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REGARD

Une justice qui souffre d’injustice !

La justice ne fonctionne pas à coups d'ardoise magique ! Sa réforme n'est pas une question de quelques jours, mais d’années, et peut-être même de décennies entières.

Lorsque mes compatriotes entendent les médias publics jubiler et dire, sur un ton emphatique : «la justice s'est enfin libérée !», suite aux dernières incarcérations d’anciens hauts responsables impliqués dans des affaires de corruption, beaucoup d’entre eux éclatent de rire.

Sauf à paraître idiot ou atteint d’une amnésie cérébrale aiguë, une telle affirmation ne convainc plus personne. Cela est d'autant plus logique que la culture de la justice n'est pas inscrite ni dans les mentalités des citoyens, ni dans les mœurs publiques de gestion, ni moins encore dans l'imaginaire collectif, marqué par les inégalités et l’arbitraire administratif. Paralysée par nombre de dysfonctionnements bureaucratiques, la justice dans notre pays est prise dans l'étau du désaveu de l'élite et de l'indifférence des masses qui n'y croient plus.

En effet, pour ceux qui ne voient aujourd’hui que Cassandre et les alarmistes pathologiques de tout bord, en parler même serait ridicule. Mais pourquoi ? C’est simple, argument-ils, l’impact des dégâts du rouleau-compresseur de la corruption sur le corps de la société et les appareils de l’État a été si fort qu’il n’a laissé que peu d’espoirs à une remise à niveau, en temps raisonnable, de la machinerie judiciaire grippée.

Du bas jusqu'en haut de l'échelle de la pyramide, le pourrissement n'est un secret pour personne.

Exposée aux pressions de toutes sortes de la part des exécutifs qui se sont succédé au pouvoir depuis l'indépendance, le secteur de la justice est façonné à l'image de l’autoritarisme que subit l’Algérie, c'est-à-dire dans un étrange mélange de peur des juges des représailles en cas d’application de la loi sur certaines grosses légumes, d'incurie, de corruption massive et de passe-droit. Une situation rendue inextricablement complexe par le fait qu’il n’y ait plus de séparation effective entre les pouvoirs.

C’est pourquoi, la thérapie n'est pas systématiquement liée à une overdose médicamenteuse de traitement politique, mais à la révision sérieuse de toute l’architecture juridique du pays : du statut du magistrat, le processus de confectionnement des lois et leur application réelle sur le terrain, à l’indépendance de la justice elle-même de la mainmise du pouvoir politique.

Il est malheureux de constater que, durant ces dernières années d'opulence financière, le pays qui accuse déjà un retard énorme en matière de mise en place d’institutions étatiques dignes de ce nom, n'a pu malheureusement réformer son système judiciaire pour mieux l'adapter aux énormes défis qui attendent la société.

L’actualité et ses rebondissements ont prouvé qu’un pays où la justice souffre d’injustice est difficilement réformable.

 

Auteur
Kamal Guerroua
 

Commentaires

Permalien

c'est plus un règlement de comptes entre narcissiques, frustrés, jaloux, et haineux, qu'autre chose,
une justice indépendante, ça veut dire simple que les juges rendent leurs verdicts selon les lois,
ce qui n'est pas le cas puisque pour les mêmes griefs, les sentences ne sont pas les mêmes,
ça doit être un hasard, mais les incarcérés sont tous des kabyles et les relaxés et mis sous contrôle judiciaires ne sont pas des kabyles,
les malins diront que tahkout et kouninef ne sont pas kabyles, mais il se trouve qu'ils portent des patronymes qui sonnent kabyle, ça doit être ça l'erreur, et qui sait, peut être qu'ils sont kabyles,
il semble que ce qui se passe, n'est pas juste, et ce n'est pas de la justesse non plus, et surtout pas de la justice,

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