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Hommage à Hocine Aït-Ahmed

À toi qui es toujours dans nos cœurs

Né le vendredi 20 août 1926 en Algérie et décédé le mercredi 23 décembre 2015 en Suisse, Hocine Aït-Ahmed est l’un des neuf dirigeants historiques du Front de Libération Nationale Algérien. En 1977, il a soutenu à l’université de Nancy une thèse de Doctorat d’État en Droit, intitulée “Les droits de l’homme dans la Charte et la pratique de l’OUA”. Combattant aux convictions imperturbables et au parcours politique d’une longévité et d’une constance exceptionnelles, il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont La Guerre et l’Après-guerre, Minuit, 1964 (réédité en 2004 par Bouchène) ; L’Afro-fascisme, L’Harmattan, 1979 (essai rédigé à partir de sa thèse, réédité en 2000) ; Mémoire d’un combattant, L’Esprit d’Indépendance, 1942 – 1952, Messinger, 1983 (réédité en 2002 par Barzakh) ; L’Affaire Mécili, La Découverte, 1989 (réédité en 2007).

Te rappelles-tu, Da L’Hocine, de ce mardi 29/12/2015 et de la venue du chanteur Idir au centre funéraire de Montoie à Lausanne ?

Il t’a chanté “Cheikh Mohand”, une chanson qui te résume bien selon lui. Elle parle de ton aïeul, le marabout Cheikh Mohand El-Hocine. Tu as écrit dans tes mémoires que c’était un sage, un grand poète. On vantait sa facilité proverbiale à improviser poétiquement sur des maximes, des leçons de morale, voire des versets du Coran dans leur traduction berbère. Notre poète errant du 19e siècle, Si Mohand Ou M’hand, lui a d’ailleurs consacré un long poème.

Toi aussi, tu as été un grand sage, un amoureux des mots, qui a exprimé de bien nobles pensées philosophiques et politiques, autant dans des discours que dans des livres qui ne cessent de nous surprendre encore aujourd’hui par la justesse de leur analyse. Bien des pages de tes œuvres éclairent toujours les chemins de doute de notre monde contemporain. Quel plaisir de lire tes mémoires qui décrivent les terres de ton enfance et de réentendre cette phrase si mélodique !

Je suis né dans un village perdu au fin fond d’une vallée de la Haute-Kabylie, à quelque mille mètres d’altitude.

Oui, tu as vu le jour sur les hauteurs du Djurdjura qui ont fait de toi un homme bien trempé.

Nous nous souvenons encore de l’époque où tu étais un petit écolier. Dure était déjà ta vie ! Tu n’avais que six ans et tu avais dû émigrer chez une tante, pour te rapprocher de l’école française.

Tu nous rapportes que dès cinq, six heures du matin, tu allais apprendre le Coran, puis tu partais pour Michelet, le centre administratif, où se trouvait l’école primaire, et tu rentrais vers cinq, six heures du soir. Au total, tu faisais à pied un trajet quotidien d’une dizaine de kilomètres.

Plus tard, tu t’es éloigné de ton village natal et tu as parcouru des dizaines de milliers de kilomètres… Tu es entré au lycée à Ben Aknoun, tu as fait des tournées diplomatiques aux quatre coins du globe durant la Guerre de Libération, puis, après l’Indépendance, tu as connu un exil forcé en Suisse…

Là, tu as découvert les belles rives du lac Léman, un lac si clément pour tous les exilés comme toi, homme au combat si altier ! Tu as vécu dans un pays neutre et pacifique qui ne pouvait que convenir au démocrate que tu es.

Selon tes dernières volontés, tu es revenu définitivement dans ton village natal qui porte ton patronyme, Ath Ahmed, pour y être inhumé le vendredi premier janvier 2016. Un million de personnes t’ont accompagné jusqu’à ton ultime demeure. L’Algérie a décrété huit jours de deuil national pour rendre hommage au dernier « fils de la Toussaint ».

Nous savons tous que là où tu es désormais, tu entends encore la chanson d’Idir comme ces paroles de remerciements que nous t’adressons aujourd’hui pour tout ce que tu as fait pour nous. Sans toi il n’y aurait pas eu de libération. Sans tes appels à la mobilisation, tout élan vers la liberté n’aurait pas pu aboutir. Toi qui dès le début des années 1940 as posé les premiers jalons de l’Indépendance, tu as su rassembler la fine fleur des hommes valeureux et les mettre sur le chemin de l’action.

