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COUP DE GUEULE

Wlad lahram !!!

Les tondeuses de la prison d’El Harrach rugissaient d’allégresse cette fin de semaine. Des têtes lourdes et touffues y sont passées. Des voleurs pure laine tondus comme des moutons. Des prédateurs devenus gibier, dont les rêves, comme les crimes, étaient presque parfaits.

À la prison d’El Harrach, Ahmed Ouyahia, l’être détestable et détesté était attendu par tous. D’abord à l’extérieur, où des gens l’ont accueilli par des jets de pots de yaourt et des youyous. Ensuite, à l’intérieur de la prison, où, des prisonniers l’ont accueilli par des cris de haine et de mépris. Car en matière d’aversion populaire, et à l’unanimité, c’est celui qui remporte la palme. 

À quoi ressemble un Ouyahia sans les cheveux et sans son sourire méprisant ? Abdelmalek Sellal en Kojak sans son nez de clown cruel ? Haddad le zéro avec la boule à zéro ? Amara Benyounes en crâne d’œuf, sans son burnous de bachagha ? À quoi ressemble toute cette faune de carnassiers, une fois sortie de son habitat naturel, fait de trafic en tous genres, contrats juteux et crimes organisés ? Que valent les voleurs en cravates au milieu des voleurs de droit commun ? Que valent les acteurs du système «cléptocratique», dans un système carcéral ? Comment se comportent les chacals au milieu des loups ? 

Les gens qui sont sortis hier, pour le 17e vendredi de suite, ont exprimé, malgré tout, une joie retenue, non par ménagement à des êtres qui ne méritent aucune compassion, mais parce qu’ils attendent que le souhait de tous les voir partir (voire écroués) soit entièrement satisfait. 

Une fois, la nouvelle euphorisante de l’emprisonnement de certains membres de la bande soit retombée, la réalité d’une dictature militaire en marche, paraît de plus en plus évidente. Alger ressemblait hier à une zone interdite. Ses accès bloqués. Ses rues quadrillées. Des régiments de police et de gendarmerie déployés. La volonté d’étouffer est plus que flagrante.

Et dire que quelques hallucinés croient à une action salvatrice d'Ahmed Gaïd Salah, qui « n’aurait pas manqué son rendez-vous avec l’histoire», en se rangeant du côté du peuple et en mettant en prison les Ouyahia & Co. Abdou Semmar, puisque c’est de lui qu’il s’agit, nous a « gratifié » d’un édito que n’oserait ni la revue militaire d’El Djeich, ni Ennahar. Il est allé loin, trop loin, pour ne pas lui dire qu’il se goure. Que ce qu’il fait s’appelle bonnement du cirage de pompe en affirmant, dans son plaidoyer « à plat-ventriste», que « l’homme âgé de 80 ans (Gaïd Salah) a démontré aux Algériens et à tous les observateurs internationaux (…), qu’il a tenu ses promesses !». C’est ce que nous explique l’ancien détenu d’El Harrach, auquel on a apporté notre soutien dans les moments les plus sombres de son existence. 

Alors qu’en vérité, Ouyahia et tous les « Wlad Lahram » qu’on nous a servis depuis 20 ans, ont été génétiquement conçus pour avoir cette misérable fin et s’autodétruire. Une fin de fusible (et de nuisible) pensée pour épargner les gros circuits lors d’une forte surcharge du système. Les nouveaux pensionnaires d’El Harrach, qui croyaient eux même faire partie du « Pouvoir », se rendent compte, que leurs fin, n’est au mieux, que celle de soldats chairs à canon, au pire celle des moutons de l’Aïd.

Auteur
Hebib Khalil