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TRIBUNE

Un jeudi 12 décembre 2019 décisif et historique

C'est un moment de bascule, une dernière chance pour l'Algérie. 

- Ou c'est la reconduction du système et l'écroulement est absolument inévitable. Le pays tombera immanquablement dans le déclin avec comme conséquences la régression économique, l'affaiblissement drastique du pouvoir d'achat, la détérioration sans précédent des services publics déjà au plus mal, la dégradation de la vie sociale, la baisse vertigineuse de la valeur du dinar, la régression globale à la manière vénézuélienne ! Des millions d'Algériens tomberont dans le dénuement, dans la détresse, dans la misère. 

- Ou c'est la rupture radicale avec ce système et la renaissance est possible ! 

Il s'en suivra une courte période difficile, très difficile (2 à 3 ans) pendant laquelle il faudra tout reconstruire, tout remettre à plat, tout redéfinir. La priorité des priorités est de redonner confiance. Chaque Algérien devra se sentir écouté, compris et respecté. Il devra se sentir partout chez lui et partout en sécurité. L’algérienne devra se voir clairement égale de l’Algérien. Alors et seulement alors, s'ouvrira une période de reconstruction : refonder l'État en mettant en place les fondamentaux de la démocratie qui redonneront espoir à l'Algérien et le convaincront de se mettre au travail. L'innovation et le progrès seront possibles et feront alors de l'Algérie un pays attractif.

Aujourd’hui, l’État est contre la Nation

Refonder l'État c'est le rendre modeste. Le rendre modeste, c'est lui donner des missions précises et limitées, c'est le décentraliser totalement avec un nouveau découpage administratif qui tienne compte des spécificités régionales en matière culturelle, cultuelle, linguistique, industrielle, agricole, environnementale, etc. etc. Des prérogatives larges devront être transférées aux régions et aux localités. L'Algérien doit devenir acteur chez lui, être copilote de son avion et non plus simple passager.

Aujourd’hui, l’État est contre la Nation. C’est pourquoi elle est fragmentée. Le coupable ce n’est pas le peuple. Celui-ci démontre depuis dix mois qu’il est capable de cohésion, de fraternité, d’unité dans la diversité, de projection sur l’avenir. 

Le verrou c’est l’État militarisé. Il a tout fait pour immobiliser la société, il a tout fait pour tuer dans l’œuf tout changement, toute évolution, tout progrès. Il est la source des problèmes du pays : éducation au rabais, crise économique, crise de l’emploi, système de santé défaillant, régionalisme, discrimination, islamisme radical, etc. etc. 

L’implication de l’armée dans le trafic de drogue, dans la corruption à grande échelle, dans l’instrumentalisation de la justice, dans le verrouillage de l’information a fini par surgir violemment à la face du monde. Combien de généraux et autres officiers sont en prison ? Combien devraient répondre de leurs actes devant la justice ?

Le coupable du chaos dont on ne peut mesurer aujourd’hui l’ampleur et qui s’annonce encore grandissant est l’armée au pouvoir depuis 1962. Inutile de se voiler la face, il faut avoir le courage de le dire, c’est le système Boumediène inspiré du régime nassérien qui a caporalisé la société et continue de le faire. Si nous n’y mettons pas fin ce 12 décembre 2019, nous continuerons d’en payer la note. De plus en plus lourdement. 

La rupture est un impératif grâce auquel l'Algérie peut prétendre devenir une Grande Nation, un État de Droit, une Démocratie Majeure, un Pays Respectable et Respecté.

Comme disent les âarchs, le combat continue ... 

Auteur
Hacène Hirèche (consultant - Paris)
 

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