Te rappelles-tu, Da L’Hocine, des massacres du huit mai 1945 et de ta prise de conscience de l’obligation du passage à la lutte armée ?

En 1947, tu as été nommé à la direction de l’Organisation Spéciale (l’OS), à la suite de Mohamed Belouizdad, atteint de tuberculose (qui décédera le 14 janvier 1952 dans un hôpital parisien). Durant deux ans tu t’es attelé à mettre en place à l’échelle nationale les structures pour la formation politique et militaire des futurs insurgés. Tu as eu la confiance de nombreux frères. Ils t’ont écouté et suivi sur cette dure voie, toi, l’intellectuel qui par la force des choses est devenu un combattant.

Dans son livre “L’arme secrète du FLN – Comment de Gaulle a perdu la guerre d’Algérie”, Payot-Rivages 2014, l’historien Matthew Connelly a écrit que c’est la stratégie élaborée à Zeddine (Aïn Defla) qui “a fait basculer la Guerre d’Algérie” et que l’homme qui “a élaboré cette stratégie”, c’est bien toi.

C’est en effet à la réunion du comité central élargi du mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), tenue fin décembre 1948 dans la ferme familiale de Djillali Belhadj, que tu as présenté un rapport sur les formes et la stratégie de la lutte armée. Adopté avec une seule voix contre ‒ celle de Djamel Derdour ‒ et une abstention ‒ celle de Messali El-Hadj Président du MTLD, ce rapport deviendra plus tard la stratégie du front de libération nationale.

En mars 1949, en tant que Responsable de l’OS, tu as planifié le braquage de la poste d’Oran, auquel tu as participé, sans effusion de sang. Avec un butin d’environ trois millions de francs, tu as acheté des armes à Gadames, en Libye, que tu as acheminées à dos de chameau en Algérie.

Recherché par les autorités françaises, tu t’es installé en mai 1952 au Caire, désigné comme membre de la délégation du MTLD en exil.

Mais parallèlement à l’action active, tu as toujours insisté sur l’importance de la diplomatie pour donner une visibilité politique du mouvement de libération national au niveau international.

C’est ainsi qu’en avril 1955, tu as conduit la délégation algérienne à la Conférence de Bandung, capitale de Java Occidental. Une année plus tard, tu as ouvert et administré le bureau de la délégation du front de libération nationale à New York. Grâce à toi, en septembre 1956, le problème algérien a été inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, ce qui a provoqué le retrait retentissant de la délégation française. “La Bataille d’Alger s’est jouée autant à Alger qu’à New York” a également écrit Matthew Connelly.

Au Congrès de la Soummam du 20 août 1956, tu as été nommé comme l’un des 17 membres titulaires du Conseil National de la Révolution Algérienne.

Puis, en compagnie de quatre de tes compagnons d’armes (Ahmed Ben Bella, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider et Mostefa Lacheraf), les autorités françaises t’ont arrêté, en octobre 1956, lors de l’arraisonnement de l’avion à destination de Tunis où devait se tenir une conférence maghrébine de la Paix.

Durant toute ta détention ‒ jusqu’à ta libération après la signature des Accords d’Évian, le 18 mars 1962, tu n’as jamais cessé de communiquer avec les dirigeants du front de libération nationale. Tu leur as même suggéré la création d’un gouvernement provisoire en exil (fondé finalement au Caire le 19/09/1958 avec pour premier Président Ferhat Abbas).

Te rappelles-tu, Da L’Hocine, de cette période qui a suivi l’Indépendance ?

C’était une drôle de période, à la fois sombre et pleine de fausses espérances. Tous les Algériens étaient heureux d’être enfin libres et espéraient de grandes choses… Hélas, très vite, ils durent déchanter, car la nouvelle nation qui devait tous les réunir s’était transformée en une lutte sanglante pour le pouvoir. Ce ne fut bientôt plus que des arrestations et des éliminations en série jusqu’à l’assassinat du Ministre des affaires étrangères, Mohamed Khemisti que tu qualifias alors d’attentat contre le prestige de la révolution algérienne…

Dans ton intervention du 11 avril 1963 en tant que député à l’Assemblée Nationale Constituante (Président Ferhat Abbas), tu as dit aussi que notre peuple en a assez du sang, en a assez de la mort, en a assez des crimes… qu’il voulait vivre en paix, car la paix est la condition objective minimale sans laquelle rien ne pourra se faire. Puis, tu as demandé que l’Assemblée soit informée de l’évolution de l’enquête que l’exécutif a promis de mener à bon terme.

