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DECRYPTAGE

Tamazight : le pot de terre contre le pot de fer

La réhabilitation de tamaziɣt relève non seulement du droit inaliénable du peuple algérien auquel elle est liée par le lien de la terre et du sang, mais également une responsabilité qui incombe aux femmes et aux hommes de ce pays de veiller à sa préservation par devoir d’honorer la mémoire collective de son histoire vieille de quelques millions d’années et ce, pour un meilleur usage loin de tous les enjeux malsains de la politique de bas étage.

Quand le niveau de l’inertie atteint son paroxysme, des indus universitaires, viennent de nous alerter sur les dangers potentiels que peuvent susciter la valorisation et la promotion de notre identité nationale en décrétant du haut de leur piédestal le djihad à la langue tamazight au motif fallacieux de vouloir faire l’ombre à l’arabe et par-delà à la religion musulmane. 

Venant de citoyens lambda, cette sortie pour le moins suspecte et pas du tout innocente n’aurait pas inquiété grand monde, tant la culture de l’intolérance et de l’analphabétisme est rampante au sein d’une partie de notre société, mais de-là à emprunter le canal d’une institution étatique, qui est sensée apporter son éclairage en matière du savoir de l’histoire, se retrouve à préparer le lit de l’intégrisme et de la discrimination culturelle, ne mérite nullement d’être qualifiée de cette noblesse qu’est l’université.

Je suis prêt à parier que la grande majorité de ceux qui se sont manifestés  à vouloir tirer à boulet rouge sur tamazight, n’ont rien d’universitaires, pour la simple et bonne raison qu’aucun parmi eux ne peut se targuer d’avoir réalisé et publié un travail de réflexion d’utilité publique tout au long de leur parcours, mais de simples employés de l’État, grassement rémunérés pour services rendus.

Que Messieurs les universitaires autoproclamés sachent que tamazight a véritablement reconquis le terrain qu’elle a perdu et qu’elle n’est pas prête de vouloir le céder et ce, quels que soient les chemins parsemés d'embûches.

Votre sortie restera dans les annales de l’histoire et votre partialité fera légende dans le futur pour avoir enfreint la limite de l’indécence. 

Un lieu de culture et de savoir censé adopter la neutralité indéfectible en prenant une distanciation vis-à-vis des commérages et des tractations politiques au lieu d’enfiler le rôle des bourreaux liquidateurs en bonne est due forme d’une culture plusieurs fois millénaire. 

De part votre prise de position envers et contre la raison, vous venez de démontrer au monde votre mépris à l’endroit de l’histoire, et pendant qu’ailleurs on vivifie les langues et les cultures anciennes, chez-nous par contre, avec la tolérance zéro, non seulement mais en plus, cette intolérance  est le produit de l’université. 

Auteur
Rezki Djerroudi