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DECRYPTAGE

Si Sonelgaz met un genoux à terre, l’Algérie s'effondra !

Depuis le mini-remaniement du 24 juin dernier les sorties médiatiques de certains ministres sont parfois incendiaires lorsqu’ils ne sont anxiogènes.

Pourtant le président de la république dans les différentes conférences de presses qu’il a accordées à leurs responsables s’est montré très confiant jusqu’à  donner des chiffres pour rassurer l’opinion publique.

Ainsi dira-t-il notre pays dispose d’un matelas de devises de 60 milliards de dollars et une rentrée prévisible des ventes de Sonatrach de 25 milliards de dollars sans compter une production agricole de 25 autres milliards de dollars. Cela voudra dire que l’Etat maîtrise la situation socio-économique et ses relations avec ses principales entreprises publique surmontent grâce au soutien de l’Etat toutes les difficultés liées à la crise sanitaire. Une aide substantielle est même prévue pour le secteur privé sous plusieurs formes que le gouvernement est entrain d’étudier avec ses partenaires  les détails de leur contenu.

Il se trouve que certains ministres développent lors de leurs sorties médiatiques des discours émeutiers et ardents comme s’ils ne veulent pas respecter les consignes de rassurer les citoyens en ces périodes difficiles où  chaque jour près d’une dizaine meurent par le coronavirus. Ainsi le 13 juillet dernier, le quotidien soir d’Algérie titre en première  page «  le déficit de la CNR s’élève à 680 milliards de dinars » (01).

En effet, le journaliste et chroniqueur Hakim Laâlam a reçu le ministre du Travail et de la sécurité  sociale, Acheuk Youcef Chawki dans le cadre de leur quatrième rencontre en direct dite LSA-Direct mais le sujet semble confiné autour de cet axe anxieux car en quoi l’opinion publique est-elle concernée par ce chiffre qui reste du domaine des gestionnaires car c’est à eux de trouver une solution pour combler leur déficit ?

Pourquoi crier tout haut ce chiffre ? Que vise-t-il ? Que peuvent faire les retraités sinon s’affoler de leurs maigres revenus mensuels après toute une vie active ?

Enfin le 21 juillet dernier, une autre star du journalisme national Souhila El Hachemi  recevait le nouveau ministre de l’énergie, Abdelmadjid Attar pour s’expliquer sur la nouvelle feuille de route pour la relance socio économique initiée par le président Abdelmadjid Tebboune.

D’habitude réservé et direct, cette fois-ci il s’est confondu dans plusieurs contradictions notamment pour les deux principales entreprises publiques sur lesquels se repose toute l’économie du pays (02).

En si peu de temps, moins d’un mois, il a pu juger que Sonelgaz est à genoux, est-ce une opinion ou un diagnostic de fond qui lui a permis une telle humiliation d’un nombre important de travailleurs qui ont applaudi son arrivée pour résoudre les soucis et non d’en créer d’autres ?

Il faut dire que ce soit Sonatrach et sa sœur Sonelgaz, l’Etat ne leur a jamais demandé d’être rentables ou de dégager des bénéfices mais servir d’instrument puissant pour conduire la politique énergétique du pays. Sonatrach lui  cède le gaz au dinar symbolique alors qu’elle aurait pu le vendre directement au marché de spot à 100 fois ce prix.

Mais les deux entreprises obéissent à des contraintes sociales dans le cadre du plan de développement que conduit l’Etat.

Juste un exemple édifiant, lorsque ces deux entreprises était en difficultés en 2017, l’Etat a eu recours à la planche à billet pour rembourser ses dettes envers ces entreprises non pas parce qu’elles sont défaillantes mais elles  ont accompagné l’Etat dans sa conduite d’électrifier le pays à 98% et ramener le gaz dans les villages les plus lointains à près de 58% l’un des taux le plus grand en Afrique.

Le ministre lui-même se confond dans ses contradictions car il demande à Sonelgaz de brancher les zones industrielles pour leur permettre de créer des emplois « même si elles ne payent pas les 50% », Sonelgaz paie tout de suite, mais avec quel argent si l’Etat ne met pas la main à la poche. C’est donc une vieille tradition managériale crée entre l’Etat et ses instruments de développement et dans laquelle chacun trouve son compte et assume ses objectifs politiques.

Il déclare aussi qu’il est pour la prime d’encouragement pour ces deux entreprises aussi bien Sonatrach que Sonelgaz et reconnaît que c’est un problème de négociation interne dans laquelle le ministère n’a pas à s’immiscer alors pourquoi créer la pagaille en leur demandant de se sacrifier pour donner quoi ? Leur temps ? Une partie de cette prime ? Alors ?

Rabah Reghis                           

Renvois

 (01)-https://www.lesoirdalgerie.com/actualites/le-deficit-de-la-cnr-seleve-a-680-milliards-de-da-45039

(02)-https://www.youtube.com/watch?v=L9uV8Fr1lew&feature=share

Auteur
Rabah Reghis