Le 25 juin 1963, alors que Mohamed Boudiaf venait d’être arrêté, tu as proposé d’inscrire à l’ordre du jour de l’Assemblée Nationale la question de la dégradation de la situation générale de ton pays. Tu as précisé que “les quelques incidents, les quelques manifestations pacifiques ou violentes que l’on vient d’enregistrer reflètent cette dégradation. L’arrestation du frère Boudiaf et de quelques autres militants aggrave ce processus”.

Parce que tu as cru au multipartisme politique, parce que tu as pensé que la mission du FLN s’est achevée avec l’Indépendance de l’Algérie, en septembre 1963, tu as créé le Front des Forces Socialistes avec de nombreux amis (Akli Mokrane alias Mohand Oulhadj, Slimane Dehilès alias Si Sadek, Abdennour Ali Yahia, Ali Mécili…). Sur toi se sont alors abattues les foudres du pouvoir exécutif qui ‒ pour légitimer son trône a estimé que le FLN est l’unique et éternel parti de tous les Algériens (le parti communiste a été interdit, Ferhat Abbas ‒ opposant à la politique de Ben Bella ‒ a été emprisonné à Adrar à l’âge de 64 ans).

Aussi, le 17 octobre 1964, accusé de séparatisme berbère, tu as été arrêté à Ath Zellal (Souamâa, Tizi-Ouzou), condamné à mort, puis gracié. Depuis ta prison de Lambèse, tu as mandaté une délégation pour signer un accord avec le Président Ahmed Ben Bella. Rendu public le 16 juin 1965, cet accord a abouti à la libération de trois mille détenus ‒ militants du FFS et à la reconnaissance de facto de ton parti comme parti d’opposition. Mais trois jours plus tard, le coup d’État ‒ “correction révolutionnaire” selon son auteur ‒ du Ministre de la Défense, Houari Boumediène, a mis fin à toute possibilité d’ouverture vers le pluralisme politique. Alors on t’a emprisonné à nouveau, puis poussé à l’exil après ton évasion de la prison d’El-Harrach, le 1er mai 1966.

En Europe, les épreuves ne t’ont pas épargné. La plus difficile pour toi a sans doute été la mort d’Ali Mécili, assassiné devant son domicile parisien, le 7 avril 1987. Deux mois plus tard, la police française a arrêté le tueur, un jeune algérien qu’elle a réexpédié à Alger où il a bénéficié de l’impunité. Dans ton livre “L’Affaire Mécili” tu retraces en détails les circonstances et les raisons de l’assassinat de ton ami.

Te rappelles-tu, Da L’Hocine, de ce fameux jour de décembre 1989 ?

L’appel de ton pays natal est devenu si fort que tu es revenu chez toi… À ta descente d’avion, tu t’es agenouillé et tu as embrassé le sol de l’Algérie… Puis tu as demandé où sont les femmes, car, comme Aragon, tu penses que la femme est l’avenir de l’homme… À plusieurs reprises tu leur as d’ailleurs rendu hommage pour le rôle essentiel qu’elles ont joué durant la Guerre de Libération. Tu as déclaré aussi que sans elles l’Algérie ne serait jamais devenue indépendante…

Tu as de nouveau cru au multipartisme de l’Algérie. Tu as voulu participer à l’élan démocratique de ton pays… Tu as alors sillonné tout son territoire pour soutenir les candidats de ton parti aux législatives du 26 décembre 1991.

Lors d’un meeting, après avoir rappelé le paradoxe de ton pays, tu as émis un vœu :

Le plus grand paradoxe aujourd’hui est que ce pays qui a été à l’avant-garde de la décolonisation soit à la traîne du changement, de la démocratisation. Nous, nous tous, ensemble, ici et là-bas, nous devons prendre notre place face et dans l’Histoire. Avant de vous laisser à la musique, je ne peux m’empêcher de rappeler le chant des bidonvilles brésiliens : Rêver seul, ce n’est qu’un rêve. Rêver ensemble est le début de la réalité.

Oui, tu as émis le vœu que tes compatriotes rêvent ensemble, un vœu qui ne s’est pas exaucé, à ton grand regret, car le 11 janvier 1992, le processus électoral a été stoppé net.

