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OPINION

Tebboune en démagogue

Il y a au moins une constance dans les déclarations des présidents successifs algériens, c'est tout bonnement l'aveuglement volontaire comme mode de perception de la réalité algérienne.

Au demeurant qui pendant la guerre d'indépendance osait se mettre de travers à l'enthousiasme entretenu par les militants nationalistes auprès de la masse algérienne ? Aux faux semblants de l'unité du peuple, les organes d'information qui certes menaient à l'usure une contre-propagande anticoloniale, cachaient la vérité sur les meurtres des frères d'armes.

Ainsi l'assassinat d'Abane Ramdane et de tant d'autres militants de la cause nationale a été instrumentalisé à outrance pour cacher les dissensions internes au FLN. Les historiens parmi lesquels Charles-André Ageron rapportent la systémacité du nettoyage pour la moindre suspicion ou désaccord mené par le contre-espionnage algérien (le MALG) contre les militants.

Il en fut ainsi durant la guerre où des milliers de personnes des deux camps ont été emportées par la violence des armes. Après tout, la guerre c'est la guerre. Malheureusement, la population n'en a jamais fini avec la propagande qui cache la malintention des acteurs le plus souvent assoiffés du pouvoir.

Après l'indépendance et durant des décennies, "l'Algérie révolutionnaire" obstruait toutes les voix discordantes qui critiquaient la dictature du parti unique. Cette ambiance savamment orchestrée par les opportunistes de tous bords a occulté la réalité du pays qui, a contrario, d'une vigilante observation des faits, faisait tout du moins dans le discours, l'Algérie: "le Japon de l'Afrique".

Comme les choses ont mal tourné, le désastre industriel qu'a connu le pays a réduit à néant le prétendu développement et il s'en est suivi une débandade idéologique qu'il fallait quant même couvrir par la nécessité d'une ouverture économique au profit d'une mafia politico-financière.

Ainsi vont les choses mais le discours du nationalisme creux continue à évoquer le danger de l'étranger comme si l'Algérie est la principale convoitise des puissants alors que la richesse du sous-sol est partagée entre la classe compradore et les grands firmes multinationales. Du coup, l'évocation du danger de l'étranger est une autre forme de communication pour palier l'impopularité d'un régime moribond.

La fanfaronnade populiste portée par la propagande officielle n'a plus de prise sur les gens en Algérie au point que même les moins politisés disent "Fakou". Pire, la plupart de jeunes et moins jeunes, hommes, femmes et enfants veulent prendre clandestinement le bateau pour quitter le pays.

La lassitude de la population envers un régime qui a ruiné l'Algérie est une autre expression de la mauvaise vie des Algériens. Tout au contraire de la population, les autorités maquillent sciemment la réalité en manipulant les chiffres et les lettres d'une fantasmagorie empreinte indélébile du mensonge de l'Etat. Pour tout dire, que peut faire un Etat en faillite c'est tout simplement mentir ?

Cette règle qui semble correspondre à la haute volée du machiavélisme est bassement une des pièces maîtresses dont dispose un pouvoir pour au mieux colmater des brèches et au pire cacher le désastre de la réalité.

Tout compte fait et c'est comme ça que le président Tebboune agit en travestissant la réalité comme si les Algériens sont à ce point dupes. Sur tous les plans, il travestit volontairement non pas pour convaincre les plus hostiles des citoyens algériens mais pour faire "mauvaise fortune bon coeur" auprès de ses partisans.

A la rigueur, le discours du président n'a qu'une portée limitée sur l'opinion algérienne parce qu'il sait qu'il n'a pas été élu par le peuple et plus encore, il sait mieux que quiconque, comme tous ceux qui se sont présentés à l'élection présidentielle qu'il ne représente pas du tout le pouvoir réel. En tant qu'enfant du système, il ne fait que reproduire un modèle très accommodant pour lui et pour tous ceux qui le soutiennent.

A tout point de vue, l'exercice du pouvoir illégitime par Abdelmadjid Tebboune est une autre façon de perpétuer la tutelle exercée par l'armée sur l'Etat en Algérie. Autant dire que les chiffres avancés ou la parole dite du chef de l'Etat algérien ne sont que le miroir d'une méprise contre le peuple algérien.

Auteur
Fatah Hamitouche