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COMMENTAIRE

Salah Goudjil, un vieillard de 90 ans, 2e homme de l'Etat

Le Conseil de la nation a vécu une pièce de théâtre que comme seul sait les confectionner le régime. Salah Goudjil, du haut de ses 90 ans, a été adoubé à main levée par ses pairs après que les deux autres candidats Kissari Mahmoud et Djeghdali Mustapha se soient retirés avant le début de la séance de vote.

Le scénario était écrit par des mains invisibles avant l'ouverture de la séance. Salah Goudjil était devenu président par intérim depuis le 9 avril 2019 quand Abdelkader Bensalah, très malade, avait décidé de se retirer de son poste de président. 

Depuis mercredi à 90 ans, Salah Goudjil est devenu le deuxième homme de l'Etat. Si le chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune (75 ans) malade, venait à disparaître c'est donc Goudjil qui le remplacera. 

Après avoir terminé la guerre avec le grade de commandant, Salah Goudjil est désigné contrôleur général du parti en 1963. Il occupera plusieurs postes de chefs de daïra avant d'être nommé le 16 avril 1978 président de la commission centrale du parti FLN, chargé des organisations de masse.

Il a fait partie des membres de la commission préparatoire du IVe congrès du FLN. Il restera ministre de différents gouvernements de mars 1979 jusqu'en février 1986. Fervent partisan du parti unique Salah Goudjil était un défenseur acharné du coup d'Etat de juin 1965. C'est dire que l'homme appartient à un passé révolu. Plus récemment il a été le coordinateur du "mouvement de redressement et de l’authenticité" du FLN.

Une question toutefois demeure : pourquoi Salah Goudjil, cacique du FLN, ancien ministre des Transport déjà en 1979, est intronisé maintenant président du Sénat alors que l'Algérie aspire à un renouveau ? Qu'est-ce qui pousse donc à choisir d'urgence ce personnage dans le grand âge ? La crainte d'une prochaine vacance du pouvoir ?

 

Auteur
Sofiane Ayache