Le 29 juin 1992, le Président Mohamed Boudiaf a été assassiné par sa garde rapprochée, en direct à la télévision nationale pendant qu’il prononçait son discours à la Maison de la Culture d’Annaba. C’est le troisième père historique de la révolution algérienne à connaître ce sort (après celui de Mohamed Khider ‒ assassiné à Madrid en 1967 et celui de Krim Belkacem, assassiné à Francfort en 1970). Alors tu as repris le chemin de l’exil… Mais tu as continué à œuvrer pour la réconciliation de tous les Algériens…

Au Colloque de Rome du 13 juin 1995, où se sont réunis sept partis politiques (FFS, FIS, FLN, JMC, MDA, MRI/Ennahda et PT) et la ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH), tu t’es réjoui que les Algériens se soient retrouvés et tu as dit :

Nous avons voulu montrer que nous étions capables de nous rencontrer, de nous parler, d’exprimer nos divergences et, malgré elles, de trouver le dénominateur commun minimum susceptible de faire sortir l’Algérie du cauchemar dans lequel elle agonise depuis trois ans.

Le contrat de six pages, signé par tous les participants, stipule “l’engagement de respecter la démocratie, l’alternance politique, les libertés individuelles dont la liberté de confession” et dénonce “la violence comme moyen d’arriver au pouvoir et de s’y maintenir”. Mais le Haut Commandement militaire a rejeté catégoriquement cette offre de paix, arguant que son acceptation serait une capitulation face à “la barbarie islamiste”.

Malgré ce nouvel échec, tu as poursuivi, fidèle à tes convictions, ton combat pour l’instauration d’une démocratie algérienne, notamment à chacune de tes participations au Conseil de l’Internationale Socialiste. Puis, le 23 mai 2013 à Zéralda, à l’occasion du cinquième Congrès du Front des Forces Socialistes, tu as annoncé ton retrait de la vie politique et tu as prononcé ces paroles :

La lutte du FFS pour la démocratie est une lutte pour la consécration de la liberté et de la souveraineté de l’Algérie en chaque Algérienne et en chaque Algérien, à travers des institutions légitimes et un État de droit qui en assure le respect, le bon fonctionnement et la pérennité. Ceci n’est pas un détail. Ceci est le socle sur lequel le reste pourra être construit. Nous devons être unis sur cela pour pouvoir diverger démocratiquement sur le reste.

Tu n’as souhaité que du bien à ton peuple qui hélas a connu bien des maux, mais tu n’as jamais perdu l’espoir, o toi homme prométhéen qui a voulu donner à tous la flamme de la liberté et de la démocratie, o toi épris de vérité et de justice, qui nous a légué l’Espérance de voir venir une ère nouvelle.

Te rappelles-tu, Da L’Hocine, de ta venue à Akfadou pour soutenir la candidature de Tahar Khalfoune aux législatives du 26 décembre 1991 ?

Tu nous as raconté une anecdote. Elle s’était passée à Alger, au siège de ton parti. Le Maire de la commune de Aïn-El-Hammam était venu te voir pour te remettre un document officiel écrit en arabe. Tu l’avais lu d’une traite. Eh oui, tu avais appris la langue de Taha Hussein dans une école coranique. Ce document attestait ta lutte armée de 1954 à 1962. Toi qui as côtoyé Nehru, Sakarno, Chou En-lai, Nasser et bien d’autres illustres noms qui tous t’ont appris l’humilité ‒ si besoin était, car tu es né humble au sens noble du terme, peut-être parce qu’on oublie souvent ce que tu as fait pour l’Algérie depuis ton adhésion en 1943 ‒ tu n’avais que dix-sept ans au Parti du Peuple Algérien de Messali (devenu après sa dissolution en 1946 le MTLD), ce jour-là tu lui as fait comprendre avec subtilité que ton combat avait débuté bien avant, en lui répondant dans ta langue maternelle :

as 1954, ariγd azal (en 1954, je suis rentré me reposer).

Quant à nous, jamais nous n’oublierons ce que tu as écrit dans tes mémoires :

Il n’est pas mauvais d’en appeler au sacré pour lutter contre les démons qui nous poussent à prendre la place d’autrui, toute la place. Savoir écouter la misère, la détresse de notre semblable, savoir écouter tout court, voilà ce qui rend possible le dialogue. Il y a là un héritage ancestral qu’il faut développer et affiner.

Nous tous qui t’avons aimé, nous t’écoutons chaque jour dans notre cœur et notre esprit, car tes paroles multiples ont d’infinies répercussions, comme en toi les notes de Chostakovitch, l’un des compositeurs que tu aimais le plus et qui affronta aussi le tragique de l’existence.

