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REGARD

Samuel Paty, hussard de la République

«Mais il vient toujours une heure dans l'histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort. L'instituteur le sait bien. Et la question n'est pas de savoir quelle est la récompense ou la punition qui attend ce raisonnement. La question est de savoir si deux et deux, oui ou non, font quatre.» La Peste, Albert Camus

Un crime immonde a été perpétré contre un enseignant de la région parisienne, contre la République française et contre l’ensemble des musulmans qui se réclament des Lumières. Nous sommes sidérés que l’on s’en prenne comme cela à l’essence même de la transmission des savoirs. Et cela en plein cœur de la région parisienne.

Autant le dire tout de suite, il s’agit d’une décapitation, c’est-à-dire pour le dire encore plus clairement, de la séparation du corps et de la tête d’un citoyen français et cela en France même.

La victime s’appelait Samuel Paty, elle avait 47 ans et était professeur d’histoire-géographie à Conflans au collège du Bois-d’Aulne. Les arguments qui ont poussé l’assassin islamiste à décapiter cet homme sont secondaires : on ne tue pas quelqu’un pour la simple raison qu’il a fait son travail, y compris en choquant des élèves ou des parents d’élèves. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est le contexte logique qui s’est imposé aux ennemis de la Raison et qui a commencé avec l’assassinat des membres de la rédaction de Charlie Hebdo.

Cela s’est passé le 7 janvier 2015 rue Nicolas Appert à Paris. La suite, nous la connaissons : le Bataclan et ses dizaines de victimes, les terrasses, le stade de France, le camion conduit par un islamiste sur la promenade des Anglais à Nice, les deux jeunes femmes tuées à la gare Saint-Charles à Marseille, les deux policiers de Magnanville… La liste est longue. Il y a aussi l’actualité brûlante des tribunaux.

Du 2 septembre au 10 novembre, nous sommes plongés au cœur du procès de Charlie. Il faut également rappeler qu’au même moment, d’autres procès se tiennent pour juger Sid Ahmed Ghlam et Farid Ikken, arrêtés dans les affaires terroristes de Villejuif et des policiers attaqués au marteau sur le parvis de Notre-Dame. Toujours dans le même temps, les perquisitions de l’ONG islamiste BarakaCity ont alimenté la haine de ceux qui se réclament d’une justice immanente et non de celle des hommes. Il faut rajouter que s’ouvrira le procès des attentats du 13 novembre 2015, dans moins de trois mois, et qu’il durera, sans doute, au moins la moitié de l’année prochaine.

C’est dans ces circonstances alourdies par les manifestations indécentes et la victimisation à outrance de tout ce que la France compte comme islamistes que Samuel Paty a été lâchement décapité à la sortie du lycée où il enseignait. Ajoutons à cela, l’attentat à la lame de boucher contre deux journalistes près des anciens locaux de Charlie Hebdo, attentat que le président de la République n’a même pas évoqué dans les jours qui ont suivi.

Et le pire est bien arrivé : les islamistes, qui haïssent au plus haut point l’école laïque de la République, ont réussi à frapper un des hussards de cette même école. C’est une tragédie sans équivalent.

Nous savons maintenant, et tous les témoignages vont dans ce sens, que ce soldat de la République a été abandonné par sa hiérarchie et livré aux islamistes les plus virulents qui ne se sont pas gênés de divulguer son nom, son adresse professionnelle et celle de son domicile. Le CCIF, cette officine qui a mis en exergue l’arnaque de l’islamophobie, a également parlé de l’affaire. Il convient maintenant d’enquêter sur cette mise en danger de cet homme et de trouver la chaine des coupables, tous les coupables.

Maintenant que la tristesse est passée, c’est la colère qui doit nous tenir de guide pour faire vivre l’école laïque de la République, une et indivisible. Et cette colère collective contre cette idéologie mortifère doit souder l’ensemble des démocrates laïques pour éradiquer définitivement cette abjection qui s’appelle l’islam politique et qui fait tant de mal aux pays du sud.

Entre les prêches des imams de certaines mosquées bien connues et la décision à prendre pour détruire une vie, le cheminement est plus mince qu’il n’y paraît chez les daechiens qui se terrent ici et là.

Ce sont ces sermons et ces homélies d’un autre âge qui arment la main des assassins.

N’oublions jamais ces héros tombés au champ d’honneur pour préserver nos propres libertés et nous rappeler que celle de caricaturer une religion nous aide aussi à sortir de l’obscurantisme. Aujourd’hui, je suis Samuel Paty mais demain j’exigerai, avec mes amis, que ceux qui nous dirigent et qui ne nous ont pas protégés, nous rendent des comptes.

Le totalitarisme islamiste a encore une fois frappé pour nous imposer son seul agenda. Il a frappé, par la violence et par la terreur, les fondements de la République laïque.

La faiblesse et la lâcheté de ceux qui sont au sommet de l’Etat ne cessent de nous exposer à cette violence d’un autre âge. Il est grand temps que la peur change de camp.

Auteur
Kamel Bencheikh, écrivain