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COMMENTAIRE

Youcef Aouchiche (FFS) : "Le MAK est l'ennemi de la nation !"

Emboîtant le pas aux discours officiels, le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), Youcef Aouchiche, a qualifié samedi de "suite logique" la décision de l'Etat algérien de rompre ses relations diplomatiques avec le Maroc, un pays voisin qui affiche "gravement son hostilité" à l'égard de l'Algérie et de ses "constantes nationales".

Après avoir échoué à participer aux législatives après une bronca des militants de base, la direction a donc pris la décision de prendre part aux municipales. 

Le très ambitieux Youcef Aouchiche a, dans son intervention, abondé joyeusement dans le sens du discours officiel servi depuis quelques mois contre le Maroc. "Nous considérons que cette action est une suite logique compte tenu de l'hostilité affichée gravement par le royaume marocain à l'égard de l'Algérie et à l'égard des constantes nationales", a déclaré M. Aouchiche, lors d'une conférence de presse tenue au siège national de son parti. Une déclaration qui ne manquera pas de faire retourner dans sa tombe Hocine Aït Ahmed.

Courageusement, Youcef Aouchiche a ajouté que le fait de "permettre au sionisme international d'avoir un pied dans la région maghrébine est une trahison, une haute trahison aux principes qui ont fondé les peuples de nos pays, aux principes qui ont guidé les mouvements révolutionnaires et libérateurs dans les pays nord-africains".

Mais Youcef Aouchiche fera mieux en désignant le nouvel "ennemi intérieur" inventé de toutes pièces pour faire diversion.

Interrogé sur la position du FFS vis-à-vis du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), Youcef Aouchiche a déclaré que son parti avait "déjà tiré la sonnette d'alarme" sur cette entité sans la citer nommément, et qu'il était sur le terrain pour "convaincre les Algériens, notamment en Kabylie, que ce projet (autodétermination, Ndlr), visait la division du pays".

Il affirmé, à la même occasion, que l'un des principes fondateurs du FFS était "l'unité nationale". Déterminé et avec morgue, le premier secrétaire du FFS ajoute le doigt vindicatif : "Quiconque voudrait porter atteinte à l'unité nationale et la stabilité sociétale nous lui ferons face".

"Nous réitérons que ces personnes (le MAK, NDLR) sont les ennemis de la nation, du peuple et des ennemis du FFS. Il est de notre devoir de leur barrer la route", a-t-il insisté.

Aucune déclaration sur la répression qui s'abat sur les militants, ni sur les centaines de détenus d'opinion. Encore moins sur la censure et la crise économique qui paralyse le pays. Le premier secrétaire du FFS a servi un discours qui ne manquera pas de plaire aux officiels. Grand bien lui fasse.

Auteur
Sofiane Ayache