Permets-moi de te dédier cette humble chanson : Lavγi (Désir/Desire).

Idir Tas, écrivain

Lavϒi

(Izli-Aḥiḥa)

Amar aḍ tavεaɣ uliw

aḍafkaɣ lavɣi irayiw

aḍadug aġar laḍyur

aḍ zagraɣ mara labḥur

 

Aḍ ruḥaɣ ar Marikan

adzuraɣ a Niagara

adawiɣ alǧahd abaman

ḍalhiva Nebraska

 

Aḍ qadmaɣ ara Chili

anda iεada Che Guevara

achḥal ṭalha ṭileli

idnufa g avriḍ asa

 

Izli-Aḥiḥa

 

Aḍ ruḥaɣ ar Canberra

adzuraɣ Yarralumla

aḍ haḍraɣ s ngunnawal

kul ṭazniqṭ asefkeɣ awal

 

Aḍ qadmaɣ ar Rivonia

adamak'ṭiɣ Mandela

27 nesna ḍamaḫvus

ugefka yiwen ass afus

 

Izli-Aḥiḥa

 

Aḍ ruḫaɣ a New Delhi

adzuraɣ L'Mahatma

asiniɣ aεziz yimi

idinan awal lahna

 

Aḍ qadmaɣ ar Calcutta

ad zulaɣ ag Nakhoda

adawiɣ satya ḍa rahma

laḳwen mara

 

Izli-Aḥiḥa

 

Aḍafkaɣ lavɣi iw aḍu

itt suḍun ag Tombuctu

ayi d awi ar Tassili

anda ura imesli

 

Aḍ qadmaɣ ar Aṭ Yaẖia ṭamurṭ na churafa

da L'Hocine ayatt εasa

af tugdut att tamazɣa

Désir

 

(Refrain)

Si je suivais mon cœur

Je donnerais raison à mes envies

J’accompagnerais les oiseaux

Je traverserais toutes les mers

 

J’irais en Amérique

Visiter les chutes du Niagara

Je ramènerais la puissance de l’eau

Et toute l’aura du Nebraska

 

Je poursuivrais jusqu’au Chili

Là où est passé Che Guevara

Combien est belle la liberté

Trouvée sur notre route aujourd’hui

 

Refrain

 

J’irais à Canberra

Visiter le quartier de Yarralumla

Je parlerais en ngunnawal

Chaque rue aura son mot

 

Je poursuivrais jusqu’à Rivonia

Pour me souvenir de Mandela

27 ans de prison

Sans baisser un jour les bras

 

Refrain

 

J’irais à New Delhi

Rendre visite au Mahatma

Je lui dirais cher est le palais

Qui a prononcé le mot paix

 

Je poursuivrais jusqu’à Calcutta

Je prierais dans Nakhoda

Je ramènerais la vérité

Et la bénédiction de tous les frères

 

Refrain

 

Je donnerais raison au vent

Qui souffle de Tombouctou

Il m’emmènerait jusqu’au Tassili

Là où est écrite la parole

 

Je poursuivrais jusqu’à Aït Yahia

Le pays des nobles et des pieux

Grand-frère Hocine veille

Sur la démocratie et la Berbérie

Desire

 

(Tune)

If I followed my heart

I would agree in my desires

I would accompany the birds

I would cross all the seas

 

I would go in America

To Visit Niagara falls

I would get the power of the water

And all the aura of Nebraska

 

I would continue up to Chile

Where Che Guevara passed

How is beautiful the freedom

Found on our road today

 

Tune

 

I would go in Canberra

Visit the district of Yarralumla

I would speak in ngunnawal

Every street will have its word

 

I would pursue until Rivonia

To remember me of Mandela

27 years of prison

Without falling one day arms

 

Tune

 

I would go in New Delhi

Visit the Mahatma

I would tell him expensively is the

Palace who pronounced the word peace

 

I would pursue to Calcutta

I would pray in Nakhoda

I would return the truth

And the blessing of all the brothers

 

Tune

 

I would agree in the wind

Which blows of Timbuktu

It would take me until Tassili

Where is written the word

 

I would pursue until Aït Yahia

The country of the noble persons and the pickets

Big Brother Hocine

Stay up on the democracy and the Berbérie

Extrait de “Le murmure du figuier bleu”, d’Idir Tas, L’Harmattan, septembre 2014 (repris dans “Chansons du figuier bleu”, LEN, juin 2016).

Auteur
Idir Tas, écrivain
 

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