement national démocratique (RND), le parti du Premier ministre Ahmed Ouyahya, ainsi que trois autres formations de la majorité présidentielle.

Or, selon la Constitution algérienne, seules trois conditions permettent la destitution du président de l'Assemblée populaire nationale : un décès, une incapacité ou une démission. En l'absence d'une de ces trois raisons, le poste de président de l'APN n'était donc pas vacant.

Le président de l'Assemblée Saïd Bouhadja refuse par conséquent de démissionner et se considère comme étant légitime à son poste car la procédure n'a pas été respectée. Elle ne tient compte ni de la Constitution ni du règlement intérieur de l'Assemblée.

Avec deux présidents à la tête de son Assemblée, le premier élu en 2017 et le second mercredi 24 octobre, l'Algérie risque de se trouver face à une nouvelle crise politique. Selon des observateurs, si le problème persiste, il conduira probablement à une dissolution de l'APN.

L’opposition dénonce une lutte politique entre clans du pouvoir et une atteinte aux institutions. Elle menace de saisir le Conseil constitutionnel et lie cette crise à la succession du président Bouteflika. Cette crise dangereuse et inédite dure depuis fin septembre. Les députés hostiles à Saïd Bouhadja mettent en avant la mauvaise gestion de l'ancien président de l'Assemblée.

Auteur
RFI