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REGARD

Une opposition en chute libre

Image retirée.Il est vrai que la conférence dite du changement, boycottée par une grande partie de l'opposition, n'a fait que reprendre la feuille de route de Bensalah, ce qui est en soi, si l'on ose dire, un reniement du mouvement de dissidence populaire.

En effet, dans le but de piéger l'opposition, le pouvoir lui a laissé le soin de définir, à travers un dialogue auquel il n'a pas participé, tous les mécanismes, les garanties et l'échéancier de l'élection présidentielle qui devraient permettre à l'Algérie de tourner la page de la crise.

Or, l'on sait bien que la nomenklatura n'a pas changé d'un iota sur son approche de départ et ses priorités qui sont, en principe, le refus d'une période de transition, le respect du cadre constitutionnel, comprendre le maintien en poste du chef de l'État et du Premier ministre et l'organisation d'une élection présidentielle dans des délais «raisonnables». Autrement dit, tout le contraire des revendications réitérées chaque vendredi par des foules en révolte. 

La question qui se pose maintenant est la suivante : si l'initiative du dialogue de l'opposition cadre avec celle du pouvoir, pourquoi perdre autant de temps pour négocier et tenter de trouver des solutions à une crise qui paraît insolvable ? On dirait que tout le monde est en train de s'essayer à un numéro de spectacle sur le dos de ce brave peuple alors que les choses sont claires : tout le système est prié de prendre la porte de sortie.

Puis, est-il possible de parvenir à un consensus et rassembler le peuple autour d'un seul mot d'ordre quand on se rend compte que cette opposition elle-même souffre de profondes divisions dans ses rangs ? Peu impliquée dans la vie politique du pays depuis plus de vingt ans, mal structurée et longtemps parasitée d'en haut, celle-ci est discréditée au même titre que le régime qu'elle dénonce aux yeux d'une opinion publique, complètement désabusée. Ce qui la fragilise, l'affaiblit et la rend inaudible. 

Proposer, négocier et prendre des initiatives politiques d'une telle envergure, quand on n'a presque aucune assise populaire solide, n'est-il pas comme imiter Sisyphe dans ses tentatives de pousser une pierre au sommet d'une montagne, d'où elle finit toujours par retomber ?

On est, à vrai dire, en présence de tous les ingrédients de déliquescence d'une classe politique en mal de légitimité. Abdelaziz Rahabi a beau mettre sur le tapis ses talents de diplomate pour rassembler, ses essais se ramènent à un cuisant échec. Hélas ! La digue a cédé avant même que l'eau n'eût atteint son niveau le plus élevé. 

Auteur
Kamal Guerroua